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La pêche lointaine chinoise, une menace pour les stocks mondiaux

Poissons saisis à bord de deux bateaux chinois, interceptés dans les eaux de la Côte d’Ivoire pour avoir utilisé du chalutage par le fond, une pratique interdite par les lois ivoiriennes. (27 décembre 2007).

Poissons saisis à bord de deux bateaux chinois, interceptés dans les eaux de la Côte d’Ivoire pour avoir utilisé du chalutage par le fond, une pratique interdite par les lois ivoiriennes (27 décembre 2007).

Photo : AFP / KAMBOU SIA

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les bateaux de pêche chinois capturent 4,6 millions de tonnes métriques de poisson dans les océans de la planète annuellement, soit 12 fois plus que le total déclaré de 368 000 tonnes.

C'est ce que révèle une étude coordonnée par le biologiste Daniel Pauly, de l'Université de la Colombie-Britannique, et publiée dans les revues Fish and Fisheries et Nature.

Selon l'étude, les navires chinois ont capturé annuellement du poisson pour une valeur de 11,5 milliards de dollars américains entre 2000 et 2011 en pratiquant la pêche lointaine.

L'équipe de chercheurs a utilisé une nouvelle méthode qui prend en compte le type de navires employés ainsi que leur capacité. Les chercheurs ont précisé que la pêche lointaine, bien que non déclarée à l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) n'est pas nécessairement illégale, puisqu'elle peut avoir été réalisée après une entente avec les autorités locales. À la différence de la plupart des pays occidentaux (ceux qui disposent d'une importante flotte pour la pêche lointaine) la Chine ne rend pas publics les accords qu'elle conclut.

La pêche lointaine est celle qu'un pays pratique soit en haute mer, soit dans les eaux appartenant à un autre pays, à la suite d'un accord entre eux.

Ce sont les côtes ouest-africaines qui sont la première cible des pêcheurs chinois, qui y prélèvent 2,9 millions de tonnes de poisson annuellement, soit 64 % de leurs prises. Les côtes de l'Asie viennent en deuxième place avec 1 million de tonnes.

Il est important de connaître l'ampleur réelle des prises pour pouvoir évaluer les stocks, a déclaré Daniel Pauly. « Nous avons besoin de savoir combien de poissons ont été pêchés pour déterminer ce que nous pourrons pêcher dans l'avenir », a-t-il ajouté dans un communiqué.

Les pays doivent être conscients de l'importance d'enregistrer et rapporter leurs prises avec exactitude [...] ou il n'y aura plus de poisson pour nos enfants.

Une citation de :Daniel Pauly, auteur de l'étude

Les responsables de la FAO se montrent toutefois sceptiques par rapport à ces données. Richard Grainger, chef statisticien à la FAO, a soutenu que ces chiffres étaient hautement improbables, même s'il a reconnu que le nombre de prises rapporté par la Chine est trop bas. Il a soutenu qu'une étude de 2009 de l'Université de Californie, qui estimait à 560 000 tonnes la quantité de poisson pêchée annuellement au large des côtes ouest-africaines et non rapportée, était plus réaliste.

Les chercheurs ont l'intention de continuer à utiliser la méthode qu'ils ont mise au point pour évaluer les prises réelles d'autres pays qui pratiquent la pêche lointaine, dont l'Espagne.

Une étude publiée en septembre par le Parlement européen concluait que la Chine « sous-déclarait largement les captures de ses flottes de pêche lointaine, particulièrement en Afrique, où elle réalise ses plus importantes prises » et que les accords conclus avec les pays concernés manquaient de transparence.

Avec les informations de La Presse canadienne

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