•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Scandale du vote ethnique : le Parti libéral remboursera 70 000 $ aux contribuables

Christy Clark

La première ministre de la Colombie-Britannique, Christy Clark. (24 septembre 2012)

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

Radio-Canada

La première ministre de la Colombie-Britannique, Christy Clark, a accepté toutes les recommandations du rapport au sujet du plan stratégique pour courtiser le vote « multiculturel » et a déjà annoncé que le Parti libéral rembourserait 70 000 dollars aux contribuables.

Dans son rapport publié jeudi midi, le sous-ministre John Dyble soutient que des fonctionnaires et des élus ont enfreint au code de conduite du gouvernement et que des ressources gouvernementales ont été utilisées de façon inappropriée.

L'équipe de John Dyble a complété 27 entrevues et cumué plus de 10 000 pages de documents dans le cadre de cette enquête interne demandée par la première ministre Christy Clark.

Le rapport fait six recommandations dont celle de prendre les mesures disciplinaires nécessaires envers les fonctionnaires impliqués et de demander au vérificateur général d'examiner le dossier afin de déterminer si des recouvrements de fonds sont de mise.

La publication des documents présentant cette stratégie a causé un scandale qui a fortement ébranlé le gouvernement libéral de Christy Clark à l'approche de la campagne électorale.

Le document controversé proposait des moyens simples et rapides pour courtiser le vote ethnique, tel que présenter des excuses à certaines communautés pour des torts du passé. Le document proposait également que des fonctionnaires coordonnent leurs activités avec le Parti libéral afin d'inciter plus d'électeurs des communautés ethniques à voter pour ce parti.

Les plus à blâmer sont déjà partis

Le rapport blâme surtout l'ancienne chef de cabinet adjointe de la première ministre, Kim Haakstad, et Brian Bonney, l'ancien directeur des communications du gouvernement, pour toute cette affaire. Les deux ont depuis remis leur démission.

Selon le rapport de John Dyble, plus de la moitié des heures de travail de Brian Bonney étaient utilisées à des fins ou à des activités partisanes, alors qu'il était payé par les contribuables.

D'autre part, l'enquête a révélé que la stratégie a été créée en décembre 2011 lors d'une réunion à l'Assemblée législative organisée par Kim Haakstad.

La directrice des relations avec les collectivités, Pamela Martin, a participé à cette réunion en compagnie d'autres personnes, dont des dirigeants du Parti libéral.

Deux fonctionnaires qui travaillent toujours à l'Assemblée législative, Mike Lee et Dave Richie, ont été chargés de rédiger le document stratégique, ce qu'ils ont fait sur des ordinateurs gouvernementaux.

Selon le rapport de John Dyble, l'enquête n'a révélé aucune preuve que la première ministre Christy Clark était au courant ou avait participé à l'élaboration de la stratégie.

Ses deux anciens ministres responsables du Multiculturalisme, Harry Bloy et John Yap, n'auraient également pas eu connaissance de l'existence de la stratégie.

Les libéraux rembourseront le salaire d'un fonctionnaire

Le rapport de John Dyble avait à peine été publié que Christy Clark annonçait que le Parti libéral avait déjà rédigé un chèque de 70 000 dollars pour rembourser le salaire de Brian Booney.

La première ministre a qualifié le rapport de son sous-ministre de « juste » et a promis que le gouvernement adopterait toutes les recommandations qui s'y trouvaient.

Christy Clark a souligné que les trois fonctionnaires nommés dans le rapport qui ont gravement enfreint au code de conduite, ne travaillent plus pour le gouvernement. Elle note que deux d'entre eux ont démissionné et n'ont pas reçu d'indemnité de départ.

La première ministre a également déclaré que John Yap ne réintégrerait pas le cabinet.

À la suite de cette annonce, John Yap a affirmé qu'il avait quitté ses fonctions de ministre parce qu'il avait fait des erreurs en donnant son avis à des fonctionnaires au sujet de certains contrats.

« Je me suis trompé », a déclaré le député de Richmond-Steveston. « Et j'en prends la responsabilité. »

Un rapport incomplet selon l'opposition

Plus tôt jeudi, le leader à la Chambre du Nouveau Parti démocratique, John Horgan, ne croyait pas que le rapport de John Dyble serait complet.

« Nous savons que le bureau de la première ministre a joué un rôle important, se servant de moyens de communication détournés pour communiquer avec des fonctionnaires, des entrepreneurs et des membres du Parti libéral à Vancouver », a-t-il expliqué. « Ce que nous ne savons pas c'est si monsieur Dyble a enquêté de ce côté de la clôture. »

John Horgan a également noté que John Dyble n'avait pas l'autorité nécessaire pour faire une enquête exhaustive.

« Il n'a aucune autorité pour enquêter auprès du caucus », note-t-il. « Il n'a pas d'autorité non plus pour enquêter auprès du Parti libéral. »

Le président du caucus du Parti libéral, Gordon Hogg, doit publier jeudi un rapport distinct sur la participation du parti à l'élaboration de la stratégie.

Colombie-Britannique et Yukon

Politique