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Bassin Peel du Yukon : développer ou protéger ?

Bassin hydrographique de la Peel, Yukon.

Le lac Goz dans le bassin hydrographique de la Peel, Yukon.

Photo : PWPC

Radio-Canada

Depuis près d'une décennie, le gouvernement du Yukon se penche sur le plan d'aménagement du bassin hydrographique de la Peel.

Ce territoire de 67 000 kilomètres carrés est reconnu pour son environnement à peine effleuré par la présence humaine et pour son importance patrimoniale et culturelle. Il est également riche en ressources renouvelables et non renouvelables.

La protection de l'environnement et l'exploitation des ressources n'étant pas toujours compatibles, le plan d'aménagement du bassin hydrographique de la Peel est un sujet de discussion et de dissensions pour les Yukonnais.

Les travaux de la Commission

Le plan d'aménagement régional du bassin hydrographique de la Peel est déposé par la Commission d'aménagement du bassin hydrographique de la Peel en juillet 2011 après sept années de travaux et de consultations. Ce plan, dont l'élaboration a coûté 1,6 million de dollars, propose la protection de 80 % du territoire.

Des élections territoriales ont eu lieu l'automne suivant. Tout au long de la campagne, le chef du Parti du Yukon, Darrel Pasloski, a évité de se prononcer sur l'avenir du bassin. Il a été reconduit au pouvoir lors des élections du 11 octobre 2011.

Un plan rejeté par le gouvernement territorial

En février 2012, le gouvernement de Darrel Pasloski a annoncé qu'il n'avait pas l'intention de protéger le bassin, malgré les recommandations de la commission.

« Il n'est pas question d'interdire l'activité minière sur un territoire plus grand que la Nouvelle-Écosse », a alors déclaré Brad Cathers, le ministre de l'Énergie, des Mines et des Ressources.

« Je suis atterré. Le gouvernement ne comprend pas le processus ou tente de passer outre le plan de la commission », a déclaré à l'époque David Loeks, le président de la Commission d'aménagement du basin de la rivière Peel.

Cette nouvelle a aussi fortement fait réagir plusieurs groupes de citoyens qui s'opposent au développement dans le bassin.

Le moratoire

En février 2010, le gouvernement du Yukon a imposé un moratoire d'un an sur le jalonnement dans le bassin hydrographique de la rivière Peel. Ce moratoire a été prolongé à plusieurs reprises et en août 2012 le gouvernement a annoncé qu'il serait maintenu jusqu'en mai 2013.

Le moratoire s'applique uniquement au jalonnement pour les minéraux sous-terrains. Les travaux sur les concessions minières existantes sont permis.

Le gouvernement du Yukon propose son propre plan

Au début octobre 2012, le gouvernement du Yukon dévoile son plan de gestion pour le bassin. Le plan protégerait 75 % du territoire, mais dans certains secteurs protégés, des activités d'exploitation seraient permises.

Le gouvernement annonce du même coup une nouvelle ronde de consultations publiques entourant le bassin de la rivière Peel, qui se termineront le 25 février 2013. Les consultations se font par la poste, sur Internet et lors de journées portes ouvertes.

Quelques jours après l'annonce du gouvernement, la rentrée parlementaire est marquée par une manifestation devant l'Assemblée législative du Yukon pour dénoncer le nouveau plan d'aménagement du bassin versant de la Peel.

Le rôle des Premières Nations

La planification de l'aménagement du territoire yukonais se fait sous l'égide de l'Accord-cadre définitif conclu en 1993 entre le Canada, le Yukon et le Conseil des Indiens du Yukon.

Selon cet accord, le plan adopté par le gouvernement du Yukon pour l'aménagement du bassin de la Peel devra être approuvé par les Premières Nations Na-cho Nyak Dun, Tetlit Gwich'in, Vuntut Gwitchin et Tr'ondëk Hwëch'in.

Ces Premières Nations jouent un rôle clef dans le cadre de la planification, car leur territoire est situé en partie ou en entier dans la zone du bassin hydrographique.

Ces Premières Nations étaient représentées parmi les membres de la Commission d'aménagement du bassin hydrographique de la Peel, dont le plan a été rejeté par le gouvernement territorial.

En novembre 2012, lors du Colloque des sciences de la terre qui a eu lieu à Whitehorse, le chef des Tr'ondëk Hwëch'in, Eddie Taylor, a mis en garde l'industrie minière après la présentation du plan du gouvernement pour le développement du bassin que le gouvernement territorial ne parlait pas au nom des Premières Nations.

Environnement