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La spiritualité primera pour le cardinal Turcotte

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le cardinal Jean-Claude Turcotte quitte Montréal mardi soir pour Rome où il participera au conclave qui élira le prochain pape de l'Église catholique. M. Turcotte quitte le Québec avec l'amorce d'une réflexion sur l'identité du prochain pape et avec des critères de sélection bien établis.

M. Turcotte rencontrera le pape jeudi. « Ce sera sûrement très émouvant de rencontrer le pape pour la prochaine fois, explique-t-il. Il ne fera pas de discours d'adieu. Son dernier discours aura lieu mercredi lors de l'audience générale où il rencontre tous les fidèles sur la place Saint-Pierre. »

Fort de son expérience en conclave lors de l'élection de Benoît XVI, M. Turcotte estime que ses collègues cardinaux sauront élire « l'homme le plus parfait » pour diriger l'Église. Selon lui, cet homme n'a pas encore de nom, mais il s'imposera de par ses qualités. Il rappelle que les médias colportent l'importance de choisir un pape qui réformera l'Église, mais que ce n'est pas la priorité des ecclésiastiques.

« Nous ce qui nous intéresse, c'est sa spiritualité, explique M. Turcotte. C'est un homme qui va conforter ses évêques dans leur foi. Les qualités humaines aussi sont importantes, mais il reste que c'est d'abord la vie spirituelle qui nous importe. »

Les cardinaux se réuniront tout d'abord pour s'exprimer, un peu comme lors d'un synode, sur les problèmes que rencontrent leurs fidèles dans leur région du monde. Ils peuvent ainsi se faire une idée du travail qui attend le successeur du pape et orienter leur réflexion en ce sens.

Les cardinaux ne disposent d'aucune liste pour choisir un nouveau pape. « On se connaît entre nous, explique-t-il. C'est quand même un club assez sélect. On va être 117 ou 116, je ne sais trop, et on connaît pas mal de monde. Là-dessus, il y a des gens comme moi qui sont trop vieux. »

À 77 ans, j'ai passé l'âge d'aller faire des galipettes à Rome.

Une citation de :Jean-Claude Turcotte

« Dans l'ensemble, il y a des gens qui présentent des qualités assez exceptionnelles en particulier au plan spirituel, poursuit M. Turcotte. C'est un peu par la discussion, par les votes, c'est pour ça que ça prend plusieurs tours. »

Le cardinal Turcotte soutient que ce processus mène vers l'élection à une majorité des deux tiers de l'homme qui deviendra pape. « Si jamais on ne s'entend pas après plusieurs tours, on a le droit à une journée de récollection », poursuit-il. Les discussions et la prière se poursuivent par la suite et il est possible de réduire le choix à deux candidats si le suspense se prolonge trop longtemps.

Marc Ouellet préside une cérémonie religieuse à la basilique Saint-Pierre de Rome en décembre 2012.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Marc Ouellet préside une cérémonie religieuse à la basilique Saint-Pierre de Rome en décembre 2012.

Photo : AFP / ALBERTO PIZZOLI

S'il convient de la valeur de la candidature de son collègue Marc Ouellet, il n'entend pas révélé à qui ira son vote. « Évidemment, comme tous les Québécois, on éprouverait une certaine fierté d'avoir un des nôtres se retrouvait à la tête de l'Église », confie-t-il. Il poursuit en vantant les mérites de M. Ouellet et sa notoriété au sein de l'Église.

« Il est à Rome depuis un petit moment et qui est connu à travers le monde parce que son travail au cours des dernières années c'était de nommer les évêques du monde. Alors, il est en contact avec à peu près toutes les Églises, alors c'est sûr que c'est un candidat sérieux. »

Est-ce que ce sera lui? Laissons ça à l'Esprit-Saint.

Une citation de :Jean-Claude Turcotte

De la lourdeur de la tâche

Le cardinal Turcotte estime que la tâche de choisir un nouveau pape est difficile compte tenu de « la situation actuelle de l'Église ». Il croit que la diminution des effectifs cléricaux constitue un problème pour les Églises d'Europe et d'Amérique du Nord.

Le problème de « certains scandales qui ont eu lieu, qui sont absolument inacceptables, devra être corrigé », poursuit-il en précisant qu'ils ne sont pas l'apanage de l'Église catholique. « [...] beaucoup d'institutions ont été prises par ce phénomène, je pense aux femmes qui sont abusées par exemple, la question des Indiens – il y a eu des choses absolument atroces qui se sont produites. Alors, de ce côté-là, c'est évident qu'il y aura des correctifs à apporter. »

M. Turcotte ajoute le problème « de langage » de l'Église. Il estime que l'Église devra adapter son langage « un peu hermétique » et se tourner vers les technologies modernes pour diffuser son message.

La conviction avant la masse

Sur le fond, peu de changements sont à prévoir, du moins en profondeur, selon M. Turcotte. Il souligne que le Québec est « un petit peuple minuscule » et que ses demandes pourraient se perdre dans la mer des revendications des fidèles de tous les autres continents. « Il y a une espèce d'harmonie qu'il faut établir entre tout ça », conclut-il.

L'important pour le cardinal Turcotte c'est que l'Église soit présente pour les chrétiens. « Pour moi, ce qui est important, c'est que l'honnête chrétien du XXIe siècle [...] soit quelqu'un qui va avoir rencontré Jésus-Christ. C'est quelqu'un qui va avoir appris l'Évangile, explique-t-il. Ce n'est pas quelqu'un qui va suivre la masse. On met l'accent sur des chrétiens qui vont découvrir Jésus-Christ et son message et qui vont vivre en harmonie avec ce message-là. »

« Au fond, ça sera moins des gens qui vont subir la tension sociologique de pratique religieuse qu'on a pu connaître au Québec, mais ce seront des gens de convictions », poursuit M. Turcotte.

On sera peut-être moins nombreux, mais je pense qu'on aura des chrétiens[...] plus des croyants véritables.

Une citation de :Jean-Claude Turcotte

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