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Le programme politique d'AQMI pour le nord du Mali

Abdelmalek Droukel avec ses hommes dans l'Aawad (photo non datée)

Abdelmalek Droukel avec ses hommes dans l'Aawad (photo non datée)

Photo : AFP

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) avait un programme politique détaillé pour le nord du Mali. C'est un document de 79 pages, découvert par des journalistes à Tombouctou, qui révèle les démarches que préconisait la nébuleuse islamiste dans ce territoire et au-delà.

Dans le document, le chef d'AQMI, l'Algérien Abdelmalek Droukel, recommande à ses hommes de s'allier aux groupes locaux tel Ansar Dine, le groupe islamiste touareg créé en 2012.

« Pour ce qui est de l'intérieur de l'Azawad [nord du Mali], nous nous soumettons aux chefs d'Ansar Dine. Pour ce qui est de l'extérieur de l'Azawad, notre djihad international se fait indépendamment d'Ansar Dine », il précise aussi : « Nous mettrons à la disposition d'Ansar Dine nos djihadistes pour des prises de responsabilités ».

Le document révèle un point stratégique important. Le chef d'AQMI demande à son groupe d'« apparaître comme un mouvement local avec ses propres causes et ses préoccupations. Nous n'avons aucune raison de mettre en avant notre projet djihadiste et expansionniste », écrit-il.

Même la question d'un gouvernement provisoire est évoquée dans le document. Il demande à ses hommes d'« éviter de montrer que nous voulons diriger le gouvernement provisoire [...] pour ne pas attirer l'attention de la communauté internationale ».

M. Droukel prévoit que le chef du gouvernement soit choisi parmi les cadres d'Ansar Dine. Il prévoit également d'accorder au Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) une bonne participation au gouvernement en lui accordant les ministères des Finances, de l'Intérieur et des Travaux publics.

Enfin, AQMI se réserve les ministères de la Défense, de la Justice et des Affaires religieuses.

Par ailleurs, il reproche à ses hommes de se précipiter dans l'application rigoureuse de la « charia ». « Nous devons prendre en compte l'environnement local qui rejette un islam trop rigoureux », écrit Abdelmalek Droukel.

Le chef d'AQMI estime que la destruction de mausolées par Ansar Dine est une « faute politique et il dénonce une application trop rigoureuse de la charia par le Mouvement pour l'unité et le djihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO) à Gao ».

Abdelmalek Droukel préconise la pédagogie. « Il faut expliquer la charia aux populations avant de l'appliquer », dit-il.

« Il nous faut planter juste quelques graines dans un sol fertile qui, grâce à des engrais, deviendront un arbre stable et vigoureux », recommande-t-il. Mais visiblement, cette recommandation n'a pas été prise en compte par ses hommes sur le terrain.

La crise malienne

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