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Ottawa rendra plus difficile l'approbation de centres d'injection supervisée

Un homme tient un nécessaire à injection supervisée de drogue.
Un homme tient un nécessaire à injection supervisée de drogue.

La ministre de la Santé du Canada, Leona Aglukkaq, a déposé jeudi matin un projet de loi qui édicterait des règles strictes pour ouvrir un centre d'injection supervisée de drogue.

La ministre a actuellement le pouvoir de soustraire un établissement à l'application de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances, afin que des toxicomanes puissent s'injecter de la drogue dans un tel établissement légalement. Un jugement de la Cour suprême du Canada, en 2011, avait toutefois édicté ce que devait considérer la ministre avant de refuser une exemption.

Selon le projet de loi sur le respect des collectivités, pour ouvrir un centre, il faudrait dorénavant consulter les ministres provinciaux, les gouvernements locaux, les forces de police locales, les autorités de santé locales, ainsi que des médecins, des infirmières et un vaste éventail de groupes communautaires.

La ministre fédérale de la Santé, Leona AglukkaqLa ministre fédérale de la Santé, Leona Aglukkaq Photo : PC / Adrian Wyld

Notre gouvernement est d'avis que la création d'un endroit permettant la consommation de drogues obtenues de sources illicites pourrait causer beaucoup de tort au sein de la collectivité.

Leona Aglukkaq, ministre de la Santé

« Nous croyons donc qu'il faut modifier le processus de demande d'exemption de façon à instaurer officiellement des occasions, pour les gens des environs, de se faire entendre et de faire état de leurs opinions avant qu'une exemption puisse être prise en considération », a-t-elle poursuivi.

Le seul centre est à Vancouver

À l'époque du jugement de la Cour suprême, le tribunal avait ordonné au gouvernement de cesser d'interférer avec les activités de la clinique InSite de Vancouver et avait permis à celle-ci de demeurer ouverte. Cependant, avec les nouvelles exigences, il sera plus difficile à la clinique de demeurer en activité.

Le centre d'injection supervisée Insite, à VancouverLe centre d'injection supervisée Insite, à Vancouver

Depuis le jugement de 2011, des groupes communautaires ont exprimé leur intérêt pour ouvrir des sites semblables à celui de Vancouver à TorontoMontréalOttawa et Edmonton. Cependant, aucune soumission n'a encore été faite.

Le professeur de médecine Evan Wood, qui a étudié les impacts de la clinique InSite à Vancouver, estime que les nouvelles recherches qu'exigent de faire le gouvernement pour ouvrir chaque centre constituent un fardeau. L'injection supervisée en clinique est « probablement le programme de santé publique le plus étudié dans l'histoire canadienne », selon lui.

Plus difficile pour d'autres centres

M. Wood souligne que ses recherches ont montré que les nouveaux cas d'infection au VIH dans le quartier Downtown Eastside de Vancouver ont chuté de plus de 90 %, et les cas d'overdose létale, de 70 %.

Il deviendra plus ardu d'établir des centres dans les endroits où les résidents ne sont pas convaincus des bienfaits de ces établissements, prédit le professeur à l'Université de la Colombie-Britannique.

Ses propos rejoignent ceux de Louis Letellier de St-Just, président de l'organisme CACTUS Montréal. D'après celui-ci, le fédéral établit un barrage pour empêcher l'ouverture d'autres centres.

Santé