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Un centre d'expertise en logiciel libre, mais un contrat à Microsoft

Photo: Damian Dovarganes
Radio-Canada

Le gouvernement du Québec annoncera mardi la création d'un « centre d'expertise » en logiciel libre, mais s'apprête tout de même à adopter un nouveau décret qui lui permettra d'accorder sans appel d'offres à Microsoft le contrat de mise à niveau des centaines de milliers d'ordinateurs de l'État.

Québec invoquera encore une fois l'« urgence », puisque le soutien technique du système d'exploitation Windows XP et de la suite bureautique Office 2003 prendra fin le 8 avril 2014. Or, selon le gouvernement, il faudrait beaucoup plus qu'un an pour changer de plateforme et passer au logiciel libre.

Déjà, l'automne dernier, le gouvernement avait adopté un décret pour permettre à son centre névralgique, le ministère du Conseil exécutif, de confier à Microsoft et à d'autres géants informatiques américains un contrat de gré à gré de 500 000 $ pour le renouvellement des logiciels Windows, Office et Exchange (courriel).

En comptant environ 2000 $ pour chacun des quelque 700 000 postes de travail de l'État, il pourrait en coûter au bas mot 1,4 milliard de dollars à Québec pour passer à Windows 7 et à Office 2010. Selon un document du gouvernement obtenu l'an dernier par le quotidien La Presse, 10 % de la somme ira au matériel, 19 % à Microsoft pour les licences et 71 % au soutien technique et à la formation.

Dans l'espoir de mieux faire passer la pilule, le président du Conseil du Trésor, Stéphane Bédard, s'engagera à mettre sur pied un « centre d'expertise » regroupant une vingtaine de personnes afin de sensibiliser les hauts fonctionnaires aux avantages du logiciel libre, a appris La Presse Canadienne. Le ministre annoncera également des « projets pilotes » où l'on favorisera le logiciel libre.

Au cours d'un entretien téléphonique, lundi, Cyrille Béraud, président de la firme Savoir-faire Linux et de la Fédération québécoise des communautés et industries du libre (FQCIL), a salué la création d'un centre d'expertise, mais a déploré sa taille modeste.

M. Béraud a également dénoncé ce qu'il qualifie de « manque de courage » du gouvernement péquiste dans ce dossier. Selon la FQCIL, Québec pourrait épargner des centaines de millions de dollars en optant massivement pour le logiciel libre, comme l'ont déjà fait plusieurs autres gouvernements dans le monde.

Jo-Annie Larocque, porte-parole du ministre Bédard, a confirmé lundi que la création du centre d'expertise en logiciel libre sera annoncée mardi. La décision concernant le décret sera toutefois communiquée plus tard, mais avant le 31 mars, lorsqu'expirera le décret actuel.

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