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La poussière de nickel dans Limoilou provient du port

Arrimage St-Laurent émet bel et bien des poussières de nickel
Radio-Canada

La poussière de nickel retrouvée en concentrations élevées dans le secteur Limoilou depuis 2010 provient bel et bien des activtés de transbordement de l'entreprise Arrimage du Saint-Laurent, située au port de Québec. Les analyses menées par le ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs rendues publiques lundi le confirment.

Les tests ont établi une concordance entre les échantillons de poussière prélevés dans Limoilou et le nickel transbordé au port. Le ministère a analysé notamment des données cumulées depuis trois ans et pris en compte la direction des vents.

« Selon les années, ça va de deux à huit fois la norme », indique Jean-Marc Lachance, de la direction régionale du ministère de l'Environnement. 

Le ministère a fait parvenir dans la journée un avis de non-conformité à Arrimage du Saint-Laurent qui a jusqu'au 3 mai pour lui fournir un plan d'action à court et moyen termes afin de corriger la situation.

Arrimage du Saint-Laurent continue de prétendre que d'autres sources de contamination sont possibles. « Nous on prétend qu'il y a plusieurs autres sources qui n'ont pas encore été identifiées. (...) On va prendre le temps d'étudier ces chiffres-là. On va prendre le temps d'analyser ces conclusions », a indiqué le porte-parole de la compagnie Richard Thibault. Il rappelle par ailleurs les correctifs déjà apportés dans les installations du port de Québec et le programme d'investissements de près de 10 millions de dollars annoncés par l'entreprise.

Le président-directeur général du port de Québec croit que les améliorations qu'est en train d'apporter Arrrimage du Saint-Laurent corrigeront la situation. « Je suis assez confiant, même très confiant que les mesures qu'on est en train de prendre vont réussir à solutionner le problème », affirme Mario Girad.

Le maire soulagé

Le maire de Québec s'est dit soulagé que la source du problème ait été identifiée. Il est soulagé également que l'incinérateur de Québec ne soit pas en cause. Régis Labeaume dit avoir parlé à la direction du port pour lui préciser la position de la Ville quant au transbordement de métaux en vrac. « Notre position, c'est qu'il faut que ce soit couvert. Le vrac ici et là, ça devient un problème », affirme-t-il.

La Ville maintient néanmoins sa cellule de veille créée au mois de mars dans le dossier. « Vous seriez surpris comment tout ce monde-là ne se parle pas. Actuellement, Mme Giguère (Chantale Giguère, la directrice générale adjointe de la Ville qui est responsable de la sécurité publique) est très utile. Elle est comme devenue un pivot. Elle force tout le monde à se parler. Vous seriez surpris comment on est utile, même si on n'a pas de pouvoir », a indiqué Régis Labeaume.

La citoyenne de Limoilou, Véronique Lalande, qui a fait faire plusieurs analyses d'échantillons de poussières au cours des derniers mois pour tenter de convaincre les autorités de la présence de contaminants dans l'air de son quartier, accueille les conclusions du ministère comme un soulagement. « C'est une grand victoire aujourd'hui. (...) Ça fait cinq mois qu'on travaille très très fort. On a travaillé la nuit, le jour, les fins de semaine. On a mis en doute notre crédibilité. On a mis en doute même nos intentions », rappelle-t-elle.

Elle croit maintenant que les analyses doivent être poussées plus loin que son quartier. « C'est dans Limoilou parce que les trois stations d'échantillonage sont dans Limoilou. La problématique, elle est dans l'ensemble de notre ville », estime-t-elle.

Le travail du ministère de l'Environnement n'est pas terminé. Il analysera le sol lors du dégel pour y vérifier les quantités de nickel.

La santé publique publiera quant à elle à la fin du mois d'avril son très attendu rapport sur l'impact des différents contaminants retrouvés dans l'air de Limoilou.

Québec

Environnement