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Un test de missile nord-coréen ne surprendrait pas les États-Unis

Un soldat sud-coréen dans la zone démilitarisée entre les deux Corées

Un soldat sud-coréen dans la zone démilitarisée entre les deux Corées

Photo : AFP / JUNG YEON-JE

Radio-Canada
Mis à jour le 

Les États-Unis ne seraient pas surpris si la Corée du Nord procédait à un nouveau test de missile en cette période de grande tension dans la région, a déclaré vendredi le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney.

Après avoir installé un premier missile le long de la côte est du pays, Pyongyang a hissé un deuxième missile de moyenne portée sur une plateforme mobile, a rapporté vendredi l'agence sud-coréenne Yonhap, citant un haut responsable gouvernemental à Séoul.

La même source a expliqué qu'il s'agissait d'un missile Musudan qui aurait une portée de 3000 kilomètres, capable d'atteindre la Corée du Sud ou le Japon.

En cas de charge légère, il pourrait atteindre les 4000 km et frapper l'île de Guam dans le Pacifique, où sont situées des bases militaires américaines.

Mercredi, Pyongyang a annoncé avoir ratifié une frappe nucléaire contre les États-Unis.

Interrogé par des journalistes sur l'éventualité d'un tir de missile nord-coréen, Jay Carney a répondu : « Nous ne serions pas surpris de les voir faire une telle chose, comme ils l'ont fait par le passé ».

Un porte-parole du Pentagone a jugé vendredi que « toute action provocatrice supplémentaire serait regrettable », sans toutefois vouloir confirmer l'installation du deuxième missile. Le Pentagone a appelé Pyongyang à calmer sa rhétorique « surexcitée et belliqueuse », précisant que les États-Unis et la Corée du Sud mèneraient à terme leurs manoeuvres militaires conjointes, qui doivent prendre fin le 30 avril.

La veille, la Maison-Blanche avait fait savoir que les États-Unis prenaient « toutes les précautions nécessaires ».

Un missile Musudan fabriqué en Corée du Nord, lors d'une parade militaire.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un missile Musudan fabriqué en Corée du Nord, lors d'une parade militaire.

Photo : AFP / AFP-Ed Jones

Évacuation des ambassades

Afin de prouver que le geste est sérieux, les autorités nord-coréennes ont avisé les ambassades dans la capitale nord-coréenne d'envisager l'évacuation de leur personnel. Le ministère nord-coréen des Affaires étrangères, cité par l'agence de presse Chine nouvelle, a estimé que « la question, aujourd'hui, n'est pas de savoir si une guerre éclatera dans la péninsule coréenne, mais quand elle éclatera ».

Une porte-parole de l'ambassade russe, selon laquelle on ne notait vendredi aucun signe extérieur de tension dans la capitale nord-coréenne, a indiqué que l'évacuation n'était pas considérée à ce stade-ci.

Jeudi, le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Alexandre Loukachevitch, avait déclaré que le non-respect par la Corée du Nord des résolutions de l'ONU était « inacceptable ».

Comme la Russie, la France et la Grande-Bretagne ont également fait savoir qu'elles n'avaient pas encore l'intention d'évacuer leur personnel diplomatique. Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères français a précisé toutefois que la situation était « prise au sérieux ».

De son côté, l'Allemagne a convoqué vendredi l'ambassadeur de Corée du Nord pour lui faire part de son « inquiétude » face à l'aggravation quotidienne de la crise.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a rappelé à Pyongyang que la menace nucléaire n'était « pas un jeu ».

L'ancien numéro un cubain, Fidel Castro, a appelé Pyongyang et Washington à éviter une guerre nucléaire. Déclarant s'exprimer en ami de la Corée du Nord, Fidel Castro affirme, dans un texte à la une du Granma, le quotidien du Parti communiste cubain, que la Corée du Nord a donné au monde entier la preuve de ses prouesses technologiques et qu'elle doit maintenant penser à ses devoirs envers la communauté internationale. « Il ne serait pas juste d'oublier qu'une telle guerre aurait une incidence sur plus de 70 % de la population mondiale », a-t-il ajouté.

Fidel Castro était au pouvoir à La Havane en 1962 lorsque le déploiement de missiles soviétiques à Cuba avait mis le monde au bord d'un conflit nucléaire.

Le site industriel Kaesong fermé pour un jour férié

Par ailleurs, le site industriel intercoréen de Kaesong - une zone industrielle en Corée du Nord où sont situées plus d'une centaine d'entreprises sud-coréennes qui emploient des travailleurs nord-coréens - était fermé vendredi pour un jour férié habituel, ont précisé les autorités sud-coréennes.

Depuis mercredi, Pyongyang interdit l'accès de Kaesong aux Sud-Coréens qui s'y rendent quotidiennement pour travailler. Il a autorisé les départs, mais 608 Sud-Coréens ont décidé de rester sur place.

Le complexe n'avait pas été fermé plus d'une journée depuis son ouverture, en 2004, malgré les tensions entre les deux voisins.

Il s'agit de l'un des seuls symboles de coopération dans la péninsule coréenne. Et pour la deuxième fois depuis l'essai nucléaire nord-coréen de février, Pyongyang a menacé jeudi de fermer complètement Kaesong si Séoul continue d'évoquer une intervention militaire.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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