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Les syndicats outrés, le patronat content

Formation aux métiers

Budget Flaherty : réactions de la FTQ

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les dispositions du budget fédéral, si elles satisfont les employeurs, sont dénoncées par les syndicats, qui sont particulièrement outrés par les mesures touchant les fonds de travailleurs. La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) appelle d'ailleurs ses actionnaires à se mobiliser.

La FTQ dénonce au premier chef l'élimination, sur une période de quatre ans, des crédits d'impôt pour les fonds de travailleurs qui profitent directement aux petits épargnants.

La Fédération fait valoir que « les investissements des fonds de travailleurs ont permis au fil des ans de créer ou de sauver des dizaines de milliers d'emplois et d'investir dans des centaines d'entreprises et ainsi dynamiser l'économie du Québec ».

Dans un message envoyé à ses actionnaires jeudi soir, la FTQ leur demande de signifier leur opposition à cette décision en envoyant un message au ministre Jim Flaherty ou à leur député fédéral.

Pour la Confédération des syndicats nationaux (CSN), l'élimination graduelle du crédit d'impôt pour les fonds de travailleurs, comme Fondaction CSN, est tout à fait inacceptable, « car elle compromet tout simplement la création d'emplois ».

La CSN dénonce aussi les nouvelles dispositions pour la formation de la main-d'œuvre. « C'est un véritable affront qui est fait au Québec. Non seulement il empiète une fois de plus sur les juridictions des provinces, mais il tente de déterminer leurs priorités. Nous ne pouvons taxer cette attitude que de paternalisme condescendant. Au Québec, la Commission des partenaires du marché du travail, qui regroupe le gouvernement et des groupes de la société civile, a su depuis des années collaborer afin d'atteindre les objectifs recherchés par les différents partenaires québécois en matière de formation de la main-d'œuvre. Il ne peut ignorer les choix faits ici, par les gens d'ici », de déclarer Jacques Létourneau, président de la CSN.

L'IRIS contre l'élimination du crédit d'impôt

« Les plus gros joueurs dans ce secteur sont au Québec. Comme on le sait, ces fonds de travailleurs ont des politiques d'investissements qui visent particulièrement les entreprises locales. Le gouvernement fédéral leur préfère désormais des capitaux de risque entièrement gérés par le secteur privé et dont le seul objectif est le rendement. Couplée à l'austérité mise de l'avant par le gouvernement fédéral, cette décision pourrait avoir des effets très néfastes au Québec », s'inquiète Simon Tremblay-Pepin, chercheur à l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS).

Le patronat généralement satisfait

La Chambre de commerce du Canada estime que les mesures annoncées dans le budget concernant la formation de la main-d'œuvre permettront au gouvernement de relever le défi des compétences au pays. La Chambre « croit depuis longtemps qu'il est impératif que ce soient ceux qui sont le plus proche de la main-d'œuvre qui conçoivent et offrent des programmes de formation ».

Le Conseil du patronat appuie aussi ces nouvelles mesures mais se montre partagé en ce qui concerne la création de la subvention pour l'emploi. D'une part, l'organisme juge positive cette mesure, mais se questionne quant à ses effets concrets, parce qu'elle ne permettrait pas de combler le retard global des entreprises québécoises et canadiennes en cette matière.

Du point de vue du Conseil, cette piste de solution devra nécessairement être accompagnée d'autres initiatives, particulièrement auprès des petites et moyennes entreprises.

Le Conseil du patronat applaudit par ailleurs la décision du gouvernement fédéral d'investir 53 milliards de dollars sur 10 ans, avec la mise en œuvre d'un nouveau Fonds Chantiers Canada, afin d'améliorer la qualité des infrastructures au pays.

Le Centre canadien de politiques alternatives (CCPA), un groupe de réflexion à tendance de gauche, dénonce les objectifs d'austérité du budget conservateur.

« Le Canada n'a pas de problème de déficit, il a un problème de croissance et le plan d'austérité du gouvernement est une part du problème, pas une solution », affirme David Macdonald, l'économiste en chef du CCPA. Le groupe dénonce une réduction des investissements dans les infrastructures qui ne feront que ralentir davantage l'économie. « Ce sont des compressions majeures pour les municipalités qui comptaient sur cet argent », a-t-il ajouté. Le CCPA est un organisme de recherche indépendant et non partisan préoccupé de justice sociale, politique et environnementale.

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