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Pas de turbans dans le soccer québécois : la Fédération défend sa position

Terrain de soccer

Photo : iStockPhoto

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Malgré la controverse, la Fédération de soccer du Québec (FSQ) ne démord pas de sa position : les jeunes sikhs qui portent un turban ne joueront pas cet été dans une ligue fédérée de soccer.

La FSQ se défend bien de prendre une décision discriminatoire. Comme l'a martelé la directrice générale Brigitte Frot en conférence téléphonique, la seule raison qui l'incite à maintenir l'interdiction est d'ordre sécuritaire.

« Nous ne voulons pas prendre de chances », a-t-elle répété à plusieurs reprises.

Cependant, aux dires de la directrice générale, la Fédération n'a jamais eu vent d'un incident impliquant le turban, surtout qu'il est depuis toujours interdit dans les ligues fédérées québécoises. Dans les autres provinces canadiennes, où il est permis, le vice-président de l'Organisation mondiale des sikhs du Canada (OMSC), Mukhbir Singh, soutient qu'il n'a jamais causé d'incidents de ce genre. 

Je n'ai pas fait d'étude là-dessus, et comme on n'est pas équipés pour faire de telles études, on ne fait que suivre les directives de la FIFA.

Une citation de :Brigitte Frot, directrice générale de la FSQ

La décision de la FSQ s'appuie sur les règlements de la Fédération internationale de football (FIFA), qui, selon Mme Frot, est la « seule autorité en la matière ».

« Cette décision a été prise en conformité avec la Loi 4 des règlements FIFA appliquée partout dans le monde, et en tenant compte du fait qu'aucune analyse n'a été effectuée, ces équipements ne peuvent être jugés sécuritaires pour les joueurs », pouvait-on lire dans le communiqué publié dimanche.

Les sikhs réagissent

Selon des chiffres avancés par la communauté sikhe, l'interdiction de porter le turban sur les terrains de soccer empêchera entre 100 et 200 jeunes de pratiquer leur sport, un nombre que Mme Frot refuse de corroborer.

Des membres de la communauté sikhe n'hésitent pas à crier à la discrimination. « On va continuer de travailler avec l'Association de soccer du Canada et du Québec pour changer ces règlements », a dit le vice-président de l'OMSC.

Malgré les menaces de recours judiciaire, la Fédération québécoise entend maintenir sa décision, prise à la quasi-unanimité par les membres du conseil d'administration. Elle invite plutôt les intervenants de la communauté sikhe à frapper à la porte de la FIFA, comme l'ont fait avant eux ceux qui militaient pour le port du hijab.

C'est la FIFA qui a le pouvoir et la capacité de changer les règlements. C'est la seule façon de pouvoir faire en sorte que les choses changent. Nous, on applique les règlements, c'est la nuance.

Une citation de :Brigitte Frot, directrice générale de la Fédération de soccer du Québec

La controverse entourant le turban n'est pas sans rappeler celle que l'interdiction de porter le hidjab avait suscitée en avril 2008.

Le hijab et la FIFA

En 2012, après quatre ans de lutte des communautés musulmanes, la FIFA a permis aux jeunes musulmanes de manier le ballon en portant le hijab. La levée de l'interdiction est en période d'essai jusqu'en 2014 et les joueuses qui portent le hijab doivent respecter certaines conditions relatives à sa couleur, sa forme et le type de matériel.

Comme le rappelle Mme Frot, la FSQ avait levé l'interdiction de porter le hijab dès que la FIFA avait envoyé la consigne, en 2011.

Le turban pourrait lui aussi suivre la même voie que le hijab, mais la FIFA devra auparavant mener des études sur la sécurité des joueurs qui le portent.

Aneel Samra a déjà été banni de son équipe la saison dernière. Cette année encore, il ne pourra pas jouer dans une ligue fédérée à cause de son turban.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Aneel Samra a déjà été banni de son équipe la saison dernière. Cette année encore, il ne pourra pas jouer dans une ligue fédérée à cause de son turban.

La FSQ avoue avoir les mains liées à cause de sa situation financière, qui ne l'autorise pas à mener ses propres études.

« Même si nous l'acceptions ici, les jeunes qui portent le turban ne pourraient pas aller jouer à l'extérieur du Québec », explique Mme Frot, qui ne voit pas la logique d'accepter un règlement qui ne régit pas les parties de soccer ailleurs dans le monde.

Sur les risques d'exclusion que les jeunes sikhs craignent de subir, Mme Frot répète que le devoir de la fédération québécoise est d'appliquer les règles de la FIFA.

Selon elle, le message qui est envoyé aux sikhs n'est pas qu'ils ne peuvent pas jouer au soccer, mais bien qu'ils ne peuvent pas jouer dans une ligue fédérée.

Le ministre qui pilote le projet de Charte des valeurs québécoises, Bernard Drainville, s'est refusé à tout commentaire.

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