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Québecor attaque la transaction Bell-Astral

Robert Dépatie, PDG de Québecor, au centre

Robert Dépatie, PDG de Québecor, au centre

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À son premier jour comme président et chef de la direction de Québecor, Robert Dépatie s'est lancé jeudi dans une charge à fond de train contre la transaction Bell-Astral, devant le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).

M. Dépatie a qualifié d'« imposture dont l'objectif est de jeter de la poudre aux yeux » du CRTC la proposition révisée de Bell pour acquérir Astral.

Cette proposition révisée, dans laquelle Bell laisse tomber certains actifs d'Astral, fait suite à un premier refus du CRTC d'approuver la transaction.

En vertu de la nouvelle proposition, Bell conserverait 12 chaînes de télé, dont Super Écran, Canal Vie, Canal D, The Movie Network et HBO Canada, ainsi que 74 stations locales de radio, dont les réseaux NRJ, Rouge FM et Boom FM au Québec.

En contrepartie, Bell vendrait pour 400 millions de dollars à Corus sept chaînes de télévision détenues en copropriété avec Shaw Media, dont Teletoon, Historia et Séries +, et, au plus offrant, six stations de télévision, dont Musimax et MusiquePlus ainsi que huit stations de radio de langue anglaise.

Bell s'engage aussi à maintenir les activités de toutes les stations de télévision locale, et à augmenter d'au moins 25 % le contenu d'artistes canadiens émergents dans les stations de radio musicales.

Robert Dépatie affirme que les modifications en question ne sont que des artifices par lesquels Bell cherche à « expier les nombreux travers réglementaires et politiques » de sa première tentative et d'« exagérer l'ampleur des concessions proposées ».

Selon lui, il ne s'agit en fait que de « subterfuges », par lesquels Bell se départit d'actifs moins intéressants ou en perte de vitesse alors que la société consolide son emprise dans certains domaines, notamment le sport et les films.

Robert Dépatie répète donc l'argument initial de Québecor, qui est que la transaction donnerait à Bell-Astral un avantage concurrentiel démesuré.

« C'est un monstre qu'on va créer, a-t-il laissé tomber. C'est une machine dominante qu'on va créer. [...] Ça ne devrait pas exister une entreprise avec autant de contrôle », a-t-il déclaré.

Reprochant à la direction de Bell sa « mentalité monopolistique », M. Dépatie soutient que la transaction aurait des répercussions préjudiciables pour les consommateurs, l'intérêt public, la politique de radiodiffusion, le système canadien de radiodiffusion et les entreprises canadiennes qui y oeuvrent.

Il ajoute que ce projet comporte un nombre effarant de précédents avec lesquels aucun autre pays occidental « soucieux de diversité, de concurrence et de démocratie » n'a eu à composer.

Ses propos ont cependant soulevé un certain scepticisme de la part de membres du CRTC. Ceux-ci ont fait valoir que Québecor jouissait d'une présence considérable dans le domaine des médias, des communications, du livre, du disque, de la télévision, de la télévision spécialisée, des quotidiens et des hebdomadaires.

« Vous êtes quand même une compagnie avec une certaine présence. Essayez-vous de nous dire que vous n'êtes pas capables de concurrencer avec toutes ces fenêtres, ces plateformes, contre une évolution possible de cette transaction? » a demandé le présidentdu CRTC, Jean-Pierre Blais, à Robert Dépatie.

Sa collègue, la commissaire Suzanne Lamarre, avait déjà posé quelques questions similaires. « Astral vous fait déjà, présentement, dans l'état actuel des choses, concurrence. [...] Qu'est-ce que ça change au fond? BCE et Astral fusionnés vont arriver dans le marché avec des services qui sont déjà là », a-t-elle dit.

Mme Lamarre a même souligné que Québecor jouissait elle-même d'un avantage considérable sur le marché québécois quant aux revenus publicitaires, puisque l'entreprise détient 35 % des parts de ce marché, contre 19 % pour Bell et Astral combinés.

« Vous êtes présentement dans une position dominante pour les parts de marché publicitaire [au Québec]. Au jour zéro après la transaction, si elle devait avoir lieu, vous seriez toujours à 35 %, ou peut-être même un peu plus, parce que vous obtenez de bons résultats, et Astral serait aussi à 19 %. Donc, vous êtes en position de force à partir du jour un. Alors, pourquoi vous vous inquiétez? Pourquoi est-ce qu'on devrait s'inquiéter? » a demandé la commissaire Lamarre à M. Dépatie.

Un appui

Toute la semaine, autant Québecor que Cogeco et Rogers sont venus dire pourquoi ils s'opposaient à la transaction.

Un organisme est cependant venu dire qu'il était pour, soit le Festival de la chanson de Granby.

« En s'engageant à maintenir un siège social à Montréal pour le contenu de langue française, Bell démontre qu'il n'envisage pas de changer une formule gagnante. De toute façon, il aura besoin du dynamisme de son équipe et de ses têtes d'affiche pour maintenir ses cotes d'écoute », a indiqué le directeur du festival, Pierre Fortier.

La promesse de Bell d'augmenter d'au moins 25 % le contenu d'artistes canadiens émergents dans ses stations de radio est également un argument que le Festival de la chanson de Granby a retenu en faveur de l'entreprise de télécommunication.

Avec les informations de La Presse canadienne

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