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Avenir des églises: les municipalités font-elles partie de la solution?

L'avenir des églises

Les gestionnaires des églises rivalisent d'imagination pour augmenter leurs revenus avec des spectacles, des bingos ou encore la vente d'objets symboliques. D'autres estiment plutôt que les municipalités font partie de la solution.

La municipalité de Sainte-Luce vient de faire l'acquisition de l'église du village pour la somme d'un dollar. Le sous-sol sera réservé aux activités communautaires, alors que le rez-de-chaussée pourrait accueillir des bureaux d'affaires ou de services.

Le maire, Gaston Gaudreau, ne craint pas d'avoir à sa charge un si grand bâtiment. « Déjà, on en utilisait une bonne partie pour le milieu ou sur le plan communautaire et je pense que dans ce dossier-là, il fallait avoir une vision commune et une vision d'avenir », déclare-t-il.

Pour l'économe du diocèse de Rimouski, Michel Lavoie, la solution pour sauver les églises, c'est un partenariat avec les municipalités. « En vertu de la fiscalité municipale, dès qu'une église est fermée au culte, normalement, les taxes foncières arrivent. Si la Fabrique ne paye pas ses taxes, au bout de deux ans, il y a une vente de l'église », explique Michel Lavoie.

L'an dernier, plus des deux tiers des 104 églises du diocèse de Rimouski ont présenté un état financier déficitaire. Sept municipalités ont acheté leur église. D'autres sont en pourparler.

Je pense qu'il devrait y avoir des discussions entre les Fabriques et les municipalités pour regarder le problème, analyser et trouver des solutions communes.

Michel Lavoie, Économe du diocèse de Rimouski

L'organisation d'événements pour renflouer les coffres

À Val-Brillant, la Fabrique se tourne vers l'organisation de spectacles pour assurer son financement. Écran géant, caméra haute définition et éclairage de scène côtoient maintenant crucifix et ornements religieux.

« Les argents amassés au courant de l'année ne suffisent plus. Il faut essayer de trouver tous les moyens possibles pour nous amener des fonds, récupérer des argents pour l'entretenir et le garder ouvert », fait valoir le président de la Fabrique Saint-Pierre-du-Lac, Jean-Guy Boulianne.

L'église de Trois-Pistoles a aussi l'habitude de la tenue de diverses activités. Cet été, une partie du spectacle de Victor-Lévy Beaulieu y a été présentée. Cette église a cependant besoin de sérieuses réparations. Au total, 900 000 $ doivent être financés dans la communauté. Près de 40 000 $ ont été amassés avec la tenue de concerts.

« C'est beaucoup, mais comme c'est sur une période de cinq ans, on prétend qu'on va être capable de rencontrer notre objectif », affirme le président de la Fabrique Notre-Dame-des-Neiges, Réginald Gauvin.

Des défis importants

Ces projets reposent bien souvent sur une poignée de bénévoles et comme les paroissiens qui fréquentent leur lieu de culte, ils vieillissent. « Ce n'est pas facile parce que c'est toujours une réorganisation, une remise en question. Là on s'arrête, on est fatigué, un temps de repos et on recommence », explique Réginald Gauvin.

Il y a de l'essoufflement partout, dans toutes les paroisses. Un jour est-ce qu'on va être tous capable de tenir ça? On tient déjà ça à bout de bras!

Michel Lavoie, Économe du diocèse de Rimouski

En négociant avec les municipalités, les gestionnaires des Fabriques conservent un important avantage: ils peuvent plus facilement avoir un mot à dire sur la nouvelle vocation de leur ancienne église.

D'après le reportage de Jean-François Deschênes

Est du Québec

Société