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L'agent officiel du PRO des Lavallois prend ses distances vis-à-vis de Vaillancourt 

Me Jean Bertrand et Gilles Vaillancourt

Me Jean Bertrand et Gilles Vaillancourt

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

EN DIRECT - L'ex-agent officiel du parti de Gilles Vaillancourt, Me Jean Bertrand, dément avoir été proche de l'ex-maire ou encore lui avoir jamais demandé ou donné de l'argent comptant. Il a cependant admis que les contributions politiques des élus du PRO des Lavallois et de leurs proches étaient en fait payées par des firmes de génie.

Un texte de Bernard Leduc  (Nouvelle fenêtre)et Francois Messier (Nouvelle fenêtre)


Lire aussi : Des élus ont servi de prête-noms pour des firmes de génie à Laval

Voir le reportage d'Enquête : PRO du financement


Me Bertrand soutient que, malgré ses fonctions qui impliquaient le contrôle de la caisse du parti depuis 1984, il n'a « jamais parlé d'argent avec M. Vaillancourt ».

« J’ai jamais demandé d’argent comptant à M. Vaillancourt, J’ai jamais donné d’argent comptant à M. Vaillancourt. »

— Une citation de  Me Bertrand

L'ex-agent officiel du PRO des Lavallois dit s'être tout au plus, dans les premières années ayant suivi l'arrivée au pouvoir de M. Vaillancourt en 1989, rendu à son bureau pour lui présenter les états financiers du parti. Dans les années subséquentes, il les lui fera simplement parvenir.

L'ex-maire, soutient-il, ne s'occupait d'ailleurs pas du financement du parti: il ne demandait pas, par exemple, combien de billets avaient été vendus lors de telle ou telle activité. S'il se voyaient alors à son bureau, c'était tout au plus une fois tous les deux ans. Il dit avoir été plus souvent en contact, de fait, avec les conseillers municipaux, puisque ces derniers, selon la loi, devaient passer par lui pour effectuer des dépenses politiques.

« Je n'ai jamais été au service du maire. C'est pour ça que les gens qui disaient que j'étais proche du maire, c'était absolument faux! »

— Une citation de  Me Bertrand

« J'étais un avocat qui faisait un travail de comptable », a expliqué Me Bertrand, « je gérais les fonds ».

Me Bertrand est au nombre des 37 personnes arrêtées par l'UPAC le 9 mai dernier. Il est accusé de complot pour corruption, de fraude envers le gouvernement, d'abus de confiance, d'acte de corruption dans les affaires municipales, de recyclage des produits de la criminalité et de possession de biens criminellement obtenus.

Me Bertrand dément avoir été un intime du maire

Me Bertrand se défend d'avoir été proche de M. Vaillancourt, comme l'auraient rapporté certains médias. « C'était pas un ami. J'ai dîné trois fois en tête-à-tête avec M. Vaillancourt en 28 ans », a-t-il soutenu, en soulignant qu'il le vouvoyait.

Me Bertrand a dit qu'un de ces repas était un souper réunissant des membres de sa famille et de la famille de M.Vaillancourt, à Sainte-Anne-de-Bellevue, vers 2004-2005. Il a ajouté que Bernard Landry s'était joint au groupe ultérieurement. La conjointe de l'ex-premier ministre péquiste, Chantal Renaud, a déjà fait savoir que cette rencontre à l'époque était fortuite.

Selon le témoin, Claude Dumont, que Bernard Trépanier a déjà identifié comme un mentor, avait organisé les trois premières élections de Gilles Vaillancourt, en 1989, 1993 et 1997. Pietro Perrino en a fait de même en 2001. Les deux hommes n'auraient pas été payés pour leur travail. Jean Bertrand et une permanente du parti ont fait ce travail en 2005 et 2009.

Le côté obscur de Me Bertrand

Me Bertrand ne se reconnaît jusqu'ici qu'une faute : avoir accepté la présence limitée de la pratique des prête-noms dans le parti. Il a confié à la commission que les contributions au parti des conseillers municipaux et de leurs proches étaient remboursées par des sommes en argent comptant données par des firmes de génie.

Il dit avoir appris l'existence de ce système lors d'une réunion en 1995 avec le notaire Jean Gauthier. Il a alors accepté de continuer cette pratique pour les élus et leurs proches. Le notaire Gauthier va donc lui remettre, par la suite, les sommes versées par les firmes de génie pour les transférer aux élus dans le but d'acquitter leurs contributions.

Selon Me Bertrand, des contributions politiques d'environ 150 000 $ au PRO des Lavallois ont ainsi été remboursées par de l'argent des firmes lors de l'année électorale 2009, ce qui équivaut à un peu plus de 10 % des 1,1 million de dollars dépensé officiellement par le parti cette année-là.

Entre deux années électorales, ces contributions atteignaient plutôt de 40 000 $ à 60 000 $, soutient Me Bertrand, qui a été l'agent officiel du PRO de 1984 à 2013.

Les finances officielles décortiquées

Me Bertrand soutient que la première inspection sérieuse des finances du parti par le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) a eu lieu en 2010, et il croit qu'elle découle des pressions médiatiques. Le PRO des Lavallois s'est dissous à la fin de 2012, et Me Bertrand, qui depuis 1984 était agent du parti et gérait sa caisse, a quitté ses fonctions au parti en janvier 2013.

Il affirme qu'à la dissolution du parti, il a remis au DGEQ 1,3 million de dollars qui se trouvaient dans ses coffres.

Me Bertrand a expliqué que le parti avait trois sources de financement : le budget de remboursement de recherche et secrétariat des partis politiques, le cocktail de financement annuel et les contributions des conseillers et de leurs proches.

Il a expliqué que le budget de remboursement était partagé entre les partis, selon le nombre d'élus. Aussi, puisqu'à partir de 2001 tous les élus sont du PRO des Lavallois, il raflait alors 100 % de ce budget.

Il a par la suite affirmé que chaque année, au mois de juin, le parti tenait son cocktail de financement, qui pouvait chaque fois rapporter environ 140 000 $. Il dit ne pas avoir eu connaissance de prête-noms lors de ces cocktails.

Me Bertrand ajoute avoir éliminé la possibilité pour le parti d'accepter les dons anonymes en 1998, une décision qu'il dit avoir prise à l'encontre de la volonté du maire Gilles Vaillancourt.

Me Bertrand s'est joint au cabinet Dunton Rainville à Laval en mai 2006 comme avocat-conseil. Il a quitté en mai 2012. Il a aussi été administrateur dans une Caisse Desjardins des années 1990 à 2012. Il démissionne précipitamment en novembre de ce poste dans la foulée des perquisitions de l'UPAC à son domicile et dans les bureaux du PRO desLavallois.

Me Bertand a expliqué avoir fait de l'organisation politique pour le PQ, des années 1970 au début des années 1980, avant de cesser cette activité pour se concentrer sur la politique municipale à Laval. Il reconnaît qu'en faisant de l'organisation politique, il lui était plus facile comme avocat d'aller chercher des mandats à la Ville de Laval, une affirmation qui a fait bondir l'avocat de la Ville.

Il soutient n'avoir jamais été payé pour son travail d'agent officiel du PRO des Lavallois,  sauf en 2009.

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