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La Commission de vérité et réconciliation à Montréal

Une vingtaine de personnes ont assisté à la Commission de vérité et de réconciliation à Maliotenam

Une vingtaine de personnes ont assisté à la Commission de vérité et de réconciliation mercredi à Maliotenam

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Dans le cadre de sa tournée à travers le pays, la Commission de vérité et réconciliation du Canada (CVR) tiendra un événement national à Montréal du 24 au 27 avril. L'activité, qui est ouverte au grand public, vise à sensibiliser la population aux abus vécus pendant des années par les anciens élèves des pensionnats autochtones et aux conséquences dévastatrices sur leurs communautés.

U (Nouvelle fenêtre)n article de Ximena Sampson (Nouvelle fenêtre)

Des témoignages et des rassemblements sont au programme, tout comme des cérémonies et des présentations culturelles. Des activités spéciales sont également prévues pour les groupes scolaires.

Depuis 2010, quatre événements semblables ont déjà eu lieu au Manitoba, dans les Territoires du Nord-Ouest, en Nouvelle-Écosse et en Saskatchewan, en plus d'audiences à plus petite échelle dans des dizaines de communautés de ces mêmes provinces et territoires.

Au Québec, quatre rencontres régionales ont déjà eu lieu à Maliotenam, La TuqueVal-d'Or et Chisasibi.

Deux autres événements nationaux sont prévus en Colombie-Britannique et en Alberta avant la fin des travaux de la commission, en juillet 2014.

Les commissaires ont pu entendre des témoignages déchirants d'anciens pensionnaires arrachés à leurs familles et à leur communauté, forcés d'oublier leur langue et leurs traditions, en plus d'être punis physiquement, battus et parfois violés.

Les pensionnats autochtones

Des élèves d'un pensionnat autochtone au Canada font une prière avant leur repas.
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Des élèves d'un pensionnat autochtone au Canada font une prière avant leur repas.

Entre 1870 et 1996, environ 150 000 enfants autochtones ont été retirés à leurs familles et envoyés dans des écoles chrétiennes (Nouvelle fenêtre) dans le cadre d'une politique délibérée visant à « civiliser » les Premières Nations. Ces écoles étaient subventionnées par le gouvernement canadien et exploitées par des congrégations religieuses, qui avaient le mandat d'assimiler les pensionnaires et de leur faire oublier leur langue, leurs croyances, leur culture et leurs traditions.

L'objectif clairement affiché était d'éliminer la culture amérindienne.

Quelque 139 pensionnats autochtones ayant fonctionné au cours de ces années ont été recensés dans le cadre de la Convention de règlement, dont 12 au Québec. Les pensionnats étaient administrés par les Églises anglicane, catholique, presbytérienne, baptiste ou unie.

Souvent, les enfants étaient amenés loin de leur communauté et de leurs proches; frères et sœurs étaient séparés.

Selon un rapport du Projet des enfants disparus, au moins 3000 enfants autochtones auraient trouvé la mort dans ces pensionnats entre les années 1870 et 1990. Les maladies seraient la principale cause de décès, notamment la tuberculose et la grippe espagnole. De nombreux élèves sont également morts de malnutrition ou dans des accidents et des incendies.

Quelque 30 000 enfants y auraient subi des agressions sexuelles ou physiques de la part des religieux des administrateurs des établissements ou de camarades.

Les effets de cette expérience dévastatrice sur les communautés autochtones ont été reconnus par le gouvernement canadien, qui a présenté ses excuses en 2008.

« Nous reconnaissons maintenant qu'en séparant les enfants de leurs familles, nous avons réduit la capacité de nombreux anciens élèves à élever adéquatement leurs propres enfants et avons scellé le sort des générations futures, et nous nous excusons d'avoir agi ainsi. »

— Une citation de  Stephen Harper, premier ministre du Canada

Le mandat de la commission

Phil Fontaine, chef national de l’Assemblée des Premières Nations, et Chuck Strahl, ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien, annonçaient le 19 septembre 2007, l'entrée en vigueur de la Convention de règlement relative aux pensionnats indiens, à Winnipeg.
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Phil Fontaine, chef national de l’Assemblée des Premières Nations, et Chuck Strahl, ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien, annonçaient le 19 septembre 2007, l'entrée en vigueur de la Convention de règlement relative aux pensionnats indiens, à Winnipeg.

Photo : La Presse canadienne / Wayne Glowacki

Au cours des années 1990, des milliers de survivants des pensionnats ont poursuivi Ottawa et les congrégations religieuses responsables des écoles pour les sévices qu'ils y ont subis. En 2007, une entente a finalement été conclue, qui offrait aux victimes des indemnisations totalisant 1,9 milliard de dollars et constituait la Commission de vérité et réconciliation.

La commission est présidée par le juge Murray Sinclair, qui est lui-même d'origine autochtone.

Son but est d'établir la vérité sur les pensionnats indiens au Canada et d'encourager le rétablissement des relations brisées. Pour cela, elle va écouter d'anciens élèves et d'anciens dirigeants de ces écoles et élaborer un rapport avec des recommandations. Elle créera aussi un centre de documentation rassemblant les milliers de documents et de témoignages recueillis, afin de « créer un héritage » et sensibiliser le grand public à cette question. L'idée est d'amorcer un processus de guérison pour permettre aux Autochtones de se réconcilier entre eux et avec les Blancs.

Premières recommandations

Un rapport intérimaire a été remis au gouvernement en février 2012. Les commissaires recommandent notamment de revoir la façon dont on enseigne l'histoire des pensionnats autochtones aux élèves canadiens, de créer un fonds pour revitaliser la culture autochtone au Canada et d'offrir des soins spécialisés en santé mentale aux survivants des pensionnats.

La Commission recommande également que les excuses officielles présentées par le gouvernement Harper aux peuples autochtones du Canada en juin 2008 soient affichées dans toutes les écoles secondaires canadiennes.

Les commissaires estiment qu'une commission n'est pas suffisante pour parvenir à la réconciliation avec les Premières Nations et que le gouvernement devrait reconnaître un statut unique aux Autochtones du pays.

Les indemnisations

Période d'étude au pensionnat indien catholique de Fort Resolution, dans les Territoires du Nord-Ouest, au début du 20e siècle
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Période d'étude au pensionnat indien catholique de Fort Resolution, aux Territoires du Nord-Ouest, au début du 20e siècle

Photo : Bibliothèque et Archives Canada/PA-042133

En sus de la mise en place de la Commission de vérité et réconciliation, dotée d'un budget de 60 millions de dollars, la Convention de règlement relative aux pensionnats indiens prévoyait également une mesure de compensation économique pour les anciens élèves, le Paiement d'expérience commune (PEC). En échange, les victimes devaient renoncer aux poursuites judiciaires au civil et, donc, à la tenue d'un procès.

Le PEC donnait 10 000 $ aux personnes admissibles pour leur première année en pensionnat et 3000 $ pour chaque année additionnelle, sans égard aux sévices qu'elles auraient pu subir. Environ 80 000 personnes ont reçu une indemnisation moyenne de 19 525 $.

Le Processus d'évaluation indépendant (PEI) permet une indemnisation supplémentaire pour ceux qui auraient subi des sévices sexuels et physiques graves. Les victimes peuvent obtenir un montant allant jusqu'à 430 000 $. L'indemnisation moyenne est de 116 000 $.

Le Secrétariat d'adjudication des pensionnats indiens a traité plus de 30 000 déclarations jusqu'à maintenant, et 16 000 sont encore en traitement.

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