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Phoenix Sinclair : un signalement de mars 2005 sous la loupe de l'enquête publique

L'ex-employée des Services à l'enfant et à la famille du Manitoba Jacki Davidson témoigne à l'enquête publique sur la mort de Phoenix Sinclair, le 14 janvier 2014 à Winnipeg.

Jacki Davidson témoigne devant la commission d'enquête du juge Ted Hugues lundi.

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Devant la commission d'enquête chargée d'élucider la mort d'une pupille de l'État à l'été 2005, une ex-employée des services sociaux manitobains a détaillé lundi les raisons pour lesquelles elle n'a pas recommandé d'intervention immédiate après avoir reçu un signalement pourtant troublant au sujet de l'enfant quelques mois plus tôt.

Les derniers contacts qu'ont eus les Services à l'enfant et à la famille du Manitoba (CFS) avec la famille de la petite Phoenix Sinclair avant qu'elle ne soit tuée en juin sont scrutés par l'enquête publique sur sa mort, cette semaine à Winnipeg.

Lundi, la commission a tout d'abord entendu Jacki Davidson, qui travaillait pour l'agence des CFS de Winnipeg, au centre de réception des appels effectués en dehors des heures normales de travail.

Aujourd'hui retraitée, Mme Davidson a reçu en mars 2005 un signalement de la part de la « source numéro 7 », une personne venue témoigner jeudi dernier et dont l'identité est protégée par la commission d'enquête. La source 7 travaillait pour les services sociaux et était l'ancien parent d'accueil de la « source 6 », un ami de Samantha Kematch, mère de Phoenix.

Selon les instructions de la Commission, l'identité de certains témoins doit être protégée. La Commission va jusqu'à interdire la divulgation du genre des témoins ainsi protégés.

La source 6 a raconté durant son témoignage mercredi dernier les détails sordides de ce qu'elle a rapporté à son ancien parent d'accueil, à savoir que la fillette était la victime de terribles sévices physiques et sexuels.

Les signalements devaient être faits de source première

Mme Davidson a expliqué lundi qu'elle était réticente à considérer sérieusement le signalement, car il s'agissait d'informations relayées par une tierce personne. Elle a indiqué avoir essayé d'expliquer à son interlocuteur qu'elle devait entendre les informations de la bouche de la source principale.

La source 6 a témoigné la semaine dernière pour dire qu'elle souhaitait dénoncer la manière dont Mme Kematch traitait sa fille et croyait que le signalement bénéficierait de la crédibilité de son parent d'accueil, employé par les services sociaux.

Il n'était pas rare de recevoir des appels anonymes, selon Mme Davidson. La source 7 lui a rapporté que Mme Kematch avait enfermé sa fille dans sa chambre et verrouillé la porte, un comportement courant qui ne méritait pas une intervention d'urgence selon elle.

Mme Davidson n'avait toutefois pas compris que la mère enfermait sa fille et quittait l'appartement. Elle a recommandé qu'un travailleur social se rende au domicile de la famille dans les 24 heures.

Tentative pour voir Phoenix avant son départ

Richard Buchowski témoigne à l'enquête publique sur la mort de Phoenix Sinclair, le 14 janvier 2013 à Winnipeg.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Richard Buchowski a affirmé durant son témoignage lundi s'être rendu à deux reprises à l'immeuble de la famille de Phoenix Sinclair à Winnipeg, sans pouvoir y entrer.

Ce travailleur social, Richard Buckowski, a relaté durant son témoignage lundi après-midi s'être rendu deux fois à l'immeuble de la rue McGee, sans pouvoir y entrer, le 7 mars 2005. Il a ensuite transféré le dossier pour un suivi, mais le dossier a été rejeté.

M. Buchowski a affirmé à l'avocat de la commission qui l'interrogeait, Derek Olson, qu'il pouvait reconnaître les signes de sévices sexuels commis à l'endroit d'un enfant. Il n'avait qu'à utiliser des entrevues ou des rapports médicaux, ou à observer les comportements de l'enfant, comme la « masturbation excessive ».

C'est ce genre de comportements que la source 6 a rapporté la semaine dernière.

Plus tard en 2005, la mère et le beau-père de Phoenix Sinclair ont quitté Winnipeg et sont allés vivre dans la réserve de Fisher River, à 150 km de là. À l'été, la fillette est morte à l'âge de cinq ans. Son corps a été retrouvé en mars 2006. Sa mère et son beau-père ont été condamnés à la prison à vie en 2008 pour son meurtre prémédité.

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