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Maternelle à 4 ans : loin du consensus

Étude du projet de loi 23 à la Commission de la culture et de l'éducation

Étude du projet de loi 23 à la Commission de la culture et de l'éducation

Photo : Pascal Poinlane

Radio-Canada

La commission de la culture et de l'éducation se penche cette semaine sur l'idée d'offrir la maternelle aux enfants de 4 ans issus des milieux défavorisés. Les consultations publiques sur le projet de loi 23 se déroulent de lundi à jeudi.

Un reportage de Pascal Poinlane (Nouvelle fenêtre)

Avec ce projet de loi, la ministre de l'Éducation, Marie Malavoy, souhaite mieux préparer les enfants issus de milieux défavorisés à la vie scolaire. Dès l'automne, environ 1200 enfants de 4 ans se verraient offrir une place en maternelle. Chaque classe compterait 18 bambins. Les parents choisis auraient le droit de refuser que leur enfant soit inscrit au programme.

La ministre Malavoy s'inquiète du sort des enfants défavorisés qui ne fréquentent pas les centres de la petite enfance (CPE). Certains éprouvent de grandes difficultés lorsqu'ils arrivent à l'école à l'âge de 5 ans, selon la ministre.

Agir tôt et mieux préparer ces enfants et leurs parents à une entrée scolaire réussie sont des moyens reconnus pour contrer le décrochage scolaire. Les enfants peuvent ainsi acquérir de précieuses compétences sociales qui leur permettront de développer les capacités nécessaires à leur réussite scolaire.

Marie Malavoy, ministre de l'Éducation

Les enseignants de maternelle sont contre

La ministre aurait espéré que les enseignants de maternelle soient en faveur de son projet de loi, mais ce n'est pas le cas. Ils estiment que les CPE seraient mieux outillés pour s'occuper des bambins.

Dans les CPE, ils ont des contacts quotidiens avec les parents. Nous, on voit les parents le jour de la rentrée, puis on les revoit ensuite si un enfant a de la difficulté, mais on n'a pas de lien avec le parent.

Danielle Jasmin, vice-présidente de l'Association d'éducation préscolaire du Québec

Les enseignantes de niveau préscolaire craignent aussi que le projet de loi marginalise les enfants concernés. Il faut des groupes hétérogènes, estime Danielle Jasmin. « Et puis, quelle enseignante va aller dans cette classe-là? 18 enfants en difficulté! Ce sera la jeune enseignante fraîchement sortie de l'université, sans expérience. »

L'Association d'éducation préscolaire du Québec recommande à la ministre d'utiliser 4 des 8 millions de dollars prévus pour offrir la garderie gratuite aux enfants de 4 ans issus d'un milieu défavorisé.

Les leçons des commissions scolaires anglophones

Les commissions scolaires anglophones du Québec sont plutôt favorables au projet de loi 23, à condition que l'approche pédagogique soit basée sur l'apprentissage par le jeu. Plusieurs écoles anglophones de Montréal offrent déjà la maternelle aux enfants de 4 ans pour les parents qui le souhaitent.

Le président de l'Association des commissions scolaires anglophones du Québec, David D'Aoust, est même en faveur de la maternelle à 4 ans pour tous les enfants, peu importe le salaire de leurs parents.

Ils vont apprendre par le jeu et la socialisation, ils vont profiter des activités de l'école, ce qui contribue à lutter contre le décrochage scolaire.

David D'Aoust, président de l'association des commissions scolaires anglophones du Québec

Pascal Poinlane s'entretient avec David D'Aoust :

Pour écouter l'entrevue sur les appareils mobiles, cliquez ici (Nouvelle fenêtre).

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