•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Complot déjoué : un suspect au comportement « imprévisible »

L'accusé de Montréal, Chiheb Esseghaier, à son arrivée à l'aéroport Buttonville au nord de Toronto

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Radio-Canada

L'un des deux présumés terroristes arrêtés lundi pour avoir ourdi, selon la police, un attentat contre un train de Via Rail, Chiheb Esseghaier, était suivi par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) depuis mai 2012, a appris CBC.

Alors qu'il se rendait à Cancún pour assister à une conférence biomédicale à bord d'un vol d'Air Canada, M. Esseghaier aurait adopté un comportement « bizarre » et aurait eu une altercation avec une des hôtesses de l'air.

Par ailleurs, selon des informations obtenues par CBC, les arrestations sont devenues nécessaires lorsque le comportement d'un des deux suspects est devenu « imprévisible ». On ignore toutefois de quel suspect il s'agit.

L'enquête visait un réseau de présumés terroristes plus vaste que les deux personnes arrêtées. Plusieurs suspects étaient sur écoute depuis plusieurs mois.

Comparutions et accusations

Chiheb Esseghaier, 30 ans, a brièvement comparu mardi matin au palais de justice de Montréal, où il a pris connaissance des chefs d'accusation retenus contre lui, dont complot afin de commettre un meurtre, incitation d'une personne à participer à un complot terroriste, association à un groupe terroriste et complot afin de nuire à un transport public.

L'accusé a choisi de se représenter seul dans cette affaire. Il s'est adressé au juge pour affirmer que les conclusions ont été tirées à partir « d'apparences ». 

Après avoir comparu à Montréal, Chiheb Esseghaier a été transporté dans la Ville Reine, où il doit subir son procès. Il comparaîtra à nouveau dès 10 h mercredi au Old City Hall de Toronto.

Le deuxième accusé dans cette affaire, Raed Jaser, 35 ans, a pour sa part comparu un peu plus tôt au palais de justice de Toronto pour répondre à des accusations similaires à son présumé complice. Il sera de retour en cour le 23 mai prochain pour la poursuite des procédures intentées contre lui. Une ordonnance de non-publication sur cette cause a été émise par la juge.

Mon client est un résident permanent, il vit au Canada depuis 20 ans. Il a des racines profondes ici. Je trouve ça déplorable qu'on tente de le démoniser de cette façon.

Me John Norris, avocat de Raed Jaser

Son avocat, Me John Norris, a tenu à rappeler que la présomption d'innocence tient toujours. Il croit d'ailleurs que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) est allée trop loin en soulignant que les suspects ne sont pas citoyens canadiens. Son client a « l'intention de se défendre vigoureusement », a déclaré le juriste aux journalistes qui l'attendaient à la sortie du palais de justice.

Accusations contre Raed Jaser et Chiheb Esseghaier :

  • Complot afin de commettre un meurtre au bénéfice ou sous la direction d'un groupe terroriste;
  • Complot afin de nuire à un transport public;
  • Participation aux activités d'un groupe terroriste entre le 1er avril et le 25 septembre 2012.

Accusations contre Chiheb Esseghaier seulement :

  • Incitation d'une personne à participer à des activités terroristes;
  • Participation aux activités d'un groupe terroriste entre le 25 septembre 2012 et le 14 février 2013.

V (Nouvelle fenêtre)ous pouvez relire notre couverture en direct ci-dessous : 

Les deux hommes ont été arrêtés lundi au terme d'une vaste enquête de la Gendarmerie royale du Canada, des services de sécurité américains et de divers corps policiers du pays, dont la Sûreté du Québec. Les accusations auxquelles ils font face pourraient leur valoir une peine de prison à vie.

Les suspects proviennent respectivement de Tunisie et des Émirats arabes unis. Chiheb Esseghaier est arrivé au Québec en 2008 à partir de Tunis, où il poursuivait des études en ingénierie. Il a ensuite fait des études à l'Université de Sherbrooke et à l'Institut national de recherche scientifique (INRS). On ne sait en revanche que très peu de choses sur Raed Jaser, sinon qu'il habitait un duplex de la région de Toronto.

Des cibles « américaines »?

Des médias américains ont déclaré que les deux hommes projetaient d'attaquer un train reliant Toronto à New York. Cette information n'a cependant pas été confirmée par la police canadienne.

Des policiers de la GRC devant la résidence de Raed Jaser, à Toronto.

Oficiales de la Policía Real Montada de Canadá en la casa de Jaser Raed, Toronto quien, junto con Chiheb Esseghaier, están acusados de conspirar para descarrilar un tren de pasajeros de Via

Photo : Chris Young / Canadian Press

La première ministre du Québec Pauline Marois a d'ailleurs affirmé mardi qu'il n'y a « pas de raison de semer l'inquiétude auprès des Québécois et Québécoises », puisque « c'était plutôt des cibles américaines qui semblaient être en cause ».

Il n'y a aucune indication à l'effet que la population du Québec ou le territoire du Québec étaient visés par le complot qui a été déjoué.

Stéphane Bergeron, ministre québécois de la Sécurité publique

Al-Qaïda et l'Iran, méfiance mutuelle et collaboration ponctuelle

La présence de djihadistes sunnites dans un pays que beaucoup d'entres considèrent comme étant peuplé et dirigé par « des infidèles » chiites a de quoi étonner. Lisez notre article en cliquant ici.

Téhéran nie toute implication

Les suspects, qui ne sont pas des citoyens canadiens, recevaient par ailleurs des « directions et des informations » de certains éléments d'Al-Qaïda en Iran, a indiqué la GRC. CBC a d'ailleurs appris que le membre d'Al-Qaïda en question vivait près de la frontière afghane. Cependant, rien n'indique que les opérations aient été commanditées par l'Iran, a précisé la GRC.

Le gouvernement iranien n'a pas tardé à réagir en niant toute implication dans ce complot et tout lien avec les présumés terroristes.« Al-Qaïda n'a pas la latitude pour mener des activités en Iran, ni pour opérer à l'étranger depuis l'Iran. Nous rejetons fortement et catégoriquement toute association avec cette histoire », a déclaré Alireza Miryousefi de la Mission iranienne à l'ONU.

Au lendemain des arrestations, un porte-parole du ministre des Affaires étrangères de l'Iran, Ramin Mehmanparast, a soutenu qu'il n'existait aucune preuve d'une implication iranienne dans le complot au Canada et que les objectifs politiques et idéologiques d'Al-Qaïda étaient incompatibles avec ceux de l'Iran.

Ramin Mehmanparast a qualifié l'hypothèse canadienne de nouveau chapitre d'une hostilité contre Téhéran.

C'est la première fois que les forces de l'ordre canadiennes confirment des liens entre des terroristes au Canada et Al-Qaïda à l'étranger.

Accusations (Nouvelle fenêtre) by Radio-Canada (Nouvelle fenêtre)

Avec les informations de La Presse canadienne

Société