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La dépendance à l'héroïne bientôt contrôlée?

Une aiguille va injecter un vaccin dans le bras d'un patient
Photo: Jeff McIntosh/Canadian Press

Neutraliser l'effet de l'héroïne. Voilà ce qu'ont réussi des chercheurs américains de l'Institut de recherche Scripps (TSRI) en mettant au point un vaccin expérimental, testé sur  des rats, qui empêche la drogue d'atteindre le cerveau. Selon le Pr Kim Janda et ses collègues, cette percée est porteuse d'espoir pour les personnes dépendantes.

Normalement, des rats accoutumés à l'héroïne et qui en sont privés recommencent à en consommer avidement dès qu'ils peuvent, mais pas avec notre vaccin.

Dr George Koob, TSRI

Des essais cliniques sur des humains doivent bientôt commencer. Si cette étape se déroule sans problème, le vaccin pourrait faire partie de la thérapie standard pour traiter les toxicomanes d'ici quelques années, explique le Dr Koob.

Le saviez-vous?

Plus de 10 millions de personnes dans le monde seraient dépendantes à l'héroïne. Au Québec, plus de 25 000 Québécois s'injecteraient des drogues. De ce chiffre, 20 % à 50 % s'injecteraient de l'héroïne.

D'autres vaccins contre la cocaïne et la nicotine mis au point à cet institut sont déjà testés dans des essais cliniques humains. Un autre, contre l'accoutumance à la méthamphétamine, devrait bientôt être testé sur des humains, selon ces chercheurs.

Mettre au point des vaccins contre ces drogues est difficile, puisqu'elles se désintègrent rapidement dans le sang.

Dans le cas de l'héroïne, la drogue se métabolise rapidement et se transforme en une substance appelée 6-acetylmorphine, qui va dans le cerveau et provoque la plupart de ses effets. C'est précisément cette substance et la morphine que les chercheurs ont visées avec ce nouveau vaccin.

Une autre difficulté dans la production d'un vaccin consistait dans les structures des molécules de ces drogues. Elles sont trop petites et trop simples pour stimuler seules le système immunitaire.

Les chercheurs ont surmonté ce problème en accrochant des fragments de molécule de ces stupéfiants à des protéines plus grandes et plus susceptibles de faire réagir le système immunitaire.

Nous avons pu empêcher ces rats de consommer de plus en plus d'héroïne, un cycle infernal affectant les héroïnomanes, et cela avec seulement le vaccin, ce qui est idéal pour les humains.

Joel Schlosburg, TSRI

Le détail de ces travaux est publié dans les annales de l'académie américaine des sciences (PNAS).

En mars 2012, une étude publiée dans le Journal de l'Association médicale canadienne soutenait que l'héroïne pharmaceutique serait plus efficace et moins coûteuse que la méthadone pour le traitement des toxicomanes.

Le saviez-vous?
L'héroïne est un dépresseur qui est fabriqué à partir de la morphine, une substance naturelle qui provient du plant de pavot à opium.

Science