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Phoenix Sinclair : la question de la prise de notes prend de l'ampleur

La petite Phoenix Sinclair a été tuée par sa mère, Samantha Kematch, et son compagnon, Karl McKay, en 2006.

La petite Phoenix Sinclair a été tuée par sa mère, Samantha Kematch, et son compagnon, Karl McKay, en 2006.

Photo : Commission d'enquête

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La consignation des dossiers par les travailleurs sociaux du Manitoba, la réglementation de leur profession et leur charge de travail semblent de plus en plus devenir les points cruciaux à considérer dans l'enquête publique sur la mort de Phoenix Sinclair. La fillette a été retrouvée morte à l'âge de cinq ans, après avoir passé la majeure partie de sa vie sous la protection de l'État.

Devant la commission d'enquête lundi à Winnipeg, Heather Edinborough, une ancienne superviseure des Services à l'enfant et à la famille du Manitoba (CFS) a soutenu que les travailleurs font du bon travail malgré leur importante charge de travail.

Elle a toutefois réitéré qu'elle regrettait qu'elle et une travailleuse sociale n'aient pas été plus attentives aux problèmes de dépendance à l'alcool de Steve Sinclair, le père biologique de la jeune pupille de l'État retrouvée morte en 2006.

La Commission a entendu le mois dernier que les CFS ont retiré la garde de l'enfant à son père en juin 2003, après que plusieurs travailleurs sociaux ayant rendu visite à l'homme dans la même journée eurent constaté ses facultés affaiblies.

« Si chacun [des travailleurs sociaux] avait moins de dossiers, ils pourraient définitivement mieux connaître leurs clients. Ils pourraient savoir à quel point les problèmes évoqués dans les dossiers sont graves ou non », a-t-elle déclaré devant la commission.

Selon elle, M. Sinclair aurait dû subir une évaluation psychiatrique. À l'époque du retrait de l'enfant, elle a spécifiquement assigné le dossier à un travailleur social autochtone, dans l'espoir de surmonter la « résistance » dont faisait preuve M. Sinclair. Toutefois, le travailleur social, Stan Williams, a pris très peu de notes de ces interventions et il est mort en 2009.

Le titre de travailleur social doit être réglementé, exige l'Ordre

Par ailleurs, la chef du personnel et registraire de l'Ordre des travailleurs sociaux du Manitoba regrette qu'il ait fallu l'histoire d'une pupille de l'État maltraitée et tuée, ainsi qu'une enquête publique sur l'affaire pour mettre en lumière les difficultés vécues dans la profession.

La Commission d'enquête a mis en évidence des problèmes de formation, de normes et pratiques, de prises de notes et de consignation de données.

La question de la prise de note et de la conservation des dossiers s'est même transportée jusqu'à l'Assemblée législative lundi. La ministre responsable des CFS, Jennifer Howard, a affirmé qu'il n'existait aucune preuve que des documents avaient été détruits volontairement dans le dossier de Phoenix Sinclair.

En marge de la commission, la registraire Miriam Browne a souligné lundi, que les normes et pratiques, le code d'éthique et les lignes directrices éthiques de l'Ordre dictent clairement la marche à suivre, mais que cela s'applique uniquement aux travailleurs sociaux agréés.

« N'importe qui peut se dire travailleur social et ne pas enfreindre la loi », dit-elle.

Selon Mme Browne, le Manitoba tire de l'arrière par rapport au reste du Canada, en ce qui a trait à la réglementation de la profession. Une loi a été adoptée il y a trois ans pour réglementer le titre de travailleur social, mais cette loi n'est pas encore en vigueur.

Mme Browne doit comparaître comme témoin à la commission plus tard ce mois-ci.

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