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Laval sous tutelle

Le reportage d'Émilie Dubreuil
Radio-Canada

Le maire de Laval, Alexandre Duplessis, a déclaré vendredi après-midi qu'il avait demandé la mise en tutelle de la Ville, et qu'il reconsidérait sa candidature au poste de maire en vue des élections municipales de novembre prochain.

Cette annonce survient dans la foulée des allégations, jeudi devant la commission Charbonneau, de l'ancien agent officiel du parti PRO des Lavallois, Me Jean Bertrand.

M. Duplessis a indiqué avoir pris cette décision avec le conseil municipal, et à la suite des discussions tenues un peu plus tôt vendredi avec le ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault.

Nous avons convenu qu'il était dans l'intérêt des Lavallois de convenir d'une solution transitoire qui nous permettrait d'assurer les services à la population tout en assurant la gestion par le conseil municipal des affaires courantes de la Ville de Laval.

Alexandre Duplessis

Le maire par intérim a également déclaré, devant l'hôtel de ville, qu'il poursuivra son mandat comme maire de Laval jusqu'au 3 novembre. Il a cependant ajouté qu'il demeurait réaliste. Le contexte actuel, dit-il, l'amène à reconsidérer sa candidature au poste de maire en novembre.

Qu'est-ce que la tutelle?

« D'autres municipalités au Québec sont sous tutelle, de petites municipalités de quelques centaines d'habitants. La procédure, c'est comme un chaperon, quelqu'un qui est toujours au-dessus de l'épaule du conseil exécutif et du maire. Le conseil exécutif continue de fonctionner, mais rien ne peut être fait, aucune décision ne peut être prise sans avoir l'approbation finale de la Commission municipale du Québec, qui a tous les pouvoirs pour la gérance quotidienne de la Ville, avec le conseil municipal », a expliqué le ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, sur les ondes de RDI.

La tutelle peut se poursuivre après l'élection de novembre. Il appartient à la Commission municipale de déterminer quand elle doit prend fin, a précisé le ministre Gaudreault.

Le maire Duplessis se défend d'avoir été prête-nom

M. Duplessis a toutefois réfuté les allégations de financement illégal faites devant la commission Charbonneau, mais sans donner de détails puisqu'il a refusé de répondre aux questions des journalistes.

Je tiens à réfuter les allégations formulées à mon endroit lors des dernières séances de la commission Charbonneau au sujet des prête-noms.

Alexandre Duplessis

Le Cabinet de relations publiques National, qui gère la crise à l'Hôtel de Ville de Laval, avait annoncé un peu plus tôt que M. Duplessis ne parlerait pas de la question du financement illégal tant que le dossier de Laval serait devant la commisson Charbonneau, ce qui peut durer plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

Le maire Duplessis s'était fait discret jusqu'ici. Il n'avait pas commenté les allégations à son sujet, ni réagi aux pressions de ses adversaires politiques.

Selon les partis d'opposition, cette situation était intenable.

L'ex-représentant officiel du PRO des Lavallois, Me Jean Bertrand, déclarait jeudi que presque tous les conseillers municipaux élus sous la bannière du PRO des Lavallois depuis 1997, dont l'actuel maire Alexandre Duplessis et l'ensemble du comité exécutif, se sont fait rembourser des centaines de milliers de dollars en contributions politiques grâce à de l'argent comptant fourni par des firmes d'ingénieurs au notaire Jean Gauthier.

Une conseillère corrobore les déclarations de Me Bertrand

Une conseillère de Laval a par ailleurs confirmé avoir participé au financement illégal du parti de l'ex-maire Vaillancourt.

Claire LebelClaire Lebel

Il s'agit de Claire Lebel, première conseillère municipale membre du PRO à avoir claqué la porte de l'ancien parti de Gilles Vaillancourt. Elle corrobore le témoignage de l'ancien agent du parti PRO Laval, Me Jean Bertrand. Elle dit qu'elle a effectivement reçu une enveloppe d'argent comptant, mais qu'elle ne savait pas que c'était illégal.

« Me Bertrand a dit ça me prend le 1000 $, j'ai dit je ne l'ai pas. Alors il est venu à mon bureau, il m'a donné - pour m'aider, qu'il m'a dit - il ne m'a jamais dit que c'était illégal. Il ne m'a jamais dit d'où ca venait non plus, et honnêtement je n'ai jamais pensé à le demander. Je pensais qu'il m'aidait pour vrai ».

Selon elle, le maire devrait s'exprimer, car sinon, cela entraîne une situation de doute.

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