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Séisme de L'Aquila : démissions à la Commission « grands risques »

Un immeuble de L'Aquila détruit par le tremblement de terre, en 2009.

Un immeuble de L'Aquila détruit par le tremblement de terre, en 2009.

Photo : AFP / FILIPPO MONTEFORTE

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les membres de la haute direction de la Commission italienne « grands risques » ont démissionné en bloc mardi pour dénoncer la condamnation à la prison de sept collègues, pour ne pas avoir prévu le tremblement de terre qui a ravagé L'Aquila, en 2009.

Le premier à présenter sa démission a été le président de la commission, Luciano Maiani. Outré par ce jugement, comme des milliers de scientifiques dans le monde, le physicien a déclaré à l'agence de presse Ansa qu'il ne voit pas comment il pourrait travailler avec sérénité et soumettre un avis hautement spécialisé à l'État dans de telles conditions.

Scientifique de renom, Luciano Maiani a ajouté que d'autres responsables de la commission s'apprêtaient aussi à démissionner. Peu de temps après, c'était au tour du vice-président Mauro Rosi et du président d'honneur de la commission, Giuseppe Zamberletti, de remettre leur démission au président du conseil des ministres, Mario Monti.

Dans un communiqué, les trois hommes ont expliqué que le verdict sévère rendu lundi à l'encontre des six scientifiques et du responsable de la commission est « incompatible » avec l'exercice de leurs tâches à la Commission « grands risques ».

Il n'est pas possible de fournir à l'État des avis sereins, désintéressés et hautement professionnels avec cette folle pression judiciaire et médiatique. Cela ne s'est jamais produit dans aucun autre pays du monde. Cela signifie la mort du service prêté par des professionnels à l'État.

Une citation de :Luciano Maiani, ex-président de la Commission italienne « grands risques »

Les sept scientifiques membres de la Commission italienne « grands risques » ont été condamnés lundi à six ans de prison après avoir été reconnus coupables d'homicides par négligence. Ils devront aussi verser 9,1 millions d'euros (près de 12 millions $CAN) en dommages et intérêts aux parties civiles impliquées dans la poursuite.

L'État italien reprochait aux sismologues et scientifiques de la commission d'avoir sous-estimé les risques que représentait le séisme meurtrier qui a détruit la région de L'Aquila en 2009.

Les membres de la commission s'étaient réunis à L'Aquila, six jours avant le séisme, à la suite d'une série de secousses sismiques survenue dans le secteur.

La commission avait alors statué qu'il n'était pas possible de prédire une éventuelle secousse plus forte. Le 6 avril 2009, un séisme de 6,3 sur l'échelle de Richter ravagea la ville de L'Aquila, dans les Abruzzes. Plus de 300 personnes ont trouvé la mort à la suite du tremblement de terre.

La tenue d'un procès et la condamnation à la prison de ces scientifiques ont provoqué une onde de choc dans le milieu scientifique international, où on estime qu'il est impossible, même pour les experts le plus aguerris, de prévoir les tremblements de terre.

Plusieurs scientifiques de renom ont dénoncé ce procès et cette condamnation qu'ils ont qualifiés de « précédent très dangereux ». À Washington, l'influente Union of Concerned Scientists s'est aussi élevée contre ce procès.

« Dans une décision qui provoque une onde de choc dans la communauté de géophysique aux États-Unis, un tribunal italien a condamné six scientifiques à six ans de prison pour ne pas avoir prédit un séisme, ce qui est absurde et dangereux », écrit dans un communiqué l'ONG américaine.

Ces accusations portées contre des scientifiques dans un domaine aussi imprévisible que la sismologie risquent de « saper les efforts internationaux pour tenter de mieux comprendre les désastres naturels et minimiser les risques qui en découlent », estime l'Union of Concerned Scientists.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et Ansa

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