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Pour ne pas oublier Haïti

Yannis Roy

Yannis Roy

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

STONEHAM - À 10 h lundi, Yannis Roy reprendra le boulot comme si de rien n'était. Pendant que les planchistes mettront le cap sur Blue Mountain pour la prochaine épreuve de snowboard cross, l'ingénieur en informatique continuera à développer des applications pour Apple et Androïd.

Un texte de Manon Gilbert

Ses premiers Championnats du monde de surf des neiges nourriront ses pensées. Surtout qu'il y a moins d'un mois, Stoneham ne faisait pas vraiment partie de ses plans.

Mais pour aider Haïti, son pays d'origine où il n'a jamais mis les pieds, le Français a décidé de se lancer... advienne que pourra.

« Le pays a du mal à se relever. Le but, c'est d'en parler positivement, dit-il. Mon oncle a fondé la Fédération haïtienne de ski, il a représenté le pays aux Championnats du monde à 49 ans, je me suis dit : pourquoi pas moi? »

Son oncle, c'est Jean-Pierre. Il a terminé 78e du slalom et 127e du slalom géant à Garmisch-Partenkirchen en 2011. Et il sera à Schladming, en Autriche, au début février.

Yannis, lui, ne participera pas aux finales du snowboard cross samedi. Il y a deux jours, il a fini 60e et dernier sur les concurrents classés. Il sera cependant présent pour encourager les « vrais champions ».

« C'était un plaisir de descendre, mais ça faisait toujours aussi peur. Je l'ai fait avec le sourire. J'ai passé la ligne d'arrivée, c'était le but, et j'ai montré le drapeau. C'est que du bonheur, il n'y a plus de pression. J'espère que les gens retiendront qu'Haïti, ce sont des champions en snowboard. »

Sa descente, il l'a qualifiée de parfaite. Après tout, il s'est tenu debout, ce qui n'avait pas été le cas à l'entraînement. Puis, il a franchi l'arrivée un chrono (1:56,81) moins de deux fois plus lent que le meneur, l'Australien Alex Pullin. Même qu'à sa seconde descente, il a retranché trois secondes à son temps.

« C'est un sport que j'adore, même si je ne suis pas très bon. Ça me fait plaisir de le pratiquer pour une bonne cause. »

Sotchi, un objectif surréaliste

Avant de s'amener à Stoneham, Roy n'avait que deux courses sous la planche, une de la Fédération internationale de ski (FIS) et une Coupe d'Europe à Puy-Saint-Vincent il y a deux semaines. Et il n'y avait pas fini dernier!

« C'était plus de mon calibre. Ici, je n'ai pris aucun saut! »

Le Canadien Rob Fagan, lui, trouvait tout ce cirque un peu ridicule. « Le bobsleigh a eu les Jamaïcains. Nous, nous, avons les Haïtiens », a déclaré le Britanno-Colombien de 36 ans.

Âgé de 25 ans, Roy a commencé à pratiquer le surf des neiges il y a une dizaine d'années. Comme il habite à Sevran, une banlieue parisienne, les voyages à la montagne se faisaient rares. Une ou deux semaines par année selon le budget de ses parents.

À Stoneham, son oncle et lui ont défrayé les coûts du voyage. Environ 2000 $ chacun. Pas besoin de dire qu'il ne bénéficie pas des conseils d'un entraîneur, si ce n'est ceux de son oncle.

Roy entend bien faire une autre course dans quelques semaines, question de « prendre un peu de métier ». Une autre compétition l'intéresse aussi : les Jeux olympiques de Sotchi.

Sauf que la marche est pas mal plus haute. Pour Stoneham, il n'avait à satisfaire à aucun critère de performance.

« Au niveau du temps, ça me demanderait un travail trop important pour que je puisse me qualifier. Si j'ai l'occasion, je serais ravi de le faire. Les Jeux olympiques, c'est grand et, pour l'image, ça pourrait servir. »

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