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Réprimandée par Ottawa, Manuvie revoit ses taux hypothécaires

Le Centre Manulife à Toronto

Le Centre Manulife à Toronto

Photo : La Presse canadienne / Aaron Vincent Elkaim

Radio-Canada

La Financière Manuvie a annulé une baisse d'un de ses taux hypothécaires après des pressions exercées par le bureau du ministre des Finances Jim Flaherty.

La banque proposait mardi un taux hypothécaire fixe de cinq ans à 2,89 %, un record pour la compagnie. Mais, dans une volte-face plus tard dans la journée, la société a décidé d'annuler l'offre et est revenue à son ancien taux, supérieur à 3 %.

« Après consultation avec le ministère des Finances, Manuvie a retiré la campagne de promotion et revient à son taux affiché précédemment », a indiqué la firme par voie de communiqué.

Plus tôt ce mois-ci, la Banque de Montréal a fait les manchettes en annonçant une baisse de son taux hypothécaire de cinq ans fermé à 2,99 %. Ottawa avait exprimé des craintes sur la possibilité d'une nouvelle guerre des taux hypothécaires au Canada, au moment où les élus exhortent les citoyens à se serrer la ceinture.

À la même période en 2012, les institutions financières se livraient bataille sur le même terrain. La BMO avait démarré le bal avec une baisse de ses taux hypothécaires, et plusieurs banques rivales avaient tenté d'attirer les consommateurs avec des promotions similaires.

« Je m'attends à ce que les banques prêtent prudemment et évitent une "course vers le bas" qui a conduit à une crise hypothécaire aux États-Unis », avait déclaré le ministre des Finances au sujet de BMO.

Mardi, le ministre Flaherty s'est dit était heureux de la décision de Manuvie. « Un de mes collaborateurs a appelé la banque et lui a fait part de mon mécontentement. C'est la même chose que j'ai faite avec BMO », a indiqué le ministre des Finances.

Une intervention critiquée

L'opposition à Ottawa dénonce l'intervention du ministre dans le dossier, affirmant qu'il a outrepassé ses pouvoirs. 

« Un ministre ne peut agir qu'à l'intérieur de la loi, et la loi dicte les conditions pour les banques [...], mais le ministre ne peut pas de son propre chef se lever, sans aucun pouvoir, et appeler une banque pour lui dire qu'il n'aime pas ses taux. Ça, c'est un comportement de république de bananes », a déploré le chef de l'opposition officielle Thomas Mulcair.

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