•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Réjean Hébert très préoccupé par les soins privés dispensés au CHUM

Réjean Hébert, ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec

Radio-Canada

Le ministre de la Santé du Québec, Réjean Hébert, se dit très préoccupé par le fait que des médecins qui utilisent des salles d'opération du CHUM à des fins privées ne paient pas ce qu'ils doivent à l'hôpital.

Réagissant jeudi à la diffusion d'un reportage de Radio-Canada sur les médecins qui doivent de l'argent à l'hôpital, Réjean Hébert a déclaré qu'il allait questionner son ministère sur cette situation.

Le ministre trouve par ailleurs « particulier » le fait qu'il ne puisse pas obtenir dans son ministère un portrait fidèle du nombre de chirurgies qui sont faites dans les hôpitaux du Québec.

La direction du centre hospitalier universitaire tente de se faire rembourser des milliers de dollars par des chirurgiens qui auraient utilisé gratuitement les installations du centre hospitalier pour opérer au privé.

Au moins une vingtaine d'interventions n'auraient pas été payées.

Réjean Hébert a expliqué que l'utilisation de salles d'opération publiques pour la médecine privée est tout à fait légale, dans la mesure où les médecins remboursent les sommes dues à l'État pour l'utilisation de ces salles.

Priorité au public, rappelle Réjean Hébert

Greffe

Photo : iStock / 1001nights

Mais même si cette pratique est légale, souligne le ministre, il faut s'assurer que ces salles servent d'abord au réseau public, avant de servir au privé.

Rappelons que le CHUM permet à ses médecins d'utiliser ses salles d'opération pour des interventions chirurgicales au privé, même si plus de 8500 patients attendent d'y être opérés.

« Ce qui me préoccupe, c'est qu'il y ait des gens en liste d'attente et qu'on utilise des blocs opératoires pour faire de la chirurgie privée qui est moins prioritaire que les besoins cliniques des gens qui attendent, par exemple, pour une chirurgie du cancer », a expliqué Réjean Hébert.

Alors, s'il y a du personnel pour travailler pour des besoins privés, pourquoi ce personnel n'est pas disponible pour ouvrir des salles d'opération pour les besoins du public?

Réjean Hébert, ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec

Discutable sur le plan éthique et fiscal

En point de presse à Québec jeudi, Réjean Hébert s'est aussi dit préoccupé par l'éthique de certains médecins du CHUM qui ont accepté d'opérer en se faisant payer en argent comptant. Ce qui pose non seulement des problèmes d'éthique, mais également fiscaux aux yeux du ministre de la Santé.

Ce qui m'a préoccupé dans le reportage d'hier, c'est de voir que certains médecins font des actes sans donner de reçus et encaissent de l'argent liquide. Ça commence à être discutable sur le plan de la déontologie [...] Sur le plan fiscal et civil, je pense aussi que ça ne se fait pas.

Réjean Hébert, ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec

Réactions

Le chef du Parti libéral du Québec et ex-ministre de la Santé, Philippe Couillard, affirme que les médecins doivent payer leur dû quand ils utilisent des équipements payés par l'État. Mais il croit que les hôpitaux doivent aussi laisser la porte ouverte aux chirurgies esthétiques non assurées par la RAMQ.

« Idéalement, on veut garder ces spécialistes-là dans les hôpitaux. On ne veut pas qu'ils quittent les hôpitaux pour faire juste de la pratique privée », dit Philippe Couillard.

La Fédération des infirmières du Québec (FIQ) croit qu'au moment où le gouvernement effectue des compressions en santé, les chirurgies privées peuvent attendre.

« Est-ce qu'on n'a pas aussi fermé les yeux? Ce n'est pas si simple que ça pour moi que c'est uniquement du laxisme », affirme Régine Laurent, présidente de la FIQ.

À la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), on souhaite depuis longtemps que cette pratique cesse dans les hôpitaux.

« C'est une problématique qu'on a constatée et signalée au gouvernement il y a plusieurs années, et avons déjà recommandé d'arrêter ça depuis longtemps, et manifestement, ça ne s'est pas fait », dit Gaétan Barrette, président de la FMSQ.

Le ministre de la Santé a demandé à ses fonctionnaires de faire la tournée des hôpitaux du Québec pour mieux mesurer l'étendue du problème des chirurgies non assurées. Il n'écarte pas la possibilité que le gouvernement resserre les règles actuelles.

Avec le reportage de Christian Latreille

Santé