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Inondations : l'Agence de l'eau veut des modèles informatisés fiables

Le reportage de Marc-Antoine Bernier

Des inondations, dont certaines pourraient mener à des situations d'urgence dans plusieurs régions, sont imminentes en Saskatchewan, et l'agence provinciale responsable des prévisions calcule toujours manuellement. Toutefois, elle voudrait bien changer les choses.

Les villes situées dans les zones à très haut risque d'inondations, comme Regina et Moose Jaw, s'appuient sur les prévisions de l'Agence de l'eau pour se préparer. Les informations de l'agence sont considérées comme fiables, malgré les défis que pose le territoire de la Saskatchewan.

La capacité d'absorption du sol, la répartition inégale de la neige et la vitesse de fonte compliquent les prévisions. Le territoire de la province est si complexe qu'il fait mentir les modèles informatisés de prévision utilisés ailleurs en Amérique du Nord, révèle John Pomeroy, directeur du centre de recherche en hydrologie de l'Université de la Saskatchewan.

Nous l'appelons le cimetière des modèles de prévision hydrologiques.

John Pomeroy, directeur du Centre de recherche en hydrologie, Université de la Saskatchewan

Les hydrologues de la province calculent d'ailleurs toujours leurs équations manuellement avec, entre autres, des relevés faits par des techniciens dans les stations météorologiques et des données d'Environnement Canada.

La méthode est longue et exigeante, mais M. Pomeroy la croit tout de même efficace. Selon lui, les hydrologues expérimentés connaissent le terrain, les niveaux d'absorption variés et le relief subtil.

Besoin d'investissements

Peu importe la méthode, plusieurs facteurs peuvent influencer les prévisions de l'Agence de la sécurité de l'eau.« Même si on avait une idée à 100 % de la quantité de neige et de la quantité d'eau que l'on a, ça dépend si ça va fondre vite, si ça va fondre moins vite, si le castor est venu bloquer [...] », énumère l'hydrologue Nathalie Brunet.

« Alors on ne sait pas. Il y a plein de choses que tu ne peux pas contrôler, que tu ne peux pas savoir. C'est vraiment de choisir, jouer avec tes chiffres, penser à la probabilité que ça arrive », explique-t-elle.

Pour passer à l'ère des modèles informatisés, il faudrait, à tout le moins, installer une centaine de stations météorologiques automatisées supplémentaires, selon M. Pomeroy. Il s'agit d'un investissement de 20 000 $ par station.

Toutefois, le professeur en hydrologie estime que le plus urgent serait de construire des routes principales hors des zones à risque et de les protéger par un système de digues.

Les investissements sont importants, mais seront compensés, estime M. Pomeroy, par une réduction des dommages.

D'après un reportage de Marc-Antoine Bernier, à ne pas manquer lundi au Téléjournal Saskatchewan

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