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Direction du PLQ : un mode de scrutin « archaïque »

Les trois candidats à la direction du PLQ, Pierre Moreau, Philippe Couillard et Raymond Bachand

Les trois candidats à la direction du PLQ, Pierre Moreau, Philippe Couillard et Raymond Bachand

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Sur les 2636 délégués du Parti libéral du Québec (PLQ), 2377 ont voté dimanche pour l'élection du nouveau chef, qui s'est soldée par la victoire de Philippe Couillard.

Sur plus de 52 000 membres, ce sont donc 5 % des libéraux qui ont eu le dernier mot sur la succession de Jean Charest, lors d'un vote secret. Un mode de scrutin qui est « archaïque » et « obsolète » aux dires même de libéraux.

Contrairement aux autres partis politiques québécois et à ceux sur la scène fédérale qui élisent leur chef par suffrage universel de tous leurs membres, le PLQ fonctionne selon le principe de délégués, répartis également dans chaque circonscription.

De février à mars, les membres du parti pouvaient élire 24 délégués par circonscription, en respectant la parité entre les hommes et les femmes, et en réservant le tiers des places à des délégués âgés de moins de 26 ans. Ce dimanche, ils étaient 2636 délégués, dont 710 jeunes, à avoir le droit de vote.

« C'est archaïque, mais on n'avait pas le temps de changer le mode de scrutin. Ça aurait pris un congrès. Le gouvernement est minoritaire. Ça aurait été trop long. Les gens avaient besoin d'un leader », explique la députée Marguerite Blais, qui assiste à une course à la direction pour la première fois, et qui avoue avoir eu du mal à choisir un candidat. Elle est finalement allée dans le camp de Raymond Bachand, qu'elle connaît depuis les années où ils travaillaient pour les épiceries Métro. « Mais il va falloir changer cette façon de faire, et la très grande majorité des libéraux sont d'accord », ajoute-t-elle.

Henri-François Gautrin, député depuis 1989, qualifie le principe des délégués de « totalement obsolète ». Il rappelle que le PLQ a été « le premier parti qui a voulu avoir le vote de tous les militants, en 1983, mais cette mesure n'a pas obtenu les deux tiers des votes nécessaires en raison de l'opposition de l'équipe de Robert Bourassa, qui préférait contrôler ».

Ce changement n'a pas été proposé « parce que de fait, on n'a jamais eu de congrès au leadership depuis », note M. Gautrin, qui ajoute que « ça va devoir venir ».

L'ancien premier ministre Jean Charest, présent lors de l'élection de son successeur, rappelle tout de même les avantages de la procédure actuelle. « Il y a une énergie, une dynamique qu'on retrouve pas dans l'autre formule. Il y a moyen de trouver ou de concilier les deux, » croit M. Charest.

De son côté, le député Pierre Arcand estime qu'il faut revoir le mode de scrutin, mais ne pense pas d'emblée à la participation de tous les membres, évoquant plutôt la révision de la place des jeunes. « Non pas que les jeunes de 18 à 26 ans ne devraient pas être là, mais peut-être qu'il faudrait étendre le tiers des jeunes à 18 - 29 ans, parce qu'il est clair que les jeunes, avant l'âge de 21 ans, ne s'intéressent pas beaucoup à la politique », souligne-t-il.

Parmi ces jeunes, Martin Crevier, délégué de la circonscription de Jacques-Cartier, croit aussi que le système devrait être revu. « Si une organisation est bien implantée dans un comté, quelqu'un qui veut vraiment voter pour un candidat aura de la difficulté à passer », explique-t-il. « Si j'avais voulu voter pour Pierre Moreau, ça aurait été malheureusement très difficile parce que les organisations de Philippe Couillard et surtout de Raymond Bachand étaient très bien organisées dans le comté », ajoute-t-il.

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