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Le projet de la Onzième chute abandonné

La Onzième chute de la rivière Mistassini

La Onzième chute de la rivière Mistassini

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La ministre québécoise des Ressources naturelles, Martine Ouellet, met fin au programme de petites centrales hydroélectriques de 50 MW et moins et annule six projets, dont celui de la Onzième chute de la rivière Mistassini. Le projet de minicentrale hydroélectrique à Val-Jalbert est épargné.

Les projets touchés par la décision de Québec sont ;

  • Chute Sainte-Anne;
  • Chute du Six Milles;
  • Chute du Quatre Milles;
  • Centrale Saint-Gabriel;
  • Onzième chute;
  • Barrage B Manouane Sipi.

Ces projets étaient à un stade préliminaire de réalisation.

« Dans un contexte actuel de surplus énergétique, Hydro-Québec économisera 24 millions de dollars chaque année grâce à cette décision. C'est donc l'ensemble des Québécois qui seront gagnants en évitant des pertes importantes », affirme la ministre, dans un communiqué, mardi.

La ministre précise que des discussions seront entamées avec les promoteurs concernés pour déterminer les indemnisations appropriées en fonction de l'état d'avancement des projets et des dépenses effectuées.

Le gouvernement entend aussi consulter les municipalités et les communautés concernées pour tenter de trouver de nouveaux projets de développement économique, peut-on lire dans le communiqué du ministère.

La ministre déléguée aux Affaires autochtones, Élizabeth Larouche, dit de son côté être consciente des répercussions sur les communautés autochtones liées à ces projets et affirme vouloir trouver des solutions satisfaisantes pour tous.

Déception au Lac-Saint-Jean

Le préfet de la municipalité régionale de comté (MRC) Maria-Chapdelaine, Jean-Pierre Boivin, est très déçu de la décision de Québec.

Le projet de la Onzième chute, de 55 millions de dollars, devait générer des revenus bruts de 128 millions de dollars sur 20 ans dans les communautés du nord du Lac-Saint-Jean.

« Il y avait des règles du jeu en partant, déplore M. Boivin. On a répondu aux appels d'offres. On a investi de l'argent. C'est sûr et certain qu'on va demander le remboursement de ces sommes-là et on va demander également des compensations pour l'argent qui ne retombera pas dans le milieu. »

La Société de l'énergie communautaire du Lac-Saint-Jean a investi 2 millions de dollars pour préparer le projet qui devait être soumis à l'examen du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement, ce printemps.

Le préfet de Maria-Chapdelaine croit que le mouvement d'opposition au projet de minicentrale à Val-Jalbert est à l'origine de la décision gouvernementale.

La FQM consternée

Cette décision est accueillie avec « consternation » par la Fédération québécoise des municipalités (FQM) qui lance un appel au gouvernement du Québec pour « qu'il se ressaisisse et revienne sur sa décision afin d'éviter de laisser tomber les nombreuses communautés qui ont investi temps et argent dans des projets ».

Pour la FQM, la filière de la petite hydraulique est « particulièrement prometteuse, car elle offre la possibilité aux communautés de prendre en charge leur développement en misant sur une ressource propre et renouvelable présente sur leur territoire ».

Pour Bernard Généreux, le président de la FQM, la décision gouvernementale est « injustifiée » particulièrement pour les six projets.

Par ailleurs, la FQM envisage de participer aux consultations sur la Politique énergétique afin de « porter les revendications légitimes de ses membres en faveur du développement énergétique communautaire ».

La CAQ satisfaite

Pour sa part, la Coalition avenir Québec (CAQ) accueille favorablement la décision du gouvernement de Pauline Marois. Toutefois, le député François Bonnardel a « exigé » que le projet de Val-Jalbert fasse partie des projets annulés.

« Sur les sept projets de minicentrales, seul celui de Val-Jalbert est maintenu. Tout le monde sait que Bernard Généreux, qui a accepté de se présenter pour le PQ dans une circonscription difficile aux dernières élections, pousse pour que se réalise ce projet depuis plusieurs années [...] Les Québécois n'ont pas à faire les frais d'une récompense politique », a déclaré M. Bonnardel.

La ministre Martine Ouellet a expliqué qu'en raison de l'avancement du projet de Val-Jalbert a conduit à son maintien.

Québec solidaire aussi

Allant dans le même sens que la CAQ, Québec solidaire s'est réjoui de la décision, mais interpelle le gouvernement pour qu'il aille dans le même sens pour le projet de la centrale de Val-Jalbert.

« J'appelle le gouvernement à être cohérent et courageux : il doit suspendre ce projet de Val-Jalbert également », a réagi Françoise David.

Par ailleurs, Québec solidaire s'interroge sur « ce qui a mené Hydro-Québec à prendre une série de décisions irrationnelles pour maintenir ces projets non rentables coûte que coûte sous le régime libéral ».

Enfin Québec solidaire souhaite que la commission Charbonneau « se penche sur les activités d'Hydro-Québec, particulièrement la gestion des contrats d'approvisionnement ».

Une bonne nouvelle pour Nature Québec

« L'abandon par Québec du soutien à la création de minicentrales hydrauliques est une bonne nouvelle. Dans un contexte de surplus énergétique, où l'énergie produite coûtait beaucoup plus cher aux Québécois que ce qu'elle rapportait », a déclaré Christian Simard, directeur général de Nature Québec.

Cependant, M. Simard estime qu'il faut « repenser le soutien au développement pour les régions du Québec ».

À l'instar de la CAQ et de Québec solidaire, Nature Québec demande au gouvernement de revoir sa décision de maintenir le projet de Val-Jalbert.

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