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Côte-Nord : la ruée vers le fer de Schefferville

Radio-Canada
Mis à jour le 

Un vent nouveau souffle à Schefferville. Après avoir été abandonnée pendant des décennies, la petite ville située à cheval entre le Québec et le Labrador vit un second Klondike avec l'arrivée de deux compagnies minières.

Avec son partenaire New Millennium Iron, l'aciériste indien Tata Steel a démarré sa production cet automne.

Le directeur des relations avec le milieu, Armand McKenzie, reconnaît que le Québec tirera seulement ses premières redevances minières en 2015 lorsque les infrastructures seront prêtes. Tata Steel compte d'abord débuter l'exploitation du côté labradorien de la frontière. Elle prévoit ensuite exploiter le gisement Goodwood situé au Québec dans trois ans.

De son côté, Labrador Iron Mines a livré dès sa deuxième année un million et demi de tonnes de fer en Chine, réalisant tous les objectifs qu'elle s'était fixée.

Le directeur des ressources humaines pour la compagnie, Yves Pelletier, explique que Labrador Iron Mines a recouru à la sous-traitance pour opérer la mine. « On a un sous-traitant qui s'occupe de notre camp. Où est-ce que nos employés sont logés, la cantine et tout ça. Notre rôle est de gérer la performance », explique-t-il.

Impliquer les autochtones

Ce modèle d'affaires permet de conserver une petite équipe de gestion pour soutenir 100 travailleurs, dont 50 autochtones en haute saison.

Les deux minières ont d'ailleurs mis sur pied des programmes de formation pour favoriser l'accès à l'emploi pour les autochtones. Pauline Vollant occupe un poste d'aide de camp pour la compagnie New Millennium Iron.

Il y a beaucoup de monde qui travaille. Oui, c'est dur, mais on a un salaire très intéressant. Le coût de la vie est très élevé à Schefferville.

Pauline Vollant

Des dizaines de travailleurs arrivent dans cette petite ville minière par avion, comme Robert Roussel, surintendant de construction pour la communauté naskapie : « Je fais du fly-in fly-out, 28 jours de travail et 14 jours à la maison », explique ce travailleur qui fait la navette entre le Nouveau-Brunswick et Schefferville.

Technologie de pointe

La saison estivale est très courte ce qui constitue un défi pour les minières. Tata Steel mise sur l'installation d'un dôme de 35 mètres pour opérer durant toute l'année.

D'après le directeur résident pour le projet Timmins-4, Louis-David Sansouci, il est très difficile de travailler avec les conditions climatiques du Nord québécois.

« On ne se le cachera pas, en plein mois de janvier et de février, avec le facteur vent, on va atteindre des températures de -60 degrés Celsius. C'est exactement le grand Nord dans toute sa beauté et avec tous ses défis », indique-t-il.

Mais tous ces progrès technologiques n'impressionnent pas les contestataires, comme Anne-Marie Ambroise, qui craint l'effet combiné des projets miniers. « Il y a juste ces deux compagnies-là avec qui le conseil de bande a signé. On ne sait pas combien elles font les autres compagnies qui ont drillé autour d'ici », souligne-t-elle.

Malgré les retombées promises par les compagnies minières nouvellement installées à Schefferville, les opposants soutiennent qu'ils ont déjà assez donné.

Le chef du conseil de bande, Réal McKenzie, affirme qu'il continuera à soumettre tout nouveau projet minier à un référendum.

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