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Cimenterie de Port-Daniel-Gascon : l'utilisation du coke de pétrole inquiète les environnementalistes

Une cimenterie (Archives)

Une cimenterie (Archives)

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La firme Ciment McInnis refuse de révéler la provenance du coke de pétrole qui pourrait être utilisé comme combustible dans sa future usine de Port-Daniel-Gascon.

L'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique redoute que le coke de pétrole provienne des sables bitumineux, une option beaucoup plus polluante.

Pour fabriquer la poudre de ciment, il faut broyer et chauffer le calcaire à 1500 degrés Celsius. Ciment McInnis envisage d'utiliser le coke de pétrole pour ce procédé. Il s'agit d'un sous-produit du raffinage, à l'apparence semblable à celle du charbon.

Un usage polluant, selon les environnementalistes

Les environnementalistes sont convaincus que ce coke de pétrole proviendra des sables bitumineux de l'Alberta et qu'il sera transporté au Québec par pipeline.

« Vous savez, il y a un projet, à Montréal, de bâtir une usine de cokéfaction de Suncor, qui vise à alimenter le marché québécois avec le coke de pétrole, dont notamment les cimenteries. Pour nous, c'est une question qui nous interpelle grandement, parce que le coke de pétrole, c'est connu, c'est extrêmement polluant et surtout, si on prend celui provenant des sables bitumineux, c'est plus polluant que le charbon », fait valoir le président de l'Association de lutte contre la pollution atmosphérique, André Bélisle.

L'entreprise se fait rassurante

Ciment McInnis nie cette information. « C'est gens-là vous ont mal informé et devraient quand même faire un petit peu plus attention aux informations qu'ils diffusent », déclare le porte-parole de Ciment McInnis, Denis Boucher.

Il ajoute que l'important n'est pas le combustible utilisé à l'usine, mais bien la technologie qui vise à minimiser les rejets dans l'atmosphère. « La provenance du produit est une chose, mais c'est la performance environnementale, au niveau de la population, qui je crois, est la question la plus importante », ajoute Denis Boucher.

Les environnementalistes demeurent inquiets. Le coke de pétrole de l'Alberta contiendrait jusqu'à 15 % de soufre. « C'est un pétrole qui contient 3, 4 et même 5 fois plus de soufre que le pétrole qui proviendrait soit de la Lybie de l'Algérie ou du Vénézuéla », estime André Bélisle.

Au ministère de l'Environnement, on répète que le projet de cimenterie à Port-Daniel ne peut être soumis au BAPE puisque le permis est accordé depuis 1996.

Le gouvernement du Québec exige une mise à jour de l'étude d'impact environnementale. L'entreprise tarde toutefois à fournir les informations requises, selon le ministère de l'Environnement. Ciment McInnis assure de son côté que ce sera chose faite au cours des prochains jours.

D'après le reportage de Pierre Cotton

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