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La place Taksim prise d’assaut

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La place Taksim, le 11 juin.

La place Taksim, le 11 juin.

Photo : AFP / BULENT KILIC

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La police semble prendre le dessus à la place Taksim après de violents affrontements avec les manifestants. La place Taksim, à Istanbul, est le lieu de départ du mouvement de protestation antigouvernementale qui a cours en Turquie depuis 12 jours.

Les policiers antiémeutes étaient entrés dans la place, tôt mardi matin, et avaient détruit les barricades installées par les manifestants sur les rues menant à cette place centrale d'Istanbul, à l'aide de véhicules blindés munis de canons à eau. Ils avaient ensuite réussi à déloger plusieurs manifestants, mais ceux-ci sont revenus sur place pendant l'heure du dîner des agents. Mais dans la soirée, la police a délogé les manifestants.

Cependant, les policiers n'ont pas investi le parc Gezi, adjacent à place Taksim, où se sont réfugiés des manifestants. Le parc s'est d'ailleurs transformé en un hôpital de campagne pour soigner les blessés.

Toujours à Istanbul, la police a interpellé et interrogé pendant quelques heures 73 avocats qui protestaient contre l'intervention des forces à la place Taksim, a annoncé leur association.

En grève depuis le début de la protestation, ces avocats se sont réunis dans l'enceinte du palais de justice d'Istanbul pour dénoncer la police aux cris de « Taksim est partout », « La résistance est partout », selon une avocate qui a requis l'anonymat.

Par ailleurs, la police antiémeute turque a tiré des salves de gaz lacrymogène et aspergé à coups de canons à eau les milliers de manifestants rassemblés à Ankara pour demander la démission du gouvernement turc.

L'intervention des forces de l'ordre s'est produite sur une artère du centre-ville contre une foule de 5000 personnes qui scandaient « Gouvernement démission ! ».

L'image et l'économie de la Turquie sont attaquées, dit Erdogan

De son côté, le premier ministre Recep Tayyip Erdogan se montre toujours inflexible.

Ils disent que le premier ministre est dur. Alors que pensaient-ils qu’il allait se produire? Allions-nous nous agenouiller devant ces gens?

Recep Tayyip Erdogan

Pendant sa réunion avec le groupe parlementaire de son parti, l'AKP, le premier ministre a à nouveau cherché à délégitimer les manifestations, déclarant qu'elles faisaient partie d'un « plan systématique » pour nuire à l'image et à l'économie du pays.

M. Erdogan a également redemandé aux manifestants rassemblés au parc Gezi de se disperser.

Je les invite à quitter le parc et je le leur demande en tant que premier ministre.

Recep Tayyip Erdogan

Le premier ministre a par ailleurs donné un nouveau bilan des morts, faisant état de quatre décès. Trois manifestants et un policier ont perdu la vie pendant les manifestations, a-t-il dit. Son bilan a ensuite été confirmé par l'Association turque des médecins.

En plus de ces décès, les troubles qui secouent la Turquie depuis 12 jours ont fait un total de 4947 blessés, précise d'autre part l'association des médecins.

Rencontre au programme

Cette intervention des policiers survient au lendemain de l'annonce d'une réunion, prévue mercredi, entre le très critiqué premier ministre Recep Tayyip Erdogan et des représentants des manifestants qui réclament sa démission.

En annonçant cette rencontre, le vice-premier ministre Bülent Arinç a également déclaré que le gouvernement ne tolérerait plus les rassemblements illégaux et que les campements de fortune pourraient être démantelés.

Les policiers avaient commencé, tard lundi soir, à disperser les militants qui manifestaient dans les rues de la capitale Ankara.

Dimanche, le premier ministre Erdogan avait été particulièrement dur à l'endroit des manifestants, qu'il a qualifiés « d'extrémistes » et de « pillards ». Il avait également appelé ses partisans à faire sentir leur présence aux manifestants qui réclament sa démission.

Dans la soirée lundi, le président Abdullah Gül a d'ailleurs promulgué une loi qui limite la vente et la consommation d'alcool, un pied de nez aux manifestants qui dénoncent ce qu'ils estiment être un virage de plus en plus conservateur dans les politiques gouvernementales.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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