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Femmes autochtones disparues ou assassinées

Des Autochtones tiennent une veillée à la bougie en mémoire de femmes disparues (archives).

Des Autochtones tiennent une veillée à la bougie en mémoire de femmes disparues (archives).

Photo : La Presse canadienne / Chuck Stoody

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des centaines de femmes autochtones ont été portées disparues ou assassinées au cours des dernières décennies, tant dans des régions éloignées, qu'au coeur des grandes villes du pays.

Un rapport de 2009 de Statistique Canada révèle que les femmes autochtones sont trois fois plus susceptibles que les femmes non autochtones à déclarer être victimes de violence. Elles sont aussi surreprésentées à titre de victimes d'homicides.

Depuis l'été 2012, l'Assemblée des Premières Nations et d'autres groupes revendiquent une commission d'enquête nationale sur les femmes autochtones portées disparues ou assassinées. L'Assemblée estime que 600 d'entre elles ont connu ce sort au pays, au cours des deux dernières décennies.

En juin 2012, les chefs autochtones ont lancé un ultimatum au gouvernement fédéral, exigeant la mise en place d'une telle commission d'enquête, sans quoi un mouvement national serait déclenché.

Ils ont par la suite répété la requête à plusieurs reprises, notamment lors du Conseil de la fédération, à l'occasion d'une marche à Ottawa et lors d'une manifestation au Manitoba. Plus tard, des chefs de Premières Nations et des ministres provinciaux ont également participé à un sommet de deux jours sur le sujet.

Ottawa estime travailler à régler le problème en finançant une base de données qui permet aux autorités policières de partager des informations sur ces cas de femmes disparues ou assassinées.

Les provinces de l'Ouest ont quant à elles manifesté le désir de s'attaquer à la violence faite aux femmes autochtones lors d'une rencontre en 2011. Elles font toutefois valoir que des ressources y sont déjà allouées et que des initiatives ont cours au pays, comme des commissions d'enquête provinciales ou policières.

Enquête publique et policière en Colombie-Britannique

En Colombie-Britannique, la commission Oppal tente de comprendre pour quelles raisons les policiers de Vancouver n'ont pas réussi à arrêter plus tôt le tueur en série Robert Pickton, qui a sévi dans le quartier Downtown Eastside et dont bon nombre des victimes étaient Autochtones.

Elle s'intéresse également aux 18 femmes disparues ou assassinées le long de la route 16, surnommée la « route des larmes  », dans le nord de la province, entre Prince George et Prince Rupert.

Une enquête critiquée

Avant le début des audiences, la commission a essuyé plusieurs critiques, notamment en raison du refus du gouvernement de financer les frais juridiques d'organismes représentant les prostituées et les Autochtones. De nombreux organismes ont finalement boycotté les travaux qui ont dû être ajournés en raison de la démission de l'avocate représentant les intérêts des Autochtones.

Cette dernière n'appréciait pas la tournure de l'enquête qui a, selon elle, fait trop de place aux témoignages de policiers et pas suffisamment à ceux des proches des victimes.

Des Autochtones du même avis ont marqué le dernier jour de l'enquête publique en juin 2012 par une manifestation et une cérémonie autochtone.

Le commissaire Wally Oppal doit rendre son rapport au gouvernement quelques mois plus tard, à l'automne.

Parallèlement, le projet E-PANA enquête sur le meurtre de 15 femmes et la disparition de trois autres sur « l'autoroute des larmes », dans le nord de la Colombie-Britannique.

Enquêtes policières en Alberta et au Manitoba

L'Alberta compte aussi son lot de femmes autochtones victimes de violence. Le projet Kare, une unité policière, y enquête sur les personnes disparues qui mènent une vie jugée à haut risque. La brigade a notamment identifié les restes de Rene Lynn Gunning et Krystle Knott, retrouvées à Grande Prairie en 2011. Les jeunes Autochtones, originaires de Fort St-John en Colombie-Britannique, étaient disparues depuis 2005.

Au Manitoba, l'unité Project Devote avait d'abord pour mandat d'étudier 84 dossiers de femmes assassinées ou disparues dans la province, mais à partir de mai 2011, elle a concentré son travail sur 28 cas plus particuliers, dont un qui porte sur un homme.

Les travaux de l'équipe ont mené en juin 2012 à l'arrestation d'un homme pour les meurtres de Carolyn Sinclair, Lorna Blacksmith et Tanya Nepinak, trois jeunes femmes autochtones.

Un fléau qui mérite une enquête particulière

Shawn Atleo, le chef national de l'Assemblée des Premières Nations, souhaite qu'une enquête se penche sur les femmes autochtones seulement et qu'elle permette de faire la lumière sur la façon dont les corps policiers du pays ont mené leurs investigations sur les cas impliquant ces femmes.

Il souhaiterait aussi une analyse plus en profondeur des facteurs économiques et sociaux qui rendent les femmes autochtones plus susceptibles d'être victimes de violence.

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