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Une première cohorte de diplômés à l'Institution Kiuna

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Une salle de classe de l'Institution Kiuna

Une salle de classe de l'Institution Kiuna

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une poignée d'étudiants du seul établissement collégial autochtone au Québec, établi à Odanak au Centre-du-Québec, ont mis la main sur leur diplôme d'études collégiales.

Au Québec, un jeune Autochtone sur deux ne complète pas son secondaire 5. C'est pour renverser les statistiques qu'a été créée l'Institution Kiuna en août 2011. Les cours qui y sont offerts sont basés sur les auteurs et les penseurs autochtones, du Canada comme d'ailleurs. L'établissement peut accueillir 125 étudiants, tant anglophones que francophones.

On ne parle pas de nous dans les collèges. Ici on parle beaucoup de nous. On apprend aussi à se connaître. On se rend compte qu'on fait de grandes choses nous aussi. On a de grands auteurs, on a de grands philosophes. On a des structures politiques actuelles et passées.

Prudence Hannis, directrice associée, Institution Kiuna

Avant de s'inscrire à l'établissement d'Odanak, Keith Flamand est passé sur les bancs du cégep de Trois-Rivières. « C'était l'intégration dans une ville, avec du monde dont la culture est différente », se souvient-il. Son premier passage au collégial a été un échec.

Keith Flamand a maintenant terminé ses études collégiales à l'Institution Kiuna. Il compte s'inscrire en droit à l'université. « J'étais content qu'il y ait enfin un collège pour les Autochtones et fait par des Autochtones », explique-t-il. 

L'expérience du collège Manitou

Une expérience similaire avait été menée en 1974. À La Macaza, au nord de Montréal, le collège Manitou accueillait des Autochtones de tout le Québec. Le jeune Ghislain Picard, aujourd'hui chef des Premières nations du Québec et du Labrador, y a découvert sa culture. « Ça a réveillé des intérêts, se souvient-il. J'ai travaillé beaucoup dans le domaine des arts, des communications et éventuellement en politique. C'était un incontournable. »

L'expérience de Manitou n'a duré que trois ans. Le collège a fermé ses portes faute de subventions fédérales.

Réveiller la fierté

À l'Institution Kiuna, tout est organisé pour faciliter l'intégration. Un site sacré a été aménagé sur le terrain de l'établissement.

Comme ils viennent de loin, la plupart des étudiants vivent en résidence. C'est le cas d'Annick Ottawa, qui a fait un retour à l'école il y a deux ans. Elle aussi a connu l'échec auparavant. Mère d'un petit garçon, elle a réussi à combiner vie de famille et études.

Quand je suis arrivé ici, j'avais un peu honte de ce que j'étais, d'être une autochtone, admet-elle. Mais j'ai tellement compris de choses en arrivant ici! Ça a éveillé la colère en moi, mais ç'a aussi réveillé la fierté.

Annick Ottawa, finissante, Institution Kiuna

Julien Vadeboncoeur enseigne les humanités à l'Instiution Kiuna. Il dit côtoyer des étudiants préoccupés par les questions sociales. « Ce que je vois en eux, explique-t-il, c'est qu'ils ont envie de jouer un rôle dans l'avenir de leur société, dans la prise en charge de leur destin. »

Claudie Ottawa attend des nouvelles des universités où elle s'est inscrite. C'est avec regret et fierté qu'elle quittera le collège et son appartement d'Odanak. « Je suis très fière parce que pour une fois, j'ai terminé ce que j'ai commencé. »

Sa soeur Annick est elle aussi fière de ce qu'elle a accompli. « Je croyais que c'était trop tard, mais il n'est jamais trop tard pour revenir à l'école. J'espère que je sers d'exemple pour les autres. » Une réflexion que partage Keith Flamand. « Les gens de ma communauté devraient savoir que l'éducation, c'est une porte de sortie. »

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