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Projet de centrale Manouane Sipi : la députée Julie Boulet exige que le projet soit maintenu

Projet de petite centrale hydroélectrique Manouane Sipi

Projet de petite centrale hydroélectrique Manouane Sipi

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La ministre québécoise des Ressources naturelles, Martine Ouellet, met fin au programme de petites centrales hydroélectriques de 50 MW et moins et annule six projets, dont celui du Barrage B Manouane Sipi, en Haute-Mauricie.

Dans un communiqué diffusé mardi après-midi, la députée libérale de Laviolette, Julie Boulet, trouve inacceptable que le gouvernement Marois mette fin au projet de minicentrale dans le haut Saint-Maurice.

L'ancienne ministre libérale rappelle que le projet de 20 mégawatts devait rapporter plus de 212 millions de dollars en 40 ans pour la ville de La Tuque ainsi que la communauté autochtone de Wemotaci.

Julie Boulet estime « que le gouvernement péquiste fait preuve d'un profond manque de respect envers ces populations, qui attendaient impatiemment la réalisation de ce grand projet ».

De son côté, la Ville de La Tuque a convoqué un point de presse demain au sujet de l'annonce de l'annulation du projet Manouane Sipi. Le maire Normand Beaudoin a refusé de réagir à la nouvelle d'ici la rencontre de demain.

Projet évalué à 95 millions de dollars

Les coûts du projet de barrage hydroélectrique situé près de Wemotaci étaient évalués à 95 millions de dollars. L'étude de faisabilité du projet a été présentée l'automne dernier.

Les retombées économiques du projet pendant la construction étaient évaluées à 40 millions de dollars avec la création de 125 emplois. Les coûts et les profits auraient été partagés à parts égales entre la Ville et les communautés attikameks de La Tuque.

Six projets touchés

Les projets touchés par la décision de Québec sont ;

  • Chute Sainte-Anne,
  • Chute du Six Milles,
  • Chute du Quatre Milles,
  • Centrale Saint-Gabriel,
  • Onzième chute,
  • Barrage B Manouane Sipi.

Ces projets en étaient au stade préliminaire de leur réalisation.

Le projet de minicentrale hydroélectrique à Val-Jalbert est épargné.

« Dans un contexte actuel de surplus énergétique, Hydro-Québec économisera 24 millions de dollars chaque année grâce à cette décision. C'est donc l'ensemble des Québécois qui seront gagnants en évitant des pertes importantes », affirme la ministre dans un communiqué, mardi.

La ministre précise que des discussions seront entamées avec les promoteurs concernés pour déterminer les indemnisations appropriées en fonction de l'état d'avancement des projets et des dépenses effectuées.

Le gouvernement entend aussi consulter les municipalités et les communautés concernées pour tenter de trouver de nouveaux projets de développement économique, peut-on lire dans le communiqué du ministère.

La ministre déléguée aux Affaires autochtones, Élizabeth Larouche, dit de son côté être consciente des répercussions de ces projets sur les communautés autochtones et elle affirme vouloir trouver des solutions satisfaisantes pour tous.

La FMQ consternée

Cette décision est accueillie avec « consternation » par la Fédération québécoise des municipalités (FQM). Cette dernière lance un appel au gouvernement du Québec pour « qu'il se ressaisisse et revienne sur sa décision afin d'éviter de laisser tomber les nombreuses communautés qui ont investi temps et argent dans des projets ».

Selon la FQM, la filière de la petite hydraulique est « particulièrement prometteuse, car elle offre la possibilité aux communautés de prendre en charge leur développement en misant sur une ressource propre et renouvelable présente sur leur territoire ».

Pour Bernard Généreux, le président du FMQ, la décision gouvernementale est « injustifiée », particulièrement pour les six projets. 

Par ailleurs, la FMQ envisage de participer aux consultations sur la Politique énergétique afin de « porter les revendications légitimes de ses membres en faveur du développement énergétique communautaire ».

La CAQ satisfaite

Pour sa part, la Coalition avenir Québec (CAQ) accueille favorablement la décision du gouvernement de Pauline Marois. Toutefois, le député François Bonnardel a « exigé » que le projet de Val-Jalbert fasse partie des projets annulés.

« Sur les sept projets de minicentrales, seul celui de Val-Jalbert est maintenu. Tout le monde sait que Bernard Généreux, qui a accepté de se présenter pour le PQ dans une circonscription difficile aux dernières élections, pousse pour que se réalise ce projet depuis plusieurs années [...] Les Québécois n'ont pas à faire les frais d'une récompense politique », a déclaré M. Bonnardel. 

La ministre Martine Ouellet a expliqué que c'était l'avancement du projet de Val-Jalbert qui avait conduit à son maintien.

Québec solidaire aussi

Allant dans le même sens que la CAQ, Québec solidaire s'est réjoui de la décision, mais il interpelle le gouvernement pour qu'il aille dans le même sens pour le projet de la centrale de Val-Jalbert.

« J'appelle le gouvernement à être cohérent et courageux : il doit suspendre ce projet de Val-Jalbert également », a lancé Françoise David.

Par ailleurs, Québec solidaire s'interroge sur « ce qui a mené Hydro-Québec à prendre une série de décisions irrationnelles pour maintenir ces projets non rentables coûte que coûte sous le régime libéral ».

Enfin, Québec solidaire souhaite que la commission Charbonneau « se penche sur les activités d'Hydro-Québec, particulièrement la gestion des contrats d'approvisionnement ».

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