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Centrales électriques : les libéraux accusés à nouveau de camouflage

Le PDG de l'Office de l'électricité de l'Ontario, Colin Andersen

Le PDG de l'Office de l'électricité de l'Ontario, Colin Andersen

Photo : La Presse canadienne / Michelle Siu

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les dirigeants de l'Office de l'électricité de l'Ontario ont admis que le gouvernement était intervenu à plusieurs reprises dans le dossier controversé, de l'annulation des centrales au gaz d'Oakville et de Mississauga. Ils étaient à Queen's Park pour expliquer pourquoi 600 pages de documentation supplémentaires ont fait surface jeudi matin.

Le président-directeur général de l'Office de l'électricité, Colin Andersen, admet que l'annulation de la centrale de Mississauga, en pleine campagne électorale, était une décision purement politique.

« Si le parti libéral n'était pas intervenu, nous aurions terminé la centrale », dit-il. Pourtant, cette agence est censée être complètement indépendante du gouvernement.

Colin Andersen a cependant plus de mal à expliquer pourquoi, pour la troisième fois en quatre mois, alors que son agence est accusée d'avoir essayé de cacher des documents.

Il admet que le gouvernement a révisé une à une des milliers de pages, juste avant que les documents soient rendus publics.

« Mais c'était dans un esprit de collaboration, pas de camouflage », assure-t-il.

Les partis d'opposition n'en croient rien.

Pour une agence indépendante, la ligne est mince selon le député néo-démocrate Peter Tabuns entre la collaboration et l'interférence politique. Le NPD réclame une enquête publique, où les témoins devraient prêter serment.

Le conservateur Vic Fedeli croit qu'il manque encore des morceaux au casse-tête. Notamment des courriels provenant du premier ministre et du ministre de l'Énergie.

Depuis des mois, le gouvernement assure que l'annulation des deux centrales aura coûté seulement 230 millions de dollars. L'Office de l'Électricité laisse maintenant entendre que la facture pourrait être encore plus salée.

Un rapport du vérificateur général est attendu d'ici la fin mars.

600 nouvelles pages

Alors que le gouvernement ontarien avait affirmé, en octobre dernier, avoir rendu publique toute l'information disponible sur la coûteuse annulation de projets de centrales au gaz naturel à Oakville et à Mississauga, pas moins de 600 pages supplémentaires de documentation ont fait surface jeudi matin.

Le nouveau ministre de l'Énergie, Bob Chiarelli, en a fait l'annonce juste avant la période des questions à Queen's Park. Le ministre souligne que les documents proviennent de l'Office de l'électricité de l'Ontario et qu'ils doivent être rendus « dès que possible » jeudi après-midi.

C'est la deuxième fois que des documents supplémentaires font surface depuis le mois d'octobre dernier.

Les libéraux ont admis l'an dernier que l'annulation des deux projets avait coûté 230 millions de dollars en ruptures de contrat, notamment. Les partis d'opposition affirment que le montant est beaucoup plus élevé.

L'opposition soutient par ailleurs que le gouvernement a annulé les projets à Oakville et à Mississauga respectivement avant et durant la dernière campagne électorale, pour sauver les sièges de députés libéraux.

La nouvelle première ministre, Kathleen Wynne, est à la tête d'un gouvernement minoritaire. Les conservateurs ont déjà fait savoir qu'ils voteraient contre le discours du Trône. Selon le PC, il est temps de déclencher des élections. Le NPD a offert son soutien aux libéraux pour l'instant. Mais, selon plusieurs observateurs, les Ontariens retourneront aux urnes au printemps, après le dépôt du budget, soit moins de deux ans après le dernier scrutin.

Motion d'outrage

Le gouvernement fait face à une nouvelle motion d'outrage à la législature de la part des conservateurs qui accusent les libéraux d'avoir tenté de cacher la vérité dans le dossier de l'annulation des deux projets de centrales.

La première ministre Wynne a affirmé, jeudi, que ce retard dans le dévoilement de documents était « malheureux », mais qu'il s'agissait d'un « processus en cours ». Elle a expliqué durant la période des questions qu'il était question de documents électroniques, plus difficiles à identifier qu'une boîte de rapports, par exemple.

La chef du NPD, Andrea Horwath, a répondu que le gouvernement n'avait plus aucune crédibilité à ce sujet. « Pourquoi les Ontariens devraient-ils vous croire maintenant? », a-t-elle demandé. Mme Horwath a redemandé une enquête publique dans le dossier.

La députée conservatrice Christine Elliott a affirmé que la situation était « outrancière » et que le gouvernement avait affirmé faussement à deux autres reprises dans le passé que tous les documents avaient été rendus publics. Les conservateurs demandent des élections.

Le président de l'Assemblée législative avait accepté, mercredi, de ressusciter la motion d'outrage à la législature contre les libéraux. Une motion similaire avait été annulée à la suite de la prorogation des travaux à l'Assemblée législative, en octobre dernier, par le premier ministre démissionnaire, Dalton McGuinty. Les partis d'opposition l'avaient accusé à l'époque de tenter d'étouffer un scandale.

Un comité parlementaire doit maintenant débattre de la motion conservatrice.

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