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Turquie : Erdogan recevra des représentants des manifestants

Des manifestants campent dans le parc Kugulu, à Ankara.

Photo : AFP / ADEM ALTAN

Radio-Canada

Après 11 jours de tension en Turquie, le premier ministre Recep Tayyip Erdogan a décidé de rencontrer mercredi des représentants des manifestants qui occupent les rues de plusieurs villes du pays.

« Notre premier ministre a donné rendez-vous à certains des groupes qui organisent ces manifestations. Je crois qu'il en rencontrera certains mercredi. Et d'autres à un autre moment », a déclaré le vice-premier ministre Bülent Arinç, sans préciser quels groupes seraient reçus par le chef du gouvernement.

« Ils seront informés des faits et notre premier ministre écoutera ce qu'ils ont à dire », a poursuivi M. Arinç.

Le vice-premier ministre a toutefois précisé que « les manifestations illégales ne seraient plus tolérées en Turquie », sans donner de plus de détails. « Nous vivons dans un État de droit. Tout le monde doit être responsable de ses actes dans un État de droit », a-t-il déclaré.

Au cours des jours précédents, alors que le premier ministre était en voyage au Maghreb, le vice-premier ministre avait reçu des manifestants et avait présenté ses excuses à la suite de la répression brutale de la police.

Suspension du projet qui a mis le feu aux poudres

Le projet d'aménagement urbain de la place Taksim à l'origine des manifestations a été suspendu par un tribunal d'Istanbul le 31 mai dernier après le dépôt de plusieurs requêtes.

Le vice-premier ministre a assuré que son gouvernement se conformera à la décision de la justice.

« Il existe une décision de justice suspendant les travaux [de réaménagement] et quatre autres requêtes qui n'ont pas encore été examinées. Pour l'instant, nous nous conformons à la décision de la justice. Si le tribunal décide au bout du compte que [ce projet] n'est pas bon, il serait alors possible de revoir le projet », a dit M. Arinç.

Manifestation contre le gouvernement turc à Ankara, le 5 juin

Manifestation contre le gouvernement turc à Ankara, le 5 juin

Photo : AFP / ADEM ALTAN

Un calme relatif

Lundi matin, la situation était relativement calme sur la place Taksim, en plein coeur d'Istanbul, où des dizaines de milliers de contestataires manifestent depuis bientôt deux semaines pour réclamer la démission du premier ministre conservateur.

Tout au long du week-end, des dizaines de milliers de personnes se sont massées notamment dans les rues d'Istanbul, d'Adana et de la capitale, Ankara, où des heurts entre manifestants et policiers ont eu lieu sur la place Kizilay, au centre-ville.

Les policiers ont eu recours à des gaz lacrymogènes et à des canons à eau pour disperser une foule de plusieurs milliers de manifestants.

Erdogan s'impatiente

Après une dizaine de jours de contestation, le gouvernement islamo-conservateur commence à montrer des signes d'impatience.

Dimanche, dans une série de discours prononcés devant ses partisans, le premier ministre Erdogan a sommé les manifestants de mettre un terme à ce mouvement de contestation. Il a aussi répété qu'il ne démissionnera pas de ses fonctions.

Son parti, l'AKP, a exclu du même souffle toute possibilité d'élections anticipées.

Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan

Le premier ministre Recep Tayyip Erdogan vendredi à Istanbul

Photo : AFP / STRINGER

Devant ses partisans dimanche, le chef du gouvernement turc a qualifié ses adversaires de « terroristes », de « lâches » et de « vandales ». Il a également prévenu que la patience dont a fait preuve son gouvernement jusqu'ici avait des limites.

« Ce sont ce type de discours et la brutalité de la police qui ont mené la contestation aussi loin. Il doit faire marche arrière [...] il doit reconnaître les exigences de la population », a déclaré lundi à l'Agence France-Presse Akif Burak Atlar, secrétaire du collectif Taksim Solidarité.

« Honnêtement, je ne sais pas où tout ça va, personne ne contrôle plus rien », a poursuivi M. Atlar, pessimiste.

Ce mouvement de contestation qui secoue la Turquie a pris naissance le 31 mai dernier lorsque les forces de l'ordre turques ont délogé de force des centaines de personnes qui campaient dans le parc Gezi, à Istanbul.

Les manifestants tentaient d'y bloquer un projet d'aménagement prévoyant l'abattage de 600 arbres et la construction d'un centre commercial doté d'une mosquée dans ce parc adjacent à la place Taksim.

De violents affrontements entre la police et les manifestants s'en étaient suivis, tandis que le mouvement de contestation gagnait les villes les plus importantes du pays, dont Ankara et Izmir.

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