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Le prix à payer pour les travailleurs acadiens en Alberta

Le prix à payer pour les travailleurs acadiens en Alberta
Radio-Canada

Les salaires offerts aux travailleurs acadiens en Alberta sont alléchants, mais ils ont parfois un prix psychologique à payer pour s'exiler.

La solidarité des exilés acadiens les aide à tromper l'ennui entre leurs quarts de travail, mais il leur faut aussi une grande discipline.

« Très discipliné, je vais arriver de mon boulot, je viens souper, je discute avec mes amis, je vais prendre ma douche, ensuite je vais communiquer avec ma famille », explique le travailleur Guy Lanteigne, originaire de Saint-Sauveur au Nouveau-Brunswick.

Selon M. Lanteigne, il faut plus de force de caractère que de force physique pour travailler dans les sables bitumineux, mais certains n'ont pas cette discipline lorsqu'ils gagnent subitement un salaire annuel situé entre 100 000 $ et 200 000 $.

Des travailleurs ne résistent pas à la tentation

« Il y a des gars, ils ont leur paye le samedi, et le dimanche matin ils ne peuvent pas acheter une liqueur parce qu'ils ont dépensé au casino, parce qu'il y a un casino à Fort McMurray, des clubs de danseuses, de la drogue. Ça ne prend pas de temps dans la grosse drogue ici à Fort McMurray. Je les vois. Il y a des gars qui arrivent la nuit et ils ne sont pas capables de travailler le lendemain », explique Pascal Paulin, de Lamèque au Nouveau-Brunswick, magasinier du camp de l'Athabasca à Fort McMurray.

« Les gars sont seuls. Un gars qui est marié depuis 20 ans et qui n'a jamais laissé sa femme, il s'en vient ici et il est comme libre » ajoute M. Paulin. « Ce qui se passe à Fort McMurray reste à fort McMurray. »

L'éloignement peut mener à la rupture

Le travail à Fort McMurray a un prix, et il n'est certainement pas fait pour tout le monde. L'impact de la séparation est souvent brutal pour un couple.

Tu as des divorces beaucoup. Tu as des couples qui se brisent, de jeunes familles. j'en ai justement vu quelques jours passés.

Pascal Paulin, travailleur acadien en Alberta

Guy Lanteigne pour sa part se tient loin de la ville et des tentations. Il se rattache à ses rêves. Il montre fièrement les dessins que ses enfants lui envoient. « C'est touchant. Ce sont mes enfants. Quand ils me donnent ça, ils me disent : "c'est pour ne pas que tu oublies" », dit-il.

Pour Guy Lanteigne, comme pour des milliers d'autres travailleurs, d'autres pères, le sacrifice est immense.

J'ai toujours vu mes enfants grandir. Je n'ai jamais manqué un anniversaire. Là, depuis un an, je manque beaucoup de bonnes occasions, et pour moi, ça n'a pas de prix. Ça ne devrait pas se passer quand on a le choix, et éventuellement j'aurai d'autres options que Fort McMurray.

Guy Lanteigne, travailleur du Nouveau-Brunswick en Alberta

Guy Lanteigne espère ne pas rester à Fort McMurray plus de deux ans, le temps que sa situation s'améliore. D'autres travailleurs qui avaient juré rester seulement deux ans sont maintenant là depuis une décennie. Certains resteront probablement jusqu'à leur retraite dans un de ces camps au nord de Fort McMurray.

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