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Exclusif

Les recommandations sur l’avenir de l’Institut français font réagir

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des Francophones réagissent tantôt positivement, tantôt avec inquiétude, aux 35 recommandations contenues dans le rapport du groupe de travail sur l'avenir de l'Institut français, remis à la rectrice de l'Université de Regina, en mars dernier.

Radio-Canada a obtenu une copie des recommandations qui doivent être rendues publiques mercredi soir.

Le groupe de travail recommande en premier lieu que l'établissement soit reconnu comme centre universitaire fransaskois.

L'équipe estime que cette dénomination permettrait aux Saskatchewanais d'obtenir une éducation de qualité, en français, à l'Université de Regina.

Le document explique aussi que l'Institut français devrait avoir l'autorité d'embaucher son personnel, de créer et de gérer des cours, d'accorder des crédits et de gérer ses budgets.

Cette démarche reçoit l'appui de Roger Gauthier, directeur du Réseau Santé en français de la Saskatchewan (RSFS), qui estime que l'obtention d'un statut universitaire permettrait à l'institut d'offrir des cours qui répondraient spécifiquement aux besoins de la communauté.

Roger Gauthier ajoute que « nous, au niveau du Réseau [RSFS], on s'intéresse spécialement à la mise sur pied d'un certificat pour les Sciences infirmières bilingue ».

Fusions avec d'autres entités

Le groupe de travail recommande également qu'à terme, l'ensemble de l'enseignement, la recherche et les services offerts en français sur le campus passent par l'entremise de l'institut.

Ainsi, il est proposé que le Département de français de l'Université de Regina soit fusionné avec l'Institut français afin de créer une seule entité.

Cette proposition de fusion est une mauvaise piste, selon l'analyste politique Gratien Allaire.

L'ancien professeur d'histoire de l'Université Laurentienne a commenté le rapport sur l'avenir de l'institut, mercredi matin, sur les ondes de Radio-Canada.

Est-ce que cette fusion va servir à l'Institut ? Je pense que non. Est-ce que cette fusion va servir à la communauté? Je pense que non.

Une citation de :Gratien Allaire, Université Laurentienne

Selon Gratien Allaire, cette approche manque de vision à long terme.

Le rapport recommande aussi que l'Université encourage l'intégration avec d'autres unités, qui conserveraient leurs liens avec des facultés pour des raisons de reconnaissances professionnelles, ce qui toucherait le baccalauréat en éducation en français.

Le groupe de travail suggère également que les recherches sur les francophones en milieu minoritaire soient davantage encouragées.

Consultations avec la communauté

Le rapport rappelle que le succès de l'Institut est important pour les Fransaskois, qui voient le développement de l'établissement comme un moyen de renforcer la communauté.

La communauté veut donc avoir son mot à dire sur l'embauche et l'évaluation de la direction de l'Institut. Elle veut aussi avoir un droit de regard sur les orientations stratégiques et sur les programmes et services prioritaires de l'établissement.

Financement

Le rapport soutient qu'il est important que la direction de l'Institut et celle de l'Université soient vigilantes quant à la transparence et à la reddition des comptes. Il propose aussi que des membres de la communauté fransaskoise soient invités aux assemblées générales annuelles pour mieux comprendre l'état financier de l'Institut.

Le groupe de travail demande finalement à l'Université d'entreprendre des démarches auprès de la province pour obtenir du soutien financier pour l'Institut.

L'analyste politique et professeur d'histoire au Collège Campion de Regina, Stephen Kenny, s'inquiète toutefois de l'avenir financier de l'Institut français.

Il dénonce une éventuelle incertitude financière en raison de la provenance des appuis.

Qu'est-ce que l'Institut devient, qu'est-ce que le département de français devient faute de renouvellement de subventions? Nous savons tous que ce que ce que Patrimoine canadien peut donner, Patrimoine canadien peut refuser.

Une citation de :Stephen Kenny, Collège Campion

Validité du rapport

Stephen Kenny remet par ailleurs en question la valeur des conclusions du groupe de travail sur l'avenir de l'Institut français.

Selon lui, les échéanciers serrés et le contexte de travail du comité ont nui à l'élaboration des 35 recommandations.

Il soutient que le groupe n'a travaillé que pendant un peu plus de 20 heures. Stephen Kenny croit « qu'il y a des questions à poser sur la crédibilité et la profondeur du travail de ce comité. »

La rectrice Vianne Timmons doit faire connaître sa réponse officielle au rapport mercredi soir, lors d'un 5 à 7 qui se tiendra à la Rotonde de l'Institut français.

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