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La charge de travail a nui au suivi adéquat du dossier de Phoenix Sinclair

La petite Phoenix Sinclair a été tuée par sa mère, Samantha Kematch, et son compagnon, Karl McKay, en 2006.

La petite Phoenix Sinclair a été tuée par sa mère, Samantha Kematch, et son compagnon, Karl McKay, en 2006.

Photo : Commission d'enquête

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le témoignage d'une travailleuse sociale à l'enquête publique sur la mort de Phoenix Sinclair laisse entendre que la charge de travail au sein des Services à l'enfant et à la famille de Winnipeg a possiblement affecté la gestion du dossier de la petite en 2004.

Devant la commission d'enquête à Winnipeg, Tracy Forbes a témoigné lundi du manque de personnel qui affligeait son service. Selon celle qui était membre de l'équipe des services d'accueil centraux des Services à l'enfant et à la famille (CFS) de Winnipeg de 2001 à 2007, il manquait 50 % du personnel de son équipe à l'époque où Phoenix Sinclair était sous la garde de l'État.

Tracy Forbes témoigne à la commission d'enquête sur les circonstances entourant la mort de la jeune Phoenix Sinclair, le 17 décembre 2012.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Tracy Forbes a pris en main le dossier de Phoenix Sinclair en mai 2004. Elle a rencontré la mère de la fillette en juillet et a ensuite fait passer le niveau de risque de négligence auquel l'enfant faisait face d'élevé à faible.

Mme Forbes a soutenu que son service exécutait, avec trois employés, ce qui aurait dû être fait par six personnes. En raison de cela, elle travaillait durant ses heures de pause, finissait tard et rapportait du travail chez elle les soirs et week-ends, a-t-elle exposé.

La travailleuse sociale a été affectée à la vérification du bien-être de Phoenix Sinclair en mai 2004. La dernière évaluation au dossier indiquait alors que Phoenix Sinclair était une enfant à « risque élevé » d'être négligée. Mme Forbes a abaissé ce niveau de risque à « faible » en juillet, après une visite au domicile de la mère de l'enfant, Samantha Kematch.

La commission a entendu précédemment que l'enfant avait auparavant été confiée aux soins d'amis de la famille, avec l'ordre exprès de ne pas la confier à ses parents. Mme Kematch a tout de même repris l'enfant, ce qu'ignoraient les CFS avant qu'un agent du Programme d'aide à l'emploi et au revenu du Manitoba ne les prévienne que la mère tentait de faire augmenter ses prestations en déclarant sa fille comme enfant à charge.

Pas de suivi sur « Wes »

Le 13 mai, Mme Forbes s'est rendue à l'adresse qu'elle détenait comme lieu de résidence de Mme Kematch. Un homme s'est présenté à elle comme étant « Wes » et lui a fait savoir que la mère et l'enfant n'étaient pas là.

La travailleuse sociale l'ignorait à l'époque, mais il s'est avéré que cet homme était Karl Wesley McKay, le petit ami de Mme Kematch qui, tout comme elle, sera plus tard reconnu coupable du meurtre prémédité de l'enfant.

Après plusieurs appels et visites infructueux, Mme Forbes a finalement rencontré la famille en juillet. L'appartement semblait en bon état, l'enfant paraissait être en bonne santé, et la mère niait consommer de la drogue, a affirmé Mme Forbes. Celle-ci a donc abaissé le niveau de risque à « faible ».

Faute de temps, elle ne s'est toutefois pas renseignée sur Karl McKay. Elle aurait alors pu découvrir le lourd passé de violence conjugale, de consommation d'alcool et d'appréhension d'enfant de l'homme. La travailleuse sociale a assuré lundi que de savoir de telles informations à l'époque n'aurait pas nécessairement fait en sorte que le dossier de Phoenix serait demeuré ouvert. Elle n'aurait pas pu non plus en discuter avec la mère de Phoenix, pour des raisons de confidentialité.

Phoenix Sinclair est morte de sévices en 2005, mais son absence n'a pas été remarquée des services sociaux avant neuf mois.

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