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Encadrer le développement

Certaines grandes propriétés ont vu sur le fleuve

Certaines grandes propriétés ont vu sur le fleuve

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Dans l'optique de définir des balises claires pour encadrer d'éventuelles interventions sur le site patrimonial de Sillery, le ministère de la Culture et des Communications a déposé au début de février son projet de Plan de conservation visant à protéger le secteur dont le développement fait l'objet de controverses.

Des promoteurs souhaitent développer des parcelles de terrains acquises aux mains de congrégations religieuses, tandis que des citoyens réclament la conservation des lieux intacts en raison de leur valeur patrimoniale et historique.

Les communautés religieuses établies à Sillery dès la fin du XIXe siècle y ont peu à peu construit des couvents, chapelles, monastères et préservé ces sites exceptionnels. Or, plusieurs communautés vieillissantes n'ont plus les moyens de conserver ces sites, rappelle Tania Martin professeure à l'École d'architecture de l'Université Laval et titulaire de la Chaire de recherche en patrimoine religieux bâti.

« C'est un parc immobilier qui demande trop de gestion pour les communautés là où elles sont rendues. Il n'y a presque pas de recrutement, du moins pas pour les communautés apostoliques, et elles [les communautés] constatent qu'elles doivent subvenir aux besoins de leurs membres. »

Tania Martin, titulaire de la Chaire de recherche en patrimoine religieux bâtiAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Tania Martin, titulaire de la Chaire de recherche en patrimoine religieux bâti

« Si elles vendent, c'est d'une part pour avoir les liquidités afin de pouvoir remplir les obligations qu'elles ont envers leurs membres, d'autre part, il y a beaucoup de communautés religieuses qui ont des oeuvres ailleurs dans le monde et c'est là où est le besoin », explique Mme Martin.

Sentiment d'appropriation

Mais les citoyens qui se sont vu accorder avec le temps un droit de passage sur ces terres se sentent un peu comme les héritiers de ces grands domaines.

« Ils ont déjà eu un droit de passage informel. Les citoyens ont souvent une conception que c'est eux qui ont payé les bâtiments, les propriétés, etc. qui est fausse en fait. Ils ont peut-être exonéré certaines taxes pour que les communautés puissent faire leur oeuvre sachant que ce sont des organismes charitables, mais c'est les communautés religieuses qui ont eu à aller chercher l'argent pour se construire, pour acquérir les propriétés », mentionne Mme Martin.

« Des gens leur ont fait des dons, elles ont fait des levées de fonds, ont vendu des propriétés ailleurs pour en acheter de nouvelles. Je pense qu'il y a comme une incompréhension à ce niveau-là, sur quel est le vrai titre de propriété. Mais il y a le sentiment d'appropriation qui est là », poursuit-elle.

Des résidents du secteur s'opposent aux projets des promoteursAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des résidents du secteur s'opposent aux projets des promoteurs

Pour les résidents, la solution passe par la création d'un parc qui se prolongerait jusqu'aux plaines d'Abraham. Le gouvernement devrait pour ce faire acheter les terrains vendus aux promoteurs privés.

Les investisseurs font quant à eux valoir que les projets développés dans le respect des particularités du site préserveront la beauté du secteur et favoriseront la revitalisation.

Consultations

Citoyens et promoteurs auront la possibilité de s'exprimer lors des consultations sur le Plan de conservation du site patrimonial de Sillery qui s'amorcent le 20 février.

Le document vise à permettre la protection des terrains tout en encadrant une forme de développement. L'analyse des prochaines demandes d'autorisation seront faites en fonction des orientations du Plan de conservation. Ce dernier remplacera le Cadre de gestion pour les grandes propriétés de l'arrondissement historique de Sillery publié en 2010.

Le Plan de conservation du site patrimonial de Sillery devrait être finalisé au cours de l'été, à la suite des consultations publiques.

Le site patrimonial de Sillery s'étend sur un territoire de 3,5 km surplombant le fleuve Saint-Laurent sur lequel sont réparties des propriétés résidentielles et institutionnelles, de même que plusieurs boisés. Le secteur abrite aussi plusieurs sites archéologiques témoins de l'histoire.

En tout, 350 bâtiments se trouvent sur le site, notamment de grands ensembles conventuels. Les Soeurs de Sainte-Jeanne-d'Arc et les Pères Assomptionnistes y sont toujours établis.
Les religieuses de Jésus-Marie et la Fédération des Augustines, pour leur part, ont vendu une partie de leurs terrains tandis que les Soeurs Notre-Dame-d'Afrique ont vendu leurs propriétés ancestrales, un secteur maintenant appelé le Domaine Benmore.

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