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Thompson s'attaque à l'alcoolisme pour régler ses problèmes sociaux

Des hommes devant un refuge pour itinérants à Thompson au Manitoba

Un parc de stationnement à Thompson sert d'espace de rassemblement pour de nombreux citoyens, dit le maire. Entouré de débits de boisson et d'un refuge pour itinérants, il accueille aussi plusieurs personnes qui ont une dépendance à l'alcool ou aux drogues.

Radio-Canada

Tant la police que le maire de Thompson, dans le nord du Manitoba, montrent du doigt la dépendance à l'alcool et aux drogues pour expliquer en partie les problèmes de criminalité et de pauvreté qui affligent la ville.

Richard Mercer, un itinérant depuis des années, évoque aussi la pénurie de logements qui sévit sur le territoire.

Thompson compte 52 logements abordables, et une quarantaine d'autres sont en construction. Plus de 500 familles y bénéficient de l'aide sociale. La population de la ville est d'environ 13 000 personnes.

M. Mercer explique qu'un coin de la ville surnommé chip in corner ou « coin des contributions » a mauvaise réputation. L'endroit est en fait un parc de stationnement près du seul refuge pour itinérants de la ville. Celui-ci est entouré de débits de vente d'alcool.

Le chip in corner est ainsi baptisé car des itinérants qui transitent par Thompson s'y rassemblent et cotisent pour satisfaire leur alcoolisme, selon M. Mercer, qui est lui-même originaire de Wabowden, à une centaine de kilomètres de Thompson.

Baisse de certains crimes

Selon le commandant du détachement local de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), John Duff, une part importante du travail de la GRC à Thompson consiste à gérer l'intoxication chronique de personnes itinérantes, ainsi que les problèmes liés à cette dynamique.

[Ces problèmes] comptent pour une bonne partie de notre travail, car nous devons souvent appréhender et détenir des gens en vertu de la Loi sur la détention des personnes en état d'ébriété.

John Duff, commandant du détachement de la GRC à Thompson

Malgré tout, la GRC note une baisse du nombre de crimes contre la personne et contre la propriété rapportés depuis l'an dernier.

Richard Mercer est originaire de Wabowden, à une centaine de kilomètres de Thompson au Manitoba.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Richard Mercer raconte qu'il est itinérant depuis plusieurs années, après avoir subi un accident de travail.

À l'opposé, elle observe une hausse des infractions au Code de la route et des crimes liés à la drogue, mais l'enquêteur ne s'inquiète pas, car la hausse est en large part due aux offensives de la GRC.

M. Duff soutient que le nombre de perquisitions est en hausse dans la ville et que la police fédérale a une meilleure compréhension des activités criminelles.

Le « coin des contributions » n'est pas à craindre, dit le maire

D'autre part, le maire Tim Johnston fait valoir que le parc de stationnement que fréquentent les itinérants sert aussi de point de rencontre pour toute la communauté. Il ne faut pas craindre les gens qui fréquentent cet endroit, insiste-t-il.

Il affirme que la criminalité et l'itinérance découlent d'un manque de services et que c'est pourquoi son administration municipale investit près de 162 000 $ en services sociaux par année.

Si on peut s'occuper du problème de la consommation d'alcool en public à 16 h, cela permettra certainement d'épargner des efforts à la GRC à 23 h ou minuit.

Tim Johnston, maire de Thompson

« Il est tout à fait honteux qu'il n'y ait pas de centre de désintoxication à Thompson, pour faire face aux problèmes liés à l'alcoolisme », croit le maire Johnston.

La province a investi dans une résidence avec la Fondation manitobaine de lutte contre les dépendances à Thompson, mais il n'y a aucun projet à l'heure actuelle pour un centre de désintoxication.

D'après un reportage de Catherine Dulude

Rapport comparatif sur les crimes rapportés à Thompson au Manitoba, entre le 1er janvier 2012 et le 30 juin 2012.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les chiffres mis en surbrillance représentent le nombre total d'agressions (haut) et le nombre total de crimes liés à la drogue, pour 2012 (colonne de gauche) et 2011.

Manitoba

Société