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Turban interdit au soccer : concert de protestations des politiciens

Aneel Samra a déjà été banni de son équipe la saison dernière. Cette année encore, il ne pourra pas jouer dans une ligue fédérée à cause de son turban.

Aneel Samra a déjà été banni de son équipe la saison dernière. Cette année encore, il ne pourra pas jouer dans une ligue fédérée à cause de son turban.

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La décision de la Fédération de soccer du Québec (FSQ) d'exclure des terrains de soccer les enfants sikhs portant le turban a été vivement critiquée à la Chambre des communes, mardi.

À l'Assemblée nationale, le chef de l'opposition officielle, le libéral Jean-Marc Fournier, a lui aussi remis en question la pertinence de cette interdiction.

« La règle, autant pour la FIFA qu'ici au Canada, est de laisser jouer avec le hijab, en vérifiant pendant le jeu les mesures de sécurité, pour s'assurer qu'il n'y a pas de danger. Honnêtement, je me dis qu'on aurait pu suivre le même raisonnement pour le turban », a-t-il souligné.

À Ottawa, le chef du Parti libéral fédéral, Justin Trudeau, a également mis en doute la décision de la Fédération. « Un turban ne devrait empêcher personne de jouer au soccer ou de participer pleinement à une activité. La FSQ devrait revoir sa décision », a-t-il affirmé sur son compte Twitter.

De leur côté, plusieurs ministres du gouvernement conservateur ont dénoncé la position controversée de la Fédération et exigé qu'elle soit révisée, afin de permettre aux enfants portant le turban de jouer eux aussi au soccer dans les clubs amateurs de la province.

La fédération québécoise, la seule au Canada à appliquer de façon rigide le règlement de la Fédération internationale de football association (FIFA), a toutefois maintenu sa décision, mardi, et a rejeté les étiquettes de racisme et d'intolérance qui ont été accolées à cet interdit. Quelque 200 petits joueurs sikhs du Québec devront rester sur les bancs en raison du règlement de l'organisation.

L'Association canadienne de soccer avait envoyé une directive à l'ensemble des fédérations provinciales pour permettre le port de turbans, patkas et keskis. Seul le Québec a refusé de s'y plier, invoquant la loi 4 des règlements de la FIFA.

Le gouvernement Harper a exprimé son désaccord sur de nombreuses tribunes, mardi, notamment sur Twitter et à la Chambre des communes.

Le ministre de la Sécurité publique, Vic Toews, a écrit sur son compte Twitter que le fait d'interdire à des « enfants de 5 ans de jouer au soccer pour des raisons de sécurité bidon » était inacceptable, et ce, dans toutes les provinces canadiennes.

Le ministre d'État aux sports, Bal Gosal, a quant à lui dénoncé la décision aux Communes, soutenant que le sport amateur devrait permettre l'inclusion, et non l'exclusion, des enfants dans la société.

« Nous ne croyons pas qu'il y ait de bonnes raisons d'interdire à des enfants de jouer au soccer à cause de leur religion », a-t-il déclaré.

La réaction du Parti conservateur aura été nettement plus vigoureuse qu'en 2007, alors que de jeunes musulmanes portant le hijab avaient été expulsées d'un cours de taekwondo au Québec. Le ministre de l'Immigration, Jason Kenney, s'était alors précipité vers les escaliers pour éviter de répondre aux questions des journalistes à ce sujet.

Cette fois-ci, il a joint sa voix au concert de protestations sur Twitter. « Un sport tel le soccer devrait encourager les enfants à participer, et non à les exclure à cause de leurs traditions religieuses », a-t-il écrit.

La tradition chez les sikhs veut que les hommes couvrent leurs cheveux avec un turban.

Avec les informations de La Presse canadienne

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