•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Justice dans le Nord manitobain : l'attente plombe la confiance

Marteau

Marteau

Photo : ML

Radio-Canada

L'administration de la justice dans le nord du Manitoba prend tant de temps qu'elle mine la confiance du public dans le système, soutiennent des acteurs du monde judiciaire.

Un jeune de 18 ans, reconnu coupable d'agression alors qu'il en avait 17, explique être dans l'attente d'une audience de détermination de sa peine depuis le mois de mai. Il vient toutefois d'apprendre que sa prochaine comparution ne sera pas avant le Nouvel An.

« C'est frustrant, car chaque fois que je vois un policier, je me dis qu'il vient me prendre pour me jeter en prison. Je suis anxieux à leur endroit à cause de ça », raconte celui que l'on ne peut nommer, puisqu'il a été jugé quand il était mineur.

En attendant de connaître son sort, et d'avoir des nouvelles de son avocat auquel il n'a pas parlé depuis le renvoi de son affaire, ce jeune s'est inscrit à un programme de réinsertion.

Cela frise l'absurdité, puisqu'il ira ensuite en prison, croit Lois Cormier, une ancienne agente de probation devenue enseignante pour le programme communautaire de formation YouthBuild à Thompson.

Mme Cormier, également ex-membre de la Gendarmerie royale du Canada, s'inquiète surtout pour les victimes d'actes criminels.

« Quand ces causes s'étirent, cela vous amène presque à vous dire "Oublions ça! J'ai tellement attendu, je ne veux plus continuer" », dit-elle.

Se présenter au palais de justice et ne pas voir de juge

Le système judiciaire à Thompson est confronté à des défis uniques. Le territoire du nord de la province est immense et la prison la plus proche est à The Pas. Les détenus doivent donc être transportés chaque fois de leur cellule au palais de justice, sur une distance de 400 km.

En outre, des avocats de la défense à Thompson affirment que les salles d'audience sont parfois si remplies que certains accusés doivent rentrer chez eux sans même avoir parlé aux juges, pour revenir quelques semaines, voire des mois plus tard.

« Le problème n'est pas corrigé et ils [les accusés] perdent foi et intérêt dans le système de justice », expose l'avocat Tim Buzza.

Pour lui, les retards posent problème pour tous, qu'ils soient avocats, accusés, ou victimes.

Afin de résoudre une partie du problème, la Société du barreau du Manitoba a lancé un programme de prêt-subvention d'un maximum de 25 000 $ pour les étudiants en droit à l'Université du Manitoba qui viennent d'une région mal desservie et souhaitent y retourner.

D'autre part, un projet-pilote permet à des avocats et à leurs clients de se rencontrer par vidéoconférence lorsqu'ils ne peuvent le faire en personne.

D'après un reportage de Catherine Dulude

Manitoba

Justice et faits divers