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La police se retire de la place Taksim d'Istanbul, réoccupée par des manifestants

Des manifestants à Istanbul, le 1er juin

Photo : La Presse canadienne / AP/Burhan Ozbilici

Radio-Canada

La police turque s'est retirée samedi en milieu d'après-midi de la place Taksim, au centre d'Istanbul, immédiatement occupée par des milliers de personnes au deuxième jour de violentes manifestations contre le gouvernement.

Depuis vendredi, cette place de la mégapole turque était occupée par les forces de l'ordre qui en ont interdit l'accès aux protestataires et ont systématiquement dispersé tous les rassemblements qui s'y formaient.

Des milliers de manifestants ont célébré la reconquête de la place, en raillant leur cible favorite, le premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

Plus tôt, des affrontements se sont produits entre plusieurs centaines de manifestants qui tentaient d'accéder à la place et les policiers qui ont fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau.

Des milliers de protestataires ont passé la nuit de vendredi à samedi dans la rue à défier la police. Ces affrontements font suite à la violente répression d'un rassemblement dirigé contre un projet d'urbanisation controversé, qui a viré en protestation contre le gouvernement islamo-conservateur.

Manifestants et forces de l'ordre s'affrontent à Istanbul, le 1er juin.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Manifestants et forces de l'ordre s'affrontent à Istanbul, le 1er juin.

Photo : AFP / OZAN KOSE

De source médicale, on précise que près d'un millier de personnes ont été blessées lors des affrontements survenus vendredi, les manifestations antigouvernementales les plus violentes depuis plusieurs années.

Au moins six personnes ont perdu un oeil après avoir été touchées par des grenades lacrymogènes, indique l'association des médecins turcs.

De son côté, le premier ministre Erdogan a sommé samedi les manifestants de cesser immédiatement leur mouvement. Le chef du gouvernement a également affirmé qu'il ne retirerait pas le projet d'aménagement urbain à l'origine des manifestations.

Dans un parc jouxtant la place Taksim, les autorités veulent reconstruire les anciennes casernes de l'armée ottomane, détruites en 1940, mais aussi un centre commercial, ce qui conduirait au déracinement de 600 arbres.

Les opposants à ce projet, écologistes et membres de la société civile, campent dans ce parc depuis mardi. Ces activistes ont réussi à drainer des syndicalistes, des artistes et des députés de l'opposition pour un rassemblement de milliers de personnes, vendredi - une manifestation que les forces de l'ordre n'ont pas hésité à réprimer fortement. Des manifestations ont aussi été signalées dans la capitale Ankara et dans la ville côtière d'Izmir vendredi soir.

Amnistie internationale a vivement critiqué « le recours excessif à la force contre des manifestants pacifistes », pendant que Reporters sans frontières dénonçait les « attaques ciblées » des policiers contre des journalistes.

Un printemps turc?

Au lieu de mettre fin au rassemblement, l'action de la police semble avoir suscité une contestation politique.

Issu de la mouvance islamiste, M. Erdogan est régulièrement accusé par les milieux pro-laïcité de dérives autoritaires et de vouloir « islamiser » la société turque.

« Les arbres, c'est juste la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Les gens en ont ras le bol de tout ce que ce gouvernement leur fait », raconte Özkan, s'indignant du vote la semaine dernière d'une loi restreignant la consommation et la vente d'alcool.

« Ils veulent transformer ce pays en un État islamiste, ils veulent nous imposer leur vision en prétendant respecter le cadre démocratique », s'insurge une autre manifestante, une femme d'une trentaine d'années qui refuse de donner son nom, mais dit travailler dans le cinéma.

« J'ai 62 ans, et jamais je n'ai connu un tel espoir », affirme Mücella Yapici, architecte. « J'ai de l'espoir pour la démocratie et pour la fraternité dans notre pays ».

À ses côtés, un jeune militant, tout en muscles et en tatouages, parlant sous le couvert de l'anonymat, se prend à rêver: « Il y a eu un printemps arabe, moi j'espère que c'est le début du printemps turc ».

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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