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Greenpeace accuse Produits forestiers Résolu de violer l'Entente sur la forêt boréale canadienne

Greenpeace accuse Produits forestiers Résolu de violer l'Entente sur la forêt boréale canadienne
Radio-Canada

Le groupe écologiste Greenpeace relance les hostilités contre Produits forestiers Résolu (PFR) et accuse l'entreprise de couper du bois dans le massif des montagnes Blanches, au nord du Lac-Saint-Jean.

Ce secteur est protégé en vertu de l'Entente sur la forêt boréale canadienne, signée en 2010 par neuf groupes environnementaux et 21 entreprises. Greenpeace a décidé de se retirer de l'entente.

Selon le directeur de Greenpeace pour le Québec, Nicolas Mainville, PFR a construit 20 kilomètres de chemins forestiers et déboisé trois sites pour ouvrir d'autres routes dans le massif, qui est un habitat du caribou forestier.

« Résolu a violé l'Entente sur la forêt boréale en autorisant la construction de chemins forestiers dans les zones sous moratoire, explique-t-il. Il faut comprendre que dans l'ensemble des montagnes Blanches, il y a des zones où il y avait permission de certaines activités dans certains secteurs, mais Résolu est allé à l'extérieur de ces zones-là et a violé le moratoire. »

Greenpeace a mis en ligne une vidéo intitulée RésoluMent. Le groupe écologiste ne précise pas si d'autres coups d'éclat seront faits dans les mois qui viennent pour protester contre l'attitude de l'entreprise.

Un autre groupe écologiste, l'Initiative boréale canadienne, donne raison à Greenpeace. Cependant, la porte-parole de l'organisme, Suzanne Méthot, croit que Greenpeace déterre la hache de guerre trop rapidement. « On est entré dans un processus de médiation, dit-elle. Si on n'y croyait pas, on en serait à déchirer l'entente, mais ce n'est pas notre évaluation aujourd'hui. »

Produits forestiers Résolu réagit

Le porte-parole de Produits forestiers Résolu, Pierre Choquette, reconnaît que l'entreprise ouvre des chemins forestiers en collaboration avec le gouvernement du Québec. Il affirme toutefois que les prétentions de Greenpeace ne sont pas fondées.

« Il faut être bien clair, dit-il. Il n'y a aucun des territoires dont Résolu à la charge dans lequel il y a des opérations qui contreviennent à l'entente qui date de 2010. »

Pierre Choquette ajoute que l'entreprise détient la certification environnementale du Forest Stewardship Council (FSC).

Produits forestiers Résolu ne sait pas quels seront les effets de la campagne de Greenpeace. Le porte-parole souligne que l'entreprise continue de travailler avec les huit autres groupes écologistes toujours présents dans l'entente.

Craintes au Saguenay-Lac-Saint-Jean

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, le représentant régional de la FTQ Jean-Marc Crevier rappelle que la campagne de boycottage de Greenpeace, en 2007, avait fait mal à Produits forestiers Résolu. Il craint que ce soit encore le cas cette fois-ci.

« S'ils font une campagne à l'international concernant le caribou, ça va faire pas mal plus mal que de faire une campagne sur une norme parce que le caribou, ça touche le caribou », croit M. Crevier.

Le préfet de la municipalité régionale de comté (MRC) Maria-Chapdelaine, Jean-Pierre Boivin, partage son inquiétude. « Si le gouvernement cédait aux pressions de Greenpeace et cédait du territoire de coupe, ça va se traduire par des pertes d'emplois », déplore-t-il.

Les deux représentants régionaux soutiennent qu'il est possible de protéger la faune, sans trop sacrifier l'économie.

Saguenay–Lac-St-Jean

Environnement