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Avis d'ébullition : plus d'un million de Montréalais touchés

Les travaux et les jours, 27 avril 1958

Radio-Canada

Un avis de faire bouillir l'eau préventif est en vigueur dans un vaste secteur du Grand Montréal allant de l'autoroute métropolitaine (A-40) au fleuve Saint-Laurent. Cet avis fait suite à un résultat de non-conformité après une opération de mise à niveau à l'usine Atwater de traitement de l'eau potable.

Arrondissements et les villes concernés

Cet avis de faire bouillir l'eau est émis pour une période d'au moins 24 heures et touche 1,3 million de personnes. Les résidents touchés doivent faire bouillir l'eau au moins une minute avant de la consommer.

L'eau potable non bouillie peut toutefois être utilisée pour laver la vaisselle à l'eau chaude, en vous assurant de bien la sécher, laver les vêtements ou prendre une douche ou un bain, en surveillant les enfants pour ne pas qu'ils avalent d'eau.

La Commission scolaire de Montréal a demandé aux parents de mettre une bouteille d'eau, une gourde d'eau boullie, du jus ou du lait dans le sac de leur enfant, en vue de la journée de jeudi.

Cliquez sur l'image pour connaître les usages pour lesquels l'eau doit être préalablement bouillie pendant au moins une minute :

Pour accéder à la couverture en direct à l'aide d'un appareil mobile, cliquez ici. (Nouvelle fenêtre)

Pour plus de renseignements, les citoyens sont invités à consulter le site Internet ville.montreal.qc.ca/eaudemontreal (Nouvelle fenêtre) ou à communiquer avec le 3-1-1.

L'eau dans un secteur touché par l'avis d'ébullition à Montréal

Ce qui s'est produit

La station Atwater de traitement de l'eau potable, à ne pas confondre avec une usine d'épuration de l'eau, est la plus importante au Québec. Construite en 1918, elle a subi plusieurs rénovations. L'eau est récupérée du fleuve Saint-Laurent. Un premier filtre élimine les grosses particules. Elle est ensuite transférée dans un bassin où on lui ajoute du chlore avant de l'acheminer aux résidences.

La station effectue présentement des travaux qui requièrent de baisser le niveau d'eau des bassins. Or, ce niveau a trop baissé, de telle sorte que les sédiments du fond se sont mêlés à l'eau potable.

Les analyses s'effectuent aux quatre heures pour évaluer la quantité de chlore à ajouter à l'eau et c'est lors d'un de ces contrôles que les autorités auraient pris la décision d'émettre un avis de faire bouillir l'eau.

Les tests pour vérifier le taux de coliformes fécaux et de bactéries, comme E. coli, ont lieu chaque mois. La Ville a fait ces tests mercredi matin, mais tout était réglementaire, ce qui explique pourquoi les autorités parlent de mesure préventive.

>> À CONSULTER : Carte interactive sur l'approvisionnement en eau potable à Montréal

Des risques d'infection minimes, selon un expert

Le professeur de génie à Polytechnique Raymond Desjardins, spécialiste de la distribution de l'eau potable, estime que les risques d'infection sont minimes.

« La Ville de Montréal puise son eau brut au centre du fleuve, à une grande profondeur, un endroit peu affecté parce que la pollution microbienne vient de l'activité humaine et se concentre le long des rives », explique le professeur.

Il ajoute que trois grandes classes de micro-organismes se retrouve dans l'eau du fleuve. Les bactéries, les virus et les protozoaires, moins abondants et plus difficiles à traiter.

Or, selon le professeur Desjardins, les bactéries qui sont sensibles au chlore risquent d'avoir passé à travers le système, en raison de leur abondance. « Je suis persuadé que la Ville a dû augmenter la quantité de chlore dès qu'elle s'est rendue compte qu'il y avait des particules qui passaient. Le risque d'avoir une infection par les bactéries est minime. »

Une usine de traitement de l'eau potable diffère d'une usine d'épuration qui, elle, traite les eaux usées de la ville avant de rejeter une eau « nettoyée » dans le fleuve.

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