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Un médicament pour soulager le stress post-traumatique

Un homme déprimé
Photo: iStockphoto

Fournir au cerveau de la rapamycine, un inhibiteur de la synthèse des protéines, permet d'atténuer la peur et le stress causés par un événement traumatique, ont montré des chercheurs américains et canadiens.

Il s'agit d'une découverte fondamentale dans le domaine des neurosciences, qui pourrait modifier la façon dont les cliniciens assurent la prise en charge des patients présentant un état de stress post-traumatique.

Vadim Bolshakov, Université Harvard

Explications

Des chercheurs des universités Harvard et McGill ont exploré la façon dont se forment les souvenirs traumatiques en ayant recours à un paradigme comportemental, le conditionnement à la peur. Les chercheurs expliquent que ce paradigme reproduit bien les symptômes du syndrome du stress post-traumatique.

Leurs travaux ont montré que l'inhibition du transfert des signaux entre les cellules de l'amygdale, une région du cerveau qui joue un rôle essentiel dans les comportements liés à la peur, permet de réduire considérablement le degré de peur éprouvé des participants.

Cette nouvelle découverte s'appuie sur des travaux antérieurs de Karim Nader, professeur de psychologie à l'Université McGill. Ce dernier avait montré qu'un lointain souvenir, pour persister, devait cesser d'être emmagasiné dans le cerveau après la remémoration.

Dans cette étude, le Pr Bolshakov a exposé des rats à des stimuli auditifs que les rongeurs ont appris à associer à un événement légèrement traumatique. Après une seule exposition aux stimuli, les rats ont manifesté de la peur lors de toutes les expositions successives.

L'équipe américaine a ensuite administré aux rats de la rapamycine immédiatement après la remémoration afin de contrôler les liaisons cellulaires dans le cerveau. Les manifestations de peur ont été beaucoup moins marquées lorsque les animaux ont été soumis à la même expérience le lendemain.

Ces résultats laissent à penser que différentes règles de plasticité au niveau des cellules cérébrales interviennent pendant la formation d'un souvenir traumatique et après sa réactivation.

Bien que des travaux plus poussés à l'échelle moléculaire doivent encore être réalisés, nous espérons que cette découverte inattendue constituera le fondement nécessaire pour nous permettre de cibler des moyens plus efficaces de traiter les troubles anxieux où intervient la peur.

Pr Bolshakov

Le détail de leur recherche est publié dans les Proceedings of the National Academy of Sciences.

Depuis 2006, une équipe montréalaise tente de mettre au point un traitement pour atténuer ces émotions négatives qui ne s'estompent pas avec le temps à l'aide d'un médicament couramment employé pour contrôler l'hypertension, le propranolol. Ils ont sont actuellement à l'étape des essais cliniques

En 2002, des chercheurs américains soutenaient que le stress post-traumatique pourrait être lié à la taille réduite de l'hippocampe.

Le saviez-vous?

Selon l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal, des études montrent que de 1 % à 15 % de la population générale est sujette au syndrome du stress post-traumatique. Cette prévalence monte à 30 % à 45 % dans certains groupes comme les anciens combattants ou les victimes d'actes criminels.

Science