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Plus de trois quart des Albertains seraient en faveur du suicide assisté, selon une étude

Donna Wilson, chercheure à l'Université de l'Alberta

Donna Wilson, chercheure à l'Université de l'Alberta

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une grande majorité d'Albertains, soit 77,4 %, croient que des adultes mourants devraient avoir le droit de demander qu'on mette fin à leur vie, selon une nouvelle étude de l'Université de l'Alberta.

Donna Wilson, chercheuse à la Facuté des sciences infirmières, et son équipe ont étudié les opinions de 1203 Albertains adultes sur le suicide assisté. Les réponses avaient été recueillies de mai à juillet 2010 par le Laboratoire de recherche sur la population de l'Institut national de recherche scientifique (INRS).

Une des questions demandait si des adultes mourants devraient pouvoir demander une aide des autres pour mettre fin à leur vie.

Les répondants albertains ont dit à 36,8 % « oui, dans tous les cas »; tandis que 40,6 % l'accepteraient seulement dans certains cas ou à certaines conditions. Seulement 22,6 % s'opposeraient au suicide assisté dans tous les cas.

  • les opposants étaient plus nombreux parmi ceux qui n'avaient pas terminé leur école secondaire et parmi les gens aux croyances religieuses fortes
  • 40 % de protestants, 35 % de catholiques et 44,3 % de gens d'autres religions dont l'islam, l'hindouisme et le judaïsme ont répondu non au suicide assisté

Les données montrent par ailleurs que les gens qui ont participé d'une manière ou d'une autre à une décision pour arrêter ou ne pas entreprendre des soins palliatifs sont portés à accepter le suicide assisté. Leur proportion atteint 79,8 %. Elle est plus forte encore - 81 % - pour ceux qui ont euthanasié un animal de compagnie.

Canada interpellé

Donna Wilson croit qu'à la lumière de tels résultats, le Canada devrait s'inspirer de l'exemple des pays comme la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg et trois états américains qui autorisent le suicide assisté ou l'euthanasie.

« Jusqu'à présent, personne n'a demandé la réponse de la population à cette question et là une perspective importante s'ouvre », affirme la professeure dont l'étude a été publiée dans l'édition du mois de mars de Health and Social Care in the Community.

Mme Wilson se défend de demander des changements aux lois, mais elle estime que des changements pour autoriser le suicide assisté, permettraient de tirer des leçons d'autres pays pour minimiser les inquiétudes, les impacts sur les professionnels de la santé et les craintes d'abus de pouvoir.

Le suicide assisté étudié au pays

Le gouvernement fédéral a interjeté appel d'un jugement de la Cour suprême de la Colombie-Britannique qui a autorisé Gloria Taylor à recourir au suicide assisté. La patiente qui en était à l'étape finale de la maladie neurodégénérative de Lou Gehrig, avait eu une exemption de la cour pour obtenir un suicide assisté. En octobre 2012, elle est morte d'une infection entraînée par un colon perforé.

Au Québec, un comité présidé par l'avocat par l'avocat Jean-Pierre Ménard a récemment publié un rapport qui recommande à la province d'accorder une autorisation médicale au suicide.

« Avec un taux de 70 % des personnes qui sont favorables au suicide assisté, le problème ne va pas disparaître, le Canada devra continuer de parler d'euthanasie. La discussion est ici, alors c'est important de voir ce qui se passe dans d'autres pays qui autorisent l'euthanasie ou le suicide assisté. Et si nous le faisons, que ce soit de notre mieux, sans prendre à la légère la décision de nous embarquer dedans ou non », explique la chercheuse qui est aussi spécialiste des soins aux aînés et aux personnes en fin de vie.

Une Alberta à l'avant-garde

Pour Donna Wilson, les réponses des Albertains ont dépassé ses attentes et remis en question la réputation de la province comme une société traditionaliste et conservatrice.

« Vous avez ces images préconçues des Albertains, mais l'Alberta est une province jeune - la plus jeune du Canada - et nous valorisons vraiment l'autonomie et l'indépendance. Beaucoup de personnes réalisent que si elles étaient mourantes, elles aimeraient dire : "Voilà, mettez-y fin maintenant". Je pourrais ne pas le vouloir, mais cette option devrait être disponible », dit Donna Wilson.

Selon Brian Kiely, de la section albertaine de Dying with Dignity, les gens ont peur, non pas de la mort, mais de leur manière de mourir. « Ils aimeraient qu'eux-mêmes et leurs familles prennent cette décision », ajoute M. Kiely.

Cette approche n'est pas partagée par Rosey Rosenke, directrice de l'organisme pro-vie Wilberforce. « Nous croyons dans la valeur de la vie depuis la conception jusqu'à la mort naturelle », explique Mme Rosenke qui ne cache pas sa méfiance devant les statistiques de Donna Wilson.

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