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La manifestation contre le mariage homosexuel tourne à l'affrontement à Paris

La manifestation contre le mariage homosexuel a tourné à l'affrontement entre des centaines de militants et les policiers dans les rues de Paris.
La manifestation contre le mariage homosexuel a tourné à l'affrontement entre des centaines de militants et les policiers dans les rues de Paris. Photo: Thibault Camus
Radio-Canada

Les opposants au mariage et à l'adoption des conjoints de même sexe, légalisés la semaine dernière en France, ont envahi à nouveau les rues de Paris, dimanche, lors d'une manifestation qui a tourné à l'affrontement entre des centaines de militants et quelque 5000 policiers qui avaient été déployés en prévision des échauffourées.

Plus de 350 personnes ont été arrêtées et 36 personnes, dont 34 policiers, ont été blessées au cours de ces incidents provoqués par « plusieurs centaines d'individus, pour la plupart issus de l'extrême droite et de la mouvance identitaire », a affirmé le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, qui a condamné les heurts qui se sont produits aux abords de l'esplanade des Invalides au moment de la dispersion de la manifestation.

« On ne lâche rien », « Non à la gestation pour autrui », « François Hollande, ta loi on n'en veut pas », pouvait-on notamment lire sur les pancartes des manifestants.

La police a estimé à 150 000 le nombre de personnes composant les quatre cortèges qui ont quadrillé la capitale française, tandis que les organisateurs ont évalué la foule à plus d'un million. En marge de la manifestation, une vingtaine de personnes ont pris position sur la terrasse du siège du Parti socialiste, y déployant une banderole appelant François Hollande à la démission.

Inquiet des menaces de groupes d'extrême droite, le ministre de l'Intérieur avait déconseillé samedi aux familles avec enfants de participer à la marche. Il a confirmé par ailleurs que le gouvernement étudiait la possibilité d'interdire les « groupuscules d'extrême droite » qui s'en prennent aux force de l'ordre ainsi qu'une organisation comme le Printemps français, un des animateurs de l'opposition au mariage homosexuel.

Des membres de l'UMP, menés par Jean-François Copé (au centre), manifestent à ParisDes membres de l'UMP, menés par Jean-François Copé (au centre), manifestent à Paris Photo : AFP / ERIC FEFERBERG

Des élus de l’opposition, dont le patron de l'Union pour un mouvement populaire (UMP) Jean-François Copé, ont participé au défilé. M. Copé a dénoncé les « tentatives inacceptables de pression et d'intimidation » du gouvernement, tout en condamnant « par avance toutes les formes de provocations, tensions et violences » qui pourraient se produire.

Une majorité de Français (53 %) est favorable à la loi dite Taubira, du nom de la ministre de la Justice, et plus de sept Français sur dix pensent que les manifestations doivent s'arrêter, selon un sondage paru dimanche.

Des milliers de manifestants contre le mariage gai réunis le 26 mai à Paris, place des InvalidesDes milliers de manifestants contre le mariage gai réunis le 26 mai à Paris, place des Invalides Photo : AFP / THOMAS SAMSON

Un premier mariage gai célébré cette semaine

La loi a été promulguée le 18 mai par le président François Hollande, après plus de 170 heures de débats au Parlement. La France est le 14e pays au monde à avoir autorisé le mariage de couples homosexuels. Une première union sera célébrée mercredi à Montpellier, dans l'Hérault.

Promis par François Hollande lors de sa campagne présidentielle, le mariage homosexuel a suscité une forte opposition en France, en particulier à droite du spectre politique et dans les milieux catholiques.

Lancé à l'automne dans un esprit familial par le collectif « La Manif pour tous », le mouvement d'opposition a, à plusieurs reprises, été perturbé par des éléments radicaux, venus de groupuscules identitaires et d'extrême droite.

Les dernières manifestations ont été émaillées d'incidents, notamment celle du 24 mars, qui s'était soldée par l'arrestation d'une centaine de protestataires.

Avec les informations de Agence France-Presse, Le Monde, et Reuters

International