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Un coffre-fort bourré d'argent dans les locaux d'Union Montréal

Martin Dumont, ex-organisateur politique d'Union Montréal

Martin Dumont, ex-organisateur politique d'Union Montréal

Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un ancien organisateur politique du parti Union Montréal du maire Gérald Tremblay dit avoir été « ébranlé » lorsqu'il a vu un coffre-fort bourré d'argent dans les bureaux d'un ex-argentier du parti, Bernard Trépanier.

Martin Dumont dit qu'il a entraperçu le contenu du coffre-fort après que M. Trépanier lui eut demandé de l'aide pour le fermer, un soir d'automne 2004. Le coffre-fort, a-t-il relaté, était bourré de billets de 50 $, de 100 $ et de 1000 $.

« Ça m'a pas mal choqué », a raconté le témoin, qui était à l'époque directeur de l'organisation pour 10 arrondissements de l'est et du centre de Montréal pour le parti, qui s'appelait alors Union des citoyens et des citoyennes de l'île de Montréal (UCCIM).

Martin Dumont dit qu'il s'attendait plutôt à voir de petites coupures dans ce coffre-fort, puisqu'il croyait qu'il contenait plutôt de l'argent utilisé pour payer des cartes de membre, qui coûtaient 5 $ ou 10 $.

L'ex-organisateur du parti du maire dit avoir lancé à la blague à Bernard Trépanier qu'il devrait changer son coffre-fort, dont la porte était d'environ 60 cm par 60 cm. Quelques jours plus tard, a raconté le témoin, un coffre-fort deux fois plus grand avait été installé dans le bureau de Bernard Trépanier.

Le témoignage de M. Dumont n'a pas permis d'établir d'où provenait cet argent, ni à quelle fin il devait être utilisé.

Sur le rôle de Bernard Trépanier

Le témoignage de Martin Dumont est attendu dans la mesure où il pourrait jeter un éclairage intéressant sur le rôle joué par Bernard Trépanier.

En mai dernier, l'ex-argentier d'Union Montréal a été accusé de fraude, de complot, d'abus de confiance et de fraude envers le gouvernement dans l'affaire du Faubourg Contrecoeur, à Montréal.

En matinée, un ex-partenaire d'affaires de Paolo Catania, Elio Pagliarulo, a affirmé que l'ex-président du comité exécutif de la Ville de Montréal Frank Zampino a reçu des pots-de-vin totalisant 555 000 $ dans le cadre de ce scandale financier.

Selon Martin Dumont, Bernard Trépanier a été rémunéré pour ses services de responsable du financement entre le moment de son embauche, en 2004, et son départ « officiel », en 2006.

Le témoin a cependant affirmé que M. Trépanier avait continué de remplir ses fonctions, même après qu'il eut cessé de travailler à la permanence du parti, en 2006.

Martin Dumont a soutenu que c'était Bernard Trépanier lui-même qui l'avait informé de cette situation en 2007. Le témoin était alors devenu chef de cabinet du maire de l'arrondissement de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, Cosmo Maciocia.

L'ex-organisateur d'Union Montréal a par ailleurs dit qu'il n'était pas au courant que M. Trépanier se faisait appeler « Monsieur 3 % », un sobriquet dont l'avait affublé l'ex-chef de Vision Montréal Benoît Labonté, dans une entrevue accordée à Radio-Canada.

Des entrepreneurs dans le camp du Non aux défusions

En 2004, a raconté le témoin, une quinzaine de personnes, dont des entrepreneurs en construction et des employés de firmes de génie, ont donné des chèques de 10 000 $ à Bernard Trépanier.

L'argent avait été versé lors de la période d'enregistrement pour les comités du Oui et du Non qui devaient être formés en vue de la campagne sur les défusions municipales. L'UCCIM était alors dans le camp du Non.

Selon Martin Dumont, le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) avait publié une directive qui spécifiait qu'au cours de cette période, s'étendant du 22 avril au 20 mai 2004, les dons politiques n'étaient pas plafonnés, et leur provenance n'avait pas à être spécifiée.

Bernard Trépanier avait alors organisé un petit déjeuner à 10 000 $ le couvert, a dit le témoin. Quatorze personnes avaient alors versé des fonds à Bernard Trépanier, dont l'entrepreneur en construction Nicolo Milioto, propriétaire de Mivela Construction.

Martin Dumont dit qu'il avait eu du mal à prononcer le nom de M. Milioto, et que ce dernier lui avait demandé de l'appeler « Monsieur Trottoir ».

Quelqu'un de la compagnie Garnier Construction, propriété de Joe Borsellino, avait aussi versé 10 000 $ à cette occasion, a raconté Martin Dumont.

Selon lui, la directive du DGEQ a fait en sorte que Bernard Trépanier a pu récolter plusieurs chèques provenant de compagnies plutôt que de particuliers.

Lors de son témoignage à la commission Charbonneau, Lino Zambito a soutenu que le parti Union Montréal avait perçu 3 % de la valeur des contrats truqués accordés par la Ville entre 2005 et 2009.

L'ingénieur à la retraite Gilles Surprenant a affirmé, pour sa part, que cette tranche de 3 % était destinée au comité exécutif de la Ville de Montréal. Le témoignage de M. Surprenant a pris fin jeudi.

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